‹ La bataille romantiqueChapitre 7 sur 139 · Voy. les Opinions lilléraires de · texte numérisé non relu

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2. Voy. les dernières pages de Daphné : « Comme ils regardaient cela, ils virent passer un groupe d'hommes sans masque, vêtus singulièrement. Ceux-ci étaient jeunes et beaux, ils avaient leur nom sur la poitrine; ils adoraient un homme appelé Saint-Simon et prêchaient une foi nouvelle, essayant de fonder une société nouvelle. La foule leur jetait des pierres. »

3. « L'homme de lettres est enfin une puissance », proclame le Mercure du XIX°s. (t. XXX, 1830, article sur l’Homme de lettres depuis la révolution du 29 juillet). — Scipion Marin tourne en ridicule cette prétention dans une comédie satirique, médiocrement spirituelle d’ailleurs : Le sacerdoce.lilléraire ou le gouvernement des hommes de lettres, centiloquie en 3 actes par M. Aristophane, citoyen de Paris. Paris, Vimont, 1852.

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ont-ils jusqu'ici, même les plus grands, rendu les services que l’on peut en attendre ?

Désormais apparaît la vanité de certains manifestes retentissants. La jeune école littéraire s'était étrange-

-ment méprise. Elle a cru que la haine des tyrannies

constituait un programme, qu'il suffisait de lutter pour la liberté, et, par un enchaïinement logique, elle s’est trouvée avoir partie liée avec le libéralisme. Or quel a été le bénéfice des luttes menées en commun? En politique, le triomphe personnel de quelques démolisseurs, incapables de rien reconstruire; en littérature, le règne de l'imagination, toutes les fantaisies individuelles légitimes. Des deux côtés, aucune vue d’ensemble, aucune générosité de pensée, aucun plan d'action. Médiocre résultat!

C’est que la liberté est un moyen, non pas un but; la poursuivre pour elle-même, c’est marcher à l'inverse du progrès; et c'est abaisser l’art, que demander pour lui ce détachement. Devenu l'organe du Saint-Simonisme, le Globe combat tout ensemble le libéralisme politique et le romantisme individualiste; et il les combat pour la même raison, comme des agents de désagrégation sociale : « Le Romantisme, c'est le libéralisme, c’est la souveraineté de chacun appliquée aux beaux-arts, c'est l'anarchie... » On reconnaît le grand argument des antiromantiques d'aujourd'hui.

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