‹ La bataille romantiqueChapitre 73 sur 139 · Décembre · texte numérisé non relu

Décembre

2, À Me Marliani, 3 juin 1839.

3. Voy. la préface dialoguée du Manuscrit vert de G. Drouineau (1832) : « — Pourquoi avez-vous choisi la forme du roman? Un

romanciers eux-mêmes s’enorgueillissent de leur importance nouvelle. Ils ne sont plus des amuseurs. Ils s’inspirent des événements du jour — soulèvements populaires, procès sensationnels' — pour en tirer des leçons d'humanité. Ils veulent penser. Le malheur est qu’à force de penser, ils en arrivent à ne plus écrire... « Y a-t-il encore des romans ? » se demande avec angoisse À. Vinet?. De toutes parts, la philosophie déborde. Les railleurs ont beau jeu. Après la Fin du Monde, Rev-Dussueil donne son roman le Monde nouveau* et

livre didactique eût mieux prêté aux développements et à l’argumentation. — Ileüt plus satisfait mon amour-propre d'auteur et bien moins rempli mon but... Il me semble que réfléchissant la vie avec les rires et les larmes..., se pliant aux détails les plus variés, aux nuances les plus fugitives des sentiments, aux caprices fantastiques de l'imagination : embrassant parfois une vaste époque, la peignant à larges traits; quelquefois aussi prenant l'histoire comme fond du tableau; dramatique ou rêveur, satire ou poème, ode ou conte, raisonnement ou boutade; vif, léger, profond, inégal, sentencieux, pittoresque, narguant les règles et libre par-dessus tout, le roman est un instrument commode, flexible, admirable à populariser ses pensées. » (p. 43-44).

1. Voy. le Gloitre Saint-Merry de Rey-Dussueil (1832); — Claude Gueux (Rev. de Paris, juillet 1834); — d’un anonyme, la Fille du prolélaire, roman inspiré des événements de Lyon en 1834, etc.

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