‹ La bataille romantiqueChapitre 74 sur 139 · Article sur G. Sand · texte numérisé non relu

Article sur G. Sand

3. Paris, Renduel, 183r. -— La donnée de ce conte philosophique est amusante. Une comète, heurtant la terre, a mis fin à la médiocre comédie dont nous sommes les acteurs. Seul un philosophe a survécu avec quatre femmes; ils créeront la société nouvelle où l'égalité absolue doit remplacer les privilèges, où l’on ignorera les haïines et les rivalités, où l'amour régnera seul. Ce sera l’âge d’or, la république idéale, la perfection Saint-Simo-

de.

se moque de l’optimisme des reconstructeurs. Trois ans plus tard, Th. Gautier attaque à son tour et enveloppe dans le même mépris les hypocrites défenseurs de la morale, les apôtres de l’art social, utilitaires et progressistes : « Alors, on est chrétien, on parle de la sainteté de l'art, de la haute mission de l'artiste, de la poésie du catholicisme, de M. de Lamennais, des peintres de l’école angélique, du concile de Trente... Quelques-uns font infuser dans leur religion un peu de républicanisme... ils accouplent Robespierre et Jésus- Christ de la façon la plus joviale... D’autres y ajoutent, pour dernier ingrédient, quelques idées Saint-Simoniennes...! » Des boutades de ce genre ne peuvent rien contre la mode nouvelle. Pour ou contre l’ordre social, pour la religion ou pour la philosophie humanitaire : il faut prendre parti.

En face de Lamennais et de son christianisme de combat, voici le catholicisme d’A. Guiraud, traditionnel, harmonieux et calme?, le mysticisme assez inat-

nienne, le communisme intégral et idyllique... Hélas, il ne faut qu'une génération pour que reparaissent les passions et les vices; les frères se tuent entre eux; l’égoïsme féroce des travailleurs se heurte à la paresse des oisifs; tous les fléaux renaissent, que l’on croyait abolis, la propriété, l'héritage, la hiérarchie... et le philosophe gémit sur son rêve détruit.

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