juin 1842-25 octobre
daine et de sa réputation de dandy. Inscrit au Jockey dès la fondation, grand amateur de courses, passionné d’élégances, respectueux des conventions et désireux de faire oublier sa roture, il sacrifiait tout à cela. On pourrait se défier des anecdotes d’E. de Mirecourt qui le déteste, mais Legouvé qui l’admire porte le même témoignage.
Il n’était pas homme, comme on l’a dit, à renoncer, par dépit d’amour-propre, à ses prétentions’. Même après sa rupture avec le faubourg Saint-Germain, c'est. au public élégant qu'il adressait le roman à scandale de Mathilde et le réalisme des Mystères voulait d’abord piquer la curiosité des salons : « roman bien épicé, bien salé, à l’usage du beau monde », dira Sainte- Beuve*. Son succès, vraiment triomphal, fit de lui un homme nouveau ; il se découvrit des convictions : sans le savoir, comme George Sand dix ans plus tôt, il était “un penseur, un apôtre. Comment en aurait-il douté, quand la revue Fouriériste, {a Phalange, le proclamait : « Je vois où va l’auteur. Il entre dans une voie inexplorée! Il entreprend la peinture des souffrances et des besoins des classes travailleuses! M. Eugène Sue
1. Mirecourt, Les Contemporains. — Legouvé, Soixante ans de souvenirs. — Voy. aussi Jacques Boulanger, Sous Louis-Philippe : Les dandys.
2. D'après Mirecourt, c’est par colère de se voir refuser la main d’une jeune fille noble qu’il serait devenu démocrate.