‹ La bataille romantiqueChapitre 95 sur 139 · Portraits contemporains, IE, p · texte numérisé non relu

Portraits contemporains, IE, p

a été baptisé le romancier maritime; aujourd'hui, il s'appelle le romancier populaire '. »

Sa gloire n'était plus une gloire de cercles et de boudoirs ; brusquement, elle s’était imposée à la foule. Les lecteurs, chaque jour, frémissaient dans l’attente du numéro suivant et jamais les Débats n'avaient connu pareille fortune. « Il exerçait une sorte de royauté sur le peuple de Paris’. » Les affiches de théâtre, les gravures aux vitrines, les titres de danses à la mode, tout en témoignait. Il-était l'avocat des pauvres. Un procureur du roi invoquait son livre comme une autorité. Des lettres arrivaient en avalanches (plus de onze cents en quatre mois, dit Sainte-Beuve) : magistrats soumettant des idées, jeunes filles offrant leur amour... Béranger allait visiter cet ami du peuple et George Sand l’accueillait dans le Berry. « Parti du Rétif et du de Sade, il était en voie d'aboutir au Saint-Vincent-de- Paul en passant par le Ducray-Duminil... » Itinéraire singulier !

Des légendes extravagantes se répandaient, l’histoire de ce malheureux qu'il trouve un soir, en rentrant chez lui, pendu dans son antichambre, ce billet à la main : « Je me tue par désespoir, il m'a semblé que la mort me serait inoins dure, si je mourais sous Île toit de

1. Legouvé cite cet article en l’attribuant à la Démocratie pacifique. Mais la Phalange ne devint la Démocralie pacifique que le 1°" août 1843.

Page 1