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LE CHOIX D’UNE CARRIÈRE

En juillet 1942, Rosa fut reçue avec la mention «très bien » à la seconde partie du baccalauréat.

Ses études secondaires étant terminées, il s'agissait de prendre un parti pour son avenir.

Selon les conseils de Denise Fleurier, elle décida de faire son droit et le déclara à son père dès son arrivée à Bazoches.

Cette décision ne fut pas de son goût.

— Et où cela te mènera-t-il, ton droit?

— Au barreau, je veux être avocate.

— Avocate!…. Je ne te vois pas faisant des « préchi-précha ». Ce n’est pas un métier de femme. C’est comme si tu me disais que tu veux être amiral ou capitaine de pompiers.

Pour Dupont, comme pour beaucoup, le meilleur avocat, le meilleur orateur, est celui qui crie le plus fort. La voix féminine était inconciliable avec l’éloquence telle qu’il la concevait,

Son rêve eût été que sa fille épousât un « gros cultivateur » de la région, un gars solide, sérieux, aimant la chasse et les bons repas. Et il exposait à sa fille ‘les avantages de l'existence dans les grandes fermes. On était son maître, on ne dépendait de personne, on pouvait se ficher du gouvernement et on avaït tout en abondance.

Mais ce tableau enchanteur ne séduisait pas Rosa. Les perspectives que Denise Fleurier avait ouvertes devant elle l’attiraient:; rien ne l'y ferait renoncer.

— Vraiment, dit son père comme suprême argument, ce n’était pas la peine que je m’esquinte à t’amasser de l'argent, si tu travailles comme quelqu'un qui aurait besoin de gagner sa vie. Avec la dot que je te donnerai et avec ton instruction, tu peux prétendre à un beau parti. Tu n'auras qu’à te laisser vivre. Si la culture ne te plaît pas, je te trouverai un commerçant, un avoué, un notaire, un docteur.

— Je veux être indépendante, répondit :

Rosa, lentement et avec fermeté.

— Mais c’est le monde renversé! Ah! on t'en a donné des idées là-bas! Moi, je suis pour le vieux système : le mari travaille, pourvoit aux besoins des siens et commande à la maison. Voilà l’ordre logique et naturel.

— Je te répète que je veux être indépendante,

— Tu ne te marieras pas?

— Je n’ai pas dit cela.

— Alors, si tu te maries, ton mari devra te laisser faire ce que tu voudras. On en trouve, des nigauds ou des fainéants! Tu auras vite assez d’un type de ce calibre et tu le feras cocu.

— Oh! Sébastien! s’exclama M” Dupont, scandalisée.

— C’est fatal, reprit Dupont, très emballé.

Eh bien! cela je ne puis l’admettre. Ce n’est pas dans les habitudes de la famille, Mon grand-père n’a pas été cocu, ni mon père, bien qu'il pesât cent vingt kilos, ni moi, n’est-ce pas, madame Dupont ?

— Je t'en prie, répondit celle-ci d’un air pincé. ;

— Je ne veux pas que mon gendre commence, Ensuite, c’est la série; ça devient comme une maladie héréditaire.

Et il citait des exemples.

Rosa n’insista pas. Elle connaissait son père; il ne fallait point le heurter de front.

Seuls, les êtres fermés, silencieux, sont irréductibles, Les exubérants qui crient très fort se laissent conduire où ils avaient juré qu’ils n’iraient jamais. Il suffit de savoir les prendre.

Rosa malheureusement n’avait personne pour l’aider dans cette conversion qu’elle allait entreprendre et qui s’avérait difficile.

Sa mère avait horreur des discussions. Pour

les éviter, elle était invariablement de l’avis de ceux avec qui elle s’entretenait. Approuvant Rosa lorsqu'elles se trouvaient seules, elle se ralliait à l’avis de son mari dès qu'il arrivait.

À sa fille qui lui reprochait ses variations, elle répondit simplement : «Lorsque tu parles, il me semble que tu as raison, et, lorsque c'est ton père, il me semble qu’il n’a pas tort. »

Néanmoins, Rosa eut l’habileté de conduire doucement son père sur le chemin des concessions. Au cours des conversations, sans paraître s’occuper de son cas, se cantonnant au contraire dans les généralités, elle amena Dupont à reconnaître que le bouleversement de la grande guerre avait modifié de fond en comble, pour tout le monde, les conditions de l’existence.

Aux temps heureux d'autrefois chacun avait confiance dans la sécurité du capital. On touchait régulièrement ses revenus, comme, à l'automne, on cueillait les fruits des espaliers. Mais maintenant il n’en était plus de même.

Personne, si riche fût-il, n’était certain d’avoir le nécessaire jusqu’à la fin de ses jours. Cette incertitude de l'avenir tourmentait à juste titre les jeunes générations. Loin de les blâmer de vouloir apprendre et pratiquer un métier, on devait les féliciter et les encourager.

Dupont était bien obligé de convenir que ces considérations étaient justes. Il finit par

admettre également qu’il était prudent pour une femme songeant au mariage et à la maternité, de prévoir le veuvage, la maladie du mari, ou son incapacité, et d’être, le cas échéant, en état d’exercer une profession honorable.

Mais c'était un adversaire tenace.

Reculait-il d’un pied, aussitôt il se reportait sur l’autre pour opposer une nouvelle résistance,

Dans les discussions d’affaires, lorsque venait le moment où il ne pouvait plus maïintenir un refus absolu, il procédait ainsi : dans un geste, tantôt de générosité, tantôt de découragement, selon les circonstances, il déclarait céder, mais alors n’accordait que ce que son adversaire ne voulait pas.

Vis-à-vis de sa fille, il suivit la même tactique. Après bien des tergiversations, il admit qu’elle pouvait continuer ses études et apprendre une profession, sauf celle d’avocat.

Ce n’est pas un métier pour les femmes, répétait-il obstinément.

Aussi tenace que lui, Rosa s’évertuait à Jui démontrer le contraire.

Alors Dupont parut encore céder, mais, aussitôt, il éleva d’autres obstacles.

Les études de droit ne pouvaient être suivies qu'à Paris. Ils n’y connaissaient personne. Dans ces conditions Rosa devrait vivre à lhotel, serait livrée à elle-même, sans surveillance

ni protection. Impossible! Ce n’était pas tout. Cette existence pleine de périls coûterait fort cher : douze ou quinze cents francs par mois, au moins, sans compter l’imprévu. Ses ressources ne lui permettaient pas une telle dépense durant trois ans.

Enfin, son diplôme de licence conquis, Rosa pourrait s'inscrire au barreau, porter la robe, mais combien d’années s’écouleraient avant qu'elle eût formé une clientèle? Y parviendrait-elle jamais ?

Cette fois Dupont avait trouvé des arguments solides que sa fille, au moment où elle croyait avoir partie gagnée, était incapable de rétorquer.

Durant deux jours, elle bouda, ne descendant de sa chambre que pour les repas. À table, elle demeurait silencieuse, ne touchant presque pas aux aliments. Sa mère s’alarmait.

— Ça passera, disait Dupont en haussant les épaules.

Ne sachant plus que faire, Rosa prit le parti de demander conseil à Denise Fleurier. Elle lui écrivit une longue lettre où elle relatait les incidents de la lutte soutenue contre son père et les dernières raisons qui lui étaient opposées,

La réponse n’arriva qu'après cinq jours qui lui parurent terriblement longs. La directrice était à Contrexéville. Sa cure finissait le 25 août; en rentrant à Paris, elle s’arrêterait à

Bazoches et se faisait forte d'enlever le consentement paternel.

Quel soulagement! L'espoir luisait à nouveau pour Rosa qui subitement redevint vive et gaie avec un superbe appétit.

— N'avais-je pas raison? dit Dupont à sa femme.

Le lendemain, Rosa déclarait à ses parents qu'elle venait de recevoir une lettre de Denise Fleurier en traitement à Contrexéville, Elle regagnait Paris à petites étapes et aurait été heureuse de voir son élève au passage.

— Que dois-je répondre? demanda--elle avec une feinte docilité.

— Le meilleur moyen est que tu l’invites à déjeuner. Nous irons la prendre à Reims avec l’auto et, le soir, nous la conduirons à Soissons où elle trouvera l’express de 19 h, 16.

Au fond, Dupont était très fier de recevoir une personnalité de cette importance.

Rosa envoya le jour même l'invitation qui fut acceptée et, le 26 août, selon le programme adopté, la directrice arrivait à Bazoches,

Le menu du déjeuner était impressionnant.

Magnifique melon mûri sous une couche du jardin, brochet pris dans la Vesle, lapin en croûte, salmis de canard, petits pois, poulet rôti, salade, crème, pâtisseries, fruits, et Dupont avait remonté les meilleures bouteilles de sa cave. Tout cela était énuméré sur un menu dessiné par Rosa. La lecture du menu et l’es-

couade des bouteilles alignées sur le buffet éveillèrent chez Denise Fleurier le souvenir d'Albert Lefrape. S'il avait été là, il eût fait honneur à ce festin et aurait bien vite sympathisé avec Dupont.

Quant à elle, cette abondance la gênait. Elle ne se souciait pas de compromettre les effets du traitement qu’elle venait de suivre; d’autre part, dédaigner ces bonnes choses préparées à son intention indisposerait ses hôtes.

Au début du repas, personne n’aborda le sujet qui préoccupait tout le monde, C'était à qui n’engagerait pas le fer. La directrice parla de Contrexéville, des personnes rencontrées, des excursions. Comme les autres, elle avait voulu voir la maison campagnarde où Eve Lavallière repentie était venue mourir. Dupont, qui n’avait rien d’un mystique, ne comprenait pas cette conversion et se livra à quelques sottes plaisanteries qui ne furent pas relevées. Il convenait de le ménager.

Mais le cas d’Eve Lavallière fut la transition qui conduisit aux généralités sur la situation des femmes dans la société moderne.

Dupont, voulant paraître un homme affranchi des préjugés, admit qu’elles songeassent à s'assurer l'indépendance par la connaissance d'un métier.

— Bravo! dit Denise Fleurier, alors vous approuvez Rosa de se destiner au barreau?

— Non, répondit:il, ce n’est pas un métier pour les femmes.

Et il reprit ses vieux arguments : un bon

avocat devait être robuste et posséder une voix puissante...

- — Permettez-moi de vous dire que vous vous trompez. Les débats à grands éclats, aux assises, en correctionnelle, ne tiennent qu’une petite place dans l’éloquence judiciaire qui se produit principalement dans les chambres civiles où le violoncelle convient mieux que le trombone.

Dupont rit de la comparaison, mais persista dans son opposition. À son avis, pour les femmes, la profession d'avocat était inconciliable avec le mariage, parce que trop absorbante.

Rosa était leur fille unique; ils désiraient qu’elle se mariât et leur donnât des petits-enfants.

— Désir fort légitime, répliqua la directrice. Vous auriez tort de croire qu’en entrant au barreau une jeuñe fille se voue au célibat. Je puis vous citer beaucoup d’avocates qui sont mariées. Certaines ont même épousé des confrères.

— Je doute que l’accord règne dans le ménage.

— Et pourquoi?

— Parce qu'ils se font concurrence, Voyezvous M" Dupont tenant un café à côté du mien, dans la même maison?

— Ce n’est pas la même chose...

— Exactement. Celui qui a le plus de clients’est jalousé par l’autre et la brouille vient dans le ménage. Bientôt c’est le divorce. Entre avocats, ça ne doit pas traîner.

— Détrompez-vous, Les ménages d'avocats sont ceux où l’on divorce le moins, Les statistiques le prouvent.

— C'est drôle, dit Dupont sur un ton et avec un sourire qui montraient que ne l'avaient pas convaincu les statistiques invoquées.

Comme Denise Fleurier les avait puisées dans sa seule imagination, elle voulut les justifier.

— C’est au contraire très naturel, Vous savez bien, monsieur Dupont, que les pâtissiers mangent peu de gâteaux et que les confseurs sont dégoûtés des sucreries. Eh bien! pour les avocats, c’est la même chose. À force de s’occuper de divorces, ils en sont dégoûtés.

— Je ne crois pas un mot de ces histoires, déclara Dupont. Un honnête commerçant doit aimer ce qu’il vend. Tenez, je suis négociant en vins et spiritueux, Eh bien! plus j'en vends, plus je les aime, parce que je les apprécie mieux, Mes commis, c’est la même chose. Ils ne sont dégoûtés ni du vin, ni des liqueurs, je vous prie de le croire. Il n’y a que l’eau qui les dégoûte, J'ai même dû en congédier parce qu’ils allaient un peu fort. Oh! ce n'était pas pour Ja marchandise, mais parce que le ser-

vice s’en ressentait. Est-ce vrai, madame Du: pont ?

Celle-ci en convint.

— Tenez, continua Dupont, le mois dernier j'ai dû mettre à la porte Rigobert. Un bon tra: vailleur, honnête, mais, chaque fois qu'il fai. sait une tournée de livraison, il rentrait fin saoul. La dernière fois, il faillit écraser Véron le garde champêtre... Oui, madame, comme je vous le dis, Evidemment, ça peut arriver à tout le monde d’écraser quelqu'un, mais un garde champêtre! C’est grave Vous vous rendez compte. Véron est le plus bête du village, c’est entendu; mais quand même il est garde champêtre!

Denise Fleurier, qui était fine, comprit que, sous ses allures bonasses, Dupont cachait beaucoup de malice. Elle avait affaire à un adversaire fuyant comme une anguille, et qui, lors que les arguments devenaient trop pressants, s’évadait du terrain de la discussion pour se réfugier dans le marais des faits divers et des anecdotes. Il fallait donc jouer très serré.

— Je crois que nous nous égarons, dit-elle en souriant. Revenons à nos moutons. Il est sage que Rosa se prépare à une profession.

Nous sommes tous d’accord sur ce point.

Douée comme elle l’est, seule une profession libérale lui conviendra. Selon vous, laquelle doit-elle choisir ?

Embarrassé par cette question qui interdi-

sait toute échappatoire, Dupont ne répondit point.

Alors la directrice, poursuivant adroitement son avantage, expliqua qu'en principe elle n'avait aucune préférence, qu’elle étudiait ses élèves et, selon les dispositions, les ressources qu’elle y découvrait, les dirigeait dans la voie qui paraissait le mieux leur convenir, A certaines camarades de Rosa, elle avait conseillé le professorat, à d’autres la médecine, à une autre la pharmacie.

— La pharmacie me plairait, déclara Dupont.

Il voyait Rosa installée dans une officine de pharmacien, à Braine ou à Fismes, ou à Soissons. Bon métier, sans aléas.

— Non, la pharmacie ne vous plairait pas.

Je ne vous vois pas préparant toute la journée des potions, des pommades, des pilules...

— Il ne s’agit pas de moi.

— Et pourquoi votre fille aimerait-elle ce que vous ne pourriez supporter? demanda en riant Denise Fleurier.

Confus, ne trouvant rien à dire, Dupont se réfugia dans les raisons dont il avait fait sa dernière enceinte de résistance.

D’abord il ne voulait pas laisser Rosa livrée à elle-même au quartier Latin où trop de tentations, d’embûches, entouraient la jeunesse. Ensuite il n’avait pas les moyens de lui four-

nir pendant trois années les subsides néces-

saires pour vivre à Paris. Enfin, lorsqu'elle serait inscrite au barreau, elle risquait de végéter de longues années avant de gagner sa vie; en admettant qu'elle y parvint un jour, ce dont il doutait.

— C’est tout? interrogea la directrice lorsqu'il eut terminé.

— Vous trouvez que cela ne suffit pas? demanda Dupont étonné.

— Rien de tout cela ne compte.

— Par exemple!

— Ecoutez-moi. Premier point. Je dispose au lycée George-Sand d’un confortable appartement que je n’occupe qu’en partie. J'ai le droit d’y installer, près de moi, une parente ou une amie. Voulez-vous me confier Rosa?

Elle aurait une belle chambre dans cet appartement. Cela ne vous coûterait rien et elle vivrait dans un milieu qui, je l'espère, vous donnerait tout apaisement.

— Je suis confus. Vous êtes trop bonne, vraiment. Mais nous ne pouvons...

— Laissez-moi continuer. Reste la question nourriture. J'aurais le droit de me faire servir les repas dans l’appartement et de recevoir des invités. Je préfère manger au réfectoire avec mes élèves. Rosa continuerait à y manger elle aussi. Et personne n’aurait d’observation à faire à ce sujet. Votre fille serait ma secrétaire avec le titre de répétitrice adjointe recevant, pour toute rétribution, la nourriture. Naturel-

lement j'en aviserais l'Administration, et je suis certaine que, loin de me blâmer, elle me féliciterait de favoriser ainsi, sans qu’il en coûte rien à l’Etat, les études d’une brillante élève du lycée.

Rosa, qui ne s’attendait pas à cette offre arrivant en coup de théâtre, avait le cœur gonflé de joie et de gratitude. Elle aurait voulu se lever, courir embrasser Denise Fleurier, mais n’osait le faire, craignant de tout gâcher.

Son père, décontenancé, ne savait plus que penser ni que faire.

— En ce qui concerne l'avenir de Rosa, n'ayez aucune crainte. Elle arrivera; je veus en donne l'assurance et sans la moindre hésitation, car je la connais. D'ailleurs, mon intention, si vous voulez bien me la confier, est de lui faciliter la réussite. J'ai beaucoup de relations dans la société parisienne; elle en profitera. J'ai répondu, je crois, à toutes vos préoccupations,

Rosa se précipita sur la directrice et l’embrassa cependant que sa mère donnait libre cours à ses larmes.

L’émotion gagnait Dupont, lui aussi. Il remplit son verre et le vida d’un trait.

Dans la confusion de ses sentiments, ce fut d’abord du dépit qu’il ressentit. Il était battu. C'était bien de sa faute. Pourquoi avait-il admis que Rosa devait se préparer à une profession libérale? De là venait sa défaite, Il est

vrai qu'il croyait tenir des arguments péremptoires. Mais la directrice les avait balayés par son offre inattendue. Alors il fallait être beau joueur. Sa fille ferait donc ses études de droit.

En ayant pris son parti, il éprouva de la fierté. N'’était-ce pas flatteur pour eux que Denise Fleurier témoignât un tel intérêt à leur fille ?

Le déjeuner s’acheva gaiement.

En attendant le départ pour Soissons, Rosa et la directrice se promenèrent dans la prairie. La journée était ensoleillée, Elles s’assirent à l'ombre des peupliers sur le bord de la rivière,

La jeune fille saisit les deux mains de Denise Fleurier, les serra fortement, et ses yeux, mieux que des mots, exprimaient sa gratitude.

— Alors, on l’aime un peu sa directrice?

murmura Denise Fleurier.

Pour toute réponse, Rosa s'inclina vers elle et enfouit son visage dans l’angle de l’épaule et du cou.

Denise Fleurier, après l'avoir gardée ainsi quelques instants, prit doucement la tête de la jeune fille, la releva et, en souriant, baïisa le front tendrement.

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