‹ La beauté de l'âme chrétienne, religieuse, sacerdotaleChapitre 15 sur 95 · II.— CONSIDÉRATIONS · texte numérisé non relu

II.— CONSIDÉRATIONS

I. — La Beauté de la Sculpture se place à un rang élevé à côté de la beauté architecturale. Grecque et romaine, elle se donna pour unique fin la beauté physique, se fondant surtout sur la forme et la sensualité. Sans doute, son mode d'expression était supérieur à celui de l'Orient antique. Ce qu'elle chercha à idéaliser fut le corps, le corps vivant organisé, la personne humaine dans ses belles proportions, sa signification expressive et ses séduisantes attitudes.

Mais la sculpture chrétienne substitua à la beauté sensible la beauté intellectuelle, celle de l'âme qui se dérobe aux sens. Elle cherche aussi à reproduire la délicatesse des formes, les nuances du maintien et des poses, la splendeur des physionomies. Affranchie souvent de tout dessein d'utilité matérielle, elle vise le beau physique, associé à l'expression de l'idéal.

En se développant, avec les siècles, elle pénétra la sculpture antique de sa vie, la transforma par des œuvres où éclatèrent l'élévation, la majesté, la profondeur et la grâce.

L'histoire a consigné des créations grandioses qui se sont révélées avec le christianisme, sous les formes multiples de la pierre, des métaux, du bois, de l'ivoire . . .

La sculpture a étendu, selon le goût, l'inspiration et le génie des artistes, son champ d'action aux décorations les plus diverses : autels, sarcophages, tombeaux, portes en bois ou en bronze, fonts baptismaux, chaires et tribunes, galeries, portails ciselés en dentelles, calvaires des cimetières et des places publiques. Toute l'Europe occidentale, surtout les pays latins, comptent les monuments et même les chefs-d'œuvre par certaines et par milliers.

En réalité, la beauté architecturale des édifices, des cathédrales et des basiliques, est partout rehaussée et parachevée par les beautés de la sculpture. Le style gothique comporte à merveille le fini des clochetons et des statues.

IL — La statuaire est, pour la beauté, la partie la plus décorative de la sculpture. Elle se limite, il est vrai, par force à une pose ou attitude choisie, à un geste fixe, à une situation instantanée. Ainsi se dresse sur son socle, un orateur, un philosophe, un guerrier, un grand personnage, un saint. La sculpture est, pour ce motif, moins favorisée que la peinture, où les couleurs apportent la vie et ses agréments. Néanmoins, chaque art produit ses types de beauté.

Les statues, qui se bornent à représenter les figures animées, sont en pied ou à cheval : ainsi voit-on à Rome le Moïse de Michel-Ange et l'empe-

reur Marc-Aurèle, deux chefs-d'œuvre de premier rang.

Si l'artiste ne sculpte que la tête, les épaules sans les bras, la poitrine jusqu'à la ceinture, c'est le buste ou le torse. L'habileté consiste à tailler, à l'aide du ciseau, une matière dure, bois, ivoire, granit, marbre, porphyre. Dans ce dessein, il façonne une pâte molle, qui sert de modèle à copier ; et il procède ensuite au dégrossissement du bloc, puis au fini de l'œuvre.

De nos jours, de fort belles statues sont l'œuvre du fondeur. Son travail comprend la composition du modèle, pris sur nature, la fabrication du moule, le coulage du métal, bronze, or, argent. Grâce au perfectionnement des procédés savants, l'artiste réalise bustes et statues avec une grande fidélité de ressemblance.

La Grèce antique et l'Italie sont les doux grands foyers de la statuaire. Les œuvres et les chefsd'œuvre abondent, remarquables, soit par le naturel le plus vrai et l'exclusion de la sensualité, soit par le calme dans la dignité et la modération dans la puissance. Les artistes ont fait dire au marbre tout ce que la forme humaine peut avoir d'élégance, de grâce, d'harmonie, de souplesse et de charme. L'art religieux s'honore des œuvres les plus pures et les plus célestes.

III. — La sculpture d'onicnienls présente un genre spécial de beauté artistique. Elle s'allie à l'architecture.

Les ornementations, sans faire partie intégrante de l'œuvre principale, comprennent tout ce qui peut y être adopté, en vue de l'agrément et de la

richesse : tels sont les fleurons et les festons, les guirlandes et les rosaces, les feuilles et les grappes, les caissons et les cartouches, les hauts et les bas-reliefs, la mosaïque et la marqueterie, enfin les personnages humains.

Le bas-relief est un ouvrage qui forme saillie sur un fond auquel il tient et dont il se détache plus ou moins. Il y a demi-relief, quand les figures ou les objets ressortent de la moitié de leur épaisseur ; et hauUrelief, quand on les voit en saillie presque totalement.

Ces ouvrages s'exécutent en terre cuite, en pierre, en marbre, en ivoire, en bois surtout, sur toutes sortes de métaux, sur des vases, sur des sarcophages, même sur des bijoux. Ils servent à décorer les édifices profanes et les monuments religieux, les autels et les tombeaux, les colonnes commémoratives et les arcs de triomphe.

Ceux de l'antiquité ont transmis à la postérité une foule de sujets de biographie et d'histoire, ainsi que les images de costumes, d'armes, de meubles, d'instruments, de physionomies d'hommes illustres.

La mosaïque passe pour un ornement de première valeur, en raison de sa beauté surprenante. Elle résulte de l'assemblage de petits cubes de marbre, de pierres de couleur, de matières vitrifiées. Réunis, en vertu de combinaisons diverses, ils forment des dessins, des ornements, des sujets billiques, des figures de personnages.

Les mosaïstes romains firent usage de pierres précieuses, émeraudes, turquoises, agates, et des pâtes de verre. Les ouvrages se distinguèrent alors par la vivacité du coloris, par la netteté et le fini

du dessin. On les adopta aussi pour les pavés et les voûtes, pour le revêtement des murailles, des colonnes et du mobilier sacré.

Les artistes bysantins imaginèrent de recouvrir les cubes d'une couche de verre, sous laquelle ils introduisaient des feuilles d'or et d'argent : c'est l'origine de la belle peinture en émail.

La Bible rapporte que le pavé du palais d'Assuérus composé de marbre blanc et de porphyre, était embelli de plusieurs figures d'une admirable variété.

Ainsi tous les trésors, que tient en réserve la nature, sont livrés au génie de l'homme pour chanter la gloire du Créateur !

Article IIL — La Beauté de la Peinture

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