I.— TEXTES
" Chantez au Seigneur un cantique notiveau," (Ps. 95.) — " Louez le Seigneur au son de la trompette, sur la harpe et le luth, sur le tambourin en chœur, sur les cordes et les flûtes, avec les cimbales reteniissatUes." (Ps. 150.)
En Israël, le chant était raccompagnement de toute fête. Il est si naturel à l'homme qu'il remonte à son berceau . . . Les instruments, successivement inventés et perfectionnés, se joignirent à la voix. Ainsi naquit la musique. Le roi David passe pour avoir organisé les chœurs de chant et de musique : les Psaumes en rendent témoignage. La plupart des chanteurs, au nombre de quatre mille, étaient des lévites.
Il — CONSIDÉRATIONS
I. — La musique est l'art d'exciter certains sentiments, par des successions mélodiques ou par des combinaisons harmonieuses de sons mesurés et rythmés. Elle exprime les passions et les sentiments d*une manière plus puissante que la peinture. C'est pour cette raison qu'elle est l'art le plus populaire dans le monde entier. Néanmoins, elle reste dans le vague : il faut la poésie pour la préciser et faire mieux entendre à l'âme son langage.
Le chant simple est formé d'une suite de sons, émis par la voix humaine. Il est tantôt grave ou plaintif, tantôt sur un mode d'allégresse, de victoire, de triomphe enthousiaste. Réglé par les principes de l'art, il tend par ses formes à produire des effets déterminés.
Comme mélodie, le chant est exécuté par une voix ou par un instrument : ainsi il exclut l'accompagnement.
L'art du chant appartient au génie de la composition ou assemblage des sons, qui forment un tout pourvu de sens et d'expression. Pour bien chanter,
pour produire l'agrément et la beauté, il ne suffit point de posséder une belle voix : il faut savoir la poser, en coordonner les mouvements, en modifier les nuances ; il faut posséder une parfaite intonation, une exécution pure et facile, une expression pleine de sensible délicatesse, une absolue netteté d'articulation ou de prononciation.
Qui n'admire la beauté de la voix humaine ? Elle est une étonnante merveille, en raison de ses combinaisons et de ses variétés. Tantôt agile et légère, flexible et aiguë, tantôt soutenue et grave, tantôt mâle et ferme, moelleuse et pesante, elle vibre à volonté avec douceur ou avec force, se pliant à toutes les nuances des sentiments.
A l'unisson, un chant attaqué par beaucoup de voix forme un chœur. Mais d'ordinaire le chœur se combine de plusieurs parties, dont chacune est chantée par des groupes d'exécutants. C'est cette harmonie des voix qui offre les plus riches ressources, pour éveiller à l'oreille des auditeurs les charmes de la beauté musicale.
Il est évident que les chœurs, avec accompagnement d'instruments, ajoutent un élément nouveau qui inspire l'enthousiasme et soulève l'émotion et le plaisir jusqu'au ravissement et aux larmes.
II. — La musique sacrée ou d'église a été inaugurée, au sortir des catacombes, par les hymnes de saint Ambroise. Mais saint Grégoire le Grand consacra son perfectionnement, en fondant la fameuse école de Rome, qui règne encore, immuable et glorieuse, dans la chapelle Sixtine. Elle devint, dans la suite, le modèle des écoles que l'on nomme aujourd'hui Conservatoires.
Le plain-chant servit à rehausser les offices du culte divin, dans les villes et dans les monastères. Il établit l'unité dans la liturgie comme dans la foi. Par la beauté et la solennité de ce chant, divisé en huit modes très caractéristiques, le culte servit, en vérité, à l'expansion de la doctrine chrétienne elle-même.
Le Moyen-Âge et la Renaissance vinrent perfectionner et embellir les compositions musicales antérieures. Palestrina devint le prince de la musique sacrée. Il fit entendre des mélodies calmes, d'un sentiment profond, des accords dont les effets étaient aussi sûrs que mystérieux. Il se signala surtout par le Stabat, les Lamentations et la Messe du Pape, Marcel II. L'artiste Vittoria a laissé les Chœurs de la Passion, AUegri, le Miserere, Pergolèse le Salve Regina et le Stabat.
La Réforme luthérienne, en excluant de l'église le chant liturgique et en y introduisant le chant des cantiques populaires, donna lieu à un genre nouveau : le choral métrique. Le besoin d'un accompagnement régulier du chant par l'orgue ne contribua pas peu au développement de l'harmonie et du contrepoint. Le choral fut représenté par des artistes de première valeur : Hsendel, Haydn, Bach, Mozart et Beethoven. La plupart se livrent simultanément à la composition profane de la musique d'opéras.
L'idée chrétienne s'évanouit peu à peu, au milieu de la décadence du chant grégorien, dans la musique religieuse moderne. Celle-ci ne répond plus à la nature du culte divin.
Elle s'est rajeunie, au dernier siècle, sous l'influence et l'art magnifique du catholique Charles
Gounod et d'une pléiade d'auteurs de toute nationalité.
III. — La musique instrumentale ajoute sa beauté à la musique vocale. Elle était rudimentaire chez les anciens. Les instruments en bois, à cordes, en cuivre, ne furent mis en usage que dans le culte religieux.
Au moyen-âge, les Italiens inventèrent la mesure, les modes majeur et mineur, les intervalles dissonants, la basse continue. Ces découvertes contribuèrent à développer prodigieusement l'élément passionné dans la musique et dans ses diverses formes.
De ces germes naquirent deux branches musicales : l'une, purement instrumentale ; l'autre, celle du concert des voix et des instruments. Dès lors, l'oreille entendit retentir la sonate, la cantate, l'opéra, la musique dramatique et, un peu plus tard, les compositions lyriques.
Dans la suite, l'innovation des instruments et le perfectionnement des anciens ont donné des résultats magiques de sonorité. Les pratiques des maîtres, remarquables et en si grand nom])re, sont réduites en principes par de si illustres théoriciens! C'est un vaste et brillant système de beautés nouvelles.
Jj*orguey qui s'est sans relâche perfectionné, est le plus considérable des instruments. Il est aussi le plus puissant en sonorité, le plus complet par l'étendue du diapason. A lui seul, il constitue un concert d'instruments variés et il résume dans son unité tout un orchestre : instruments à vent, en bois, à cordes, de percussion.
Aussi bien il est adopté, dès l'origine, dans les églises catholiques et dans les temples du culte. En raison de ses flots d'harmonie et de ses majestueux accords, on l'a introduit dans les immenses théâtres des réunions profanes.
Les fanfares militaires, composées d'instruments en cuivre ou en aluminium, de toutes les formes et dimensions, produisent sur Tâme des guerriers de martiales et vibrantes impressions.
JJ orchestre, mis en usage dans les vastes édifices, exécutent des symphonies brillantes qui ravissent les auditeurs. Ceux du Conservatoire et de l'Opéra, à Paris, sont réputés les plus perfectionnés du monde, et pour l'ensemble de leurs compositions, et pour la beauté de l'exécution.