NOTIONS PRELIMINAIRES XIII
SOUS trois aspects : le gracieux ou joli, le beau, le sublime.
La grâce est une nuance souple, délicate, incomplète de la beauté : c'est le symbole d'une force initiale et contenue. Elle plaît, en épargant à l'âme les violentes émotions, en lui communiquant un sentiment de satisfaction douce et exquise . . . Dans la nature, un ruisseau, qui serpente avec murmure et qui coule dans la prairie en fleurs, est gracieux ou joli. Tel est aussi l'enfant qui sourit sur le bras de sa mère . . . Dans l'art, un voilier en miniature, gréé de ses vergues, voiles et cordages, suspendu en ex-voto devant l'autel de Marie, est gracieux ou joli. Tel est aussi le tableau de V Angélus de Millet . . .
La beauté résulte de la grandeur des masses, de l'étendue des perspectives ou des panoramas, de l'élégance des formes, de l'éclat et de l'harmonie des couleurs et des sons, de l'unité et de la variété des parties composantes. Elle attire, séduit, captive d'une admiration tempérée ou discrète ; ou bien, elle ravit et transporte d'un enthousiasme exalté, portant l'émotion jusqu'au langage passionné et aux larmes . . . Dans la nature, la mer, s'étendant au loin sans autre horizon que le ciel, moutonnant en myriades de crêtes argentées, ou soulevant ses vagues en furie à la hauteur des vergues, apparaît belle et imposante. Telle est aussi la physionomie régulière de l'enfant, devenu par la jeunesse, la beauté attrayante... Dans l'art, le majestueux paquebot transatlantique est beau sur ses ancres ou voguant en haute mer. Tel aussi le tableau de V Assomption, chef-d'œuvre de Murillo. . .