‹ La beauté de l'âme chrétienne, religieuse, sacerdotaleChapitre 54 sur 95 · I.— TEXTES · texte numérisé non relu

I.— TEXTES

" N'est-ce point là VaHisan? " (Marc 6, 3.) — " N'est-ce poê lui le fils de l'artisan? " (Matt. 13, 55.)

Dans ces textes, relatant les interrogations des habitants de Nazareth, où Jésus opérait des miracles, la pensée comporte un sens dédaigneux et méprisant, à l'égard de ses parents. Joseph y est désigné sous l'appellation générale d'artisan ou d'ouvrier. Travaillait-il le bois ou le fer, ou bien l'un et l'autre ? . . . Seule la tradition Ta qualifié de charpentier, métier qui devint celui de Jésus. Les Nazarethains considéraient encore Jésus comme étant le fils naturel de Joseph et de Marie.

31S. LA BBAUTB SURNATURBI#LB

IL— CONSIDÉRATIONS

I. — L'humble condition de Joseph sert à relever, aux regards de la postérité, les honnêtes métiers de la vie.

La domination des Romains en Palestine remplaçait le trône de la royale descendance de David. Celle-ci dépossédée vivait effacée, à Tégal de la famille lévitique : toutes deux étaient déchues de leur ancienne grandeur.

Néanmoins l'honneur et la distinction leur restaient en héritage. Gagner sa vie et celle de sa famille devenait pour Joseph une honorable condition, devant ses compatriotes.

Ce métier d'artisan devait alors se confondre en partie avec celui de bûcheron, de menuisier, même de charron. Au siècle suivant, saint Justin a conservé le souvenir traditionnel des jougs et des charrues, sorties de l'atelier de Joseph.

Et Jésus daigna condescendre à apprendre de lui ce métier et à embrasser cet humble condition d'ouvrier !

IL — La vie de travail à Nazareth est la condition même de la subsistance de la sainte Famille.

L'atelier s'ouvre dès le matin. Joseph y consacre son intelligence et ses forces, le long du jour, à des travaux sans grande valeur. Pour façonner le bois, il se sert d'outils, avance avec lenteur, subit la fatigue ; son front se mouille de sueur, ses mains se durcissent, son corps s'use et s'épuise, à la longue, vêtu d'étoffe grossière . . .

L'esprit attentif découvre là des beautés morales et des principes de grandeur, que les chrétiens et les saints ont su comprendre et imiter.

Ce travail sans cesse renaissant, dans la succession des années, travail monotone sans doute, identique à lui-même et circonscrit aux mêmes objets, a constitué le devoir d'état de Joseph et de son Fils. A ses yeux, il comportait donc une valeur véritable de perfectionnement et de sainteté. Il est un élément fécond de la vie sociale, une coopération aux desseins de Dieu, un développement des énergies physiques et morales, un acroissement de la valeur personnelle.

Le travail est une loi^ imposée à tous dès l'origine. C'est une punition qui fait peser sur tous ses contraintes et ses amertumes. Bien que ** juste " et innocent, Joseph s'y soumet, comme Jésus à côté de lui et sous lui.

III. — L'exemple du travail est la noble et belle leçon de la vie entière de Joseph.

Loi d'expiation pour tous, le travail est pour les uns le moyen d'acquérir la richesse et ses jouissances, d'élever leur situation et de parvenir à la gloire. De là des mécontents et des rebelles, des jaloux et des ambitieux, au sein de la société humaine.

Le travail est pour d'autres un préservatif et un remède contre les innombrables dangers de l'inaction et de la paresse. Le fond de l'âme déchue est un fond couvert de vase qui, laissé au repos, fermente et produit les vices. L'occupation a le pouvoir de l'assainir : tels le flux et le reflux assainissent l'océan et ses rivages.

Les belles âmes chrétiennes envisagent à plaisir V exemple de Joseph ; le travail est pour elles l'exécu-

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tion du plan de Dieu, de sa volonté. Elles savent aussitôt l'accueillir avec respect et avec joie ; leur résignation à l'emploi désigné n'est point forcée, ni à contre-cœur : c'est plutôt une acceptation filiale, indépendante du goût et de la satisfaction qui en résultent.

Par de tels mobiles, le devoir d'état se transforme en une abondante fontaine de mérites et d'actes vertueux, qui affermissent l'âme dans la perfection et la sainteté.

Transportez-vous, aux heures pénibles du labeur, à l'atelier de Nazareth : regardez avec respect et admiration Joseph et Jésus, Marie elle-même : vous comprendrez la leçon et les motifs surnaturels de votre travail.

Article IV. — La Beauté de son Patronage

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