‹ La beauté de l'âme chrétienne, religieuse, sacerdotaleChapitre 86 sur 95 · I.— TEXTES · texte numérisé non relu

I.— TEXTES

" Ils progresseront de vertu en vertu." (Ps. 83, 8.) — " Aime-t-on la justice? Les grandes vertus sont son ouvrage : elle enseigne la tempérance, la prudence, la justice et la force, vertus les plus utiles à Vhomme en cette vie." (Sag. 8, 7.) — " La foi, V espérance, la charité sont trois vertus : la charité est la plus grande." (I Cor. 13, 13.) " Celui qui fixe son regard sur la loi de perfection et de liberté et qui Vy tient attaché, pratiquant ce quil a entendu, celui-ci trouvera le bonheur à V accomplir." (Jac. 1, 25.)

La pratique assidue des vertus de son état complète, pour l'âme, la série de ses moyens de perfection. La vertu en soi est une force appliquée au devoir et au bien. Naturelles et surnaturelles, elles perfectionnent les facultés de l'âme... Les surnaturelles y sont mises par infusion — vertus infuses — puisque Dieu les y verse au baptême, toutes à la fois, au point que plus tard l'accroissement de l'une entraîne celui des autres. . . Les naturelles se forment. lente-

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ment par la répétition des mêmes actes : aussi ellea ne se perdent qu'à la longue. Caractère et tempérament influent considérablement sur les vertus acquises : si le défaut dominant incline au mal, Vattrait dirige à la vertu.

n.— CONSIDÉRATIONS

I. — L'âme chrétienne accroît sa beauté et ses mérites par l'exercice des vertus.

La foi vive, la confiance ferme, Vamour ardent sont les trois vertus divines qui animent sa vie et ses actes de chaque jour. Maîtresse de son tempérament, ou sanguin, ou nerveux, ou bilieux, et maîtresse de son caractère bien équilibré, elle perfectionne sa vie spirituelle, en raison de ses efforts généreux et persévérants, en vertu de la pureté de ses intentions et de la tranquilité de sa conscience. Elle s'est établie I>eu à peu et de longue date dans l'habitude d'imiter Jésus et de s'unir à Dieu, du désir de sa gloire et de son bon plaisir, du souvenir de sa douce présence : dès lors, les actes des trois vertus divines lui paraissent faciles, deviennent prompts et fréquents : c'est le chemin de la vraie perfection.

Les vertus morales se sont transformées chez elle en habitudes naturelles fortement enracinées. En effet, elle use de prudence dans les occasions dangereuses, de force dans les épreuves personnelles ou domestiques, de justice dans ses relations d'affaires, de tempérance dans les plaisirs licites et les jouissances honnêtes. Son humilité l'éloigné du sentiment exagéré de sa valeur et de ses qualités, comme du désir excessif de l'estime d'autrui. Sa patience égale sa

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bienveillance et sa compassion du malheur des autres ; sa pénitence est généreuse et son zèle porté jusqu'au dévouement héroïque. . .

Bien plus, rehaussant ses vues et ses motifs, elle sait surnaturaliser la nature : ses pensées et ses jugements, ses inclinations et ses sentiments, ses démarches et sa conduite, ses conversations et ses relations de société, ses repas même et son sommeil, ses actions individuelles et familiales, en un mot sa mentalité et sa personne physique, intellectuelle et morale.

Ainsi le surnaturel ou la grâce l'inspire et l'éclairé, la guide et l'accompagne partout et toujours. N'est-ce point là la vie vraiment vertueuse et méritoire, chrétienne et sanctifiante ? . . .

II. — L'âme religieuse accroît sa beauté et ses mérites par la pratique des vertus propres à son état.

Ses fins, énumérées plus haut, elle ne les perd pas de vue une seule heure du jour. Elle y revient le lendemain, comme si elle n'avait rien fait la veille.

Sa mentalité ou état d'esprit habituel la rapproche sans cesse des trois modèles de Nazareth : leur nom est sur les lèvres du matin au soir; autant que leur amour passionné et brûlant, dans la volonté et dans le cœur.

Ses devoirs de religion, elle les prépare par prévoyance, les accomplit avec douceur et empressement, les achève avec ferveur et persévérance : sa force ou sa vertu lui vient de l'union avec ses modèles, de l'union avec la divinité, constamment présente à toutes ses facultés. Elle entend le moindre soupir de sa conscience, la plus délicate inspiration de l'Esprit- Saint, le plus léger attrait vers la perfection et la sainteté.

Ses devoirs de Règle, elle les estime, les aime, les observe, toujours en conformité d'imitation des trois personnes de Nazareth. La plus petite prescription, comme la pratique du silence, la modeste tenue devant les autels, l'exacte ponctualité au premier son de la cloche, tout est régi par des vues élevées et des desseins d'expiation et d'amour divin. Est-ce la vertu !

Ses devoirs d'état sont acceptés et exécutés, comme l'expression visible et tangible de la très sainte volonté de Dieu. Elle ne s'en acquitte ni servilement, ni à l'avenant, ni par vanité, ni par ostentation. Toujours elle vise directement la gloire et le plaisir de Dieu, le progrès intérieur ensuite, le bien des âmes après, et aussi la réputation honorable de son Institut. Est-ce la vertu ?

Sa conduite religieuse devient ainsi une manifestation éclatante aux yeux de tous de la splendeur intérieure qui reluit dans ses paroles et ses entretiens, dans sa tenue simple et modeste, dans sa physionomie humble, douce, attirante, dans toute sa personne devenue aimable à tous et apte à lui conquérir les âmes et les cœurs. La voix publique la proclama' une âme vertueuse, édifiante par l'odeur de ses parfums cachés ! . . .

III. — L'âme sacerdotale accroît sa beauté et ses mérites par la pratique des vertus de son état.

Qui dira les richesses surnaturelles que peut journellement accumuler un prêtre vertueux, à un degré peu commun ?

Chaque jour, l'offrande du lever régulier, suivi de la prière et de la méditation, trois actes inspirés par la foi et l'amour.

Puis la préparation recueillie au grand sacrifice, la célébration pieuse et édifiante, l'action de grâces non moins recueillie, non moins édifiante. La sérieuse et calme récitation de l'office divin à des heures convenables et en des circonstances propices à la dévotion. La visite au saint-sacrement, le chapelet à Marie, un coup d'œil d'examen avant la prière du soir ; puis le travail des saints Livres, la lecture des œuvres spirituelles ou la vie des saints, l'étude du dogme et de la morale catholique : l'ensemble toujours éclairé de l'esprit de foi et du zèle des âmes. Repas, repos, visites et conversations, tout pour la plus grande gloire de Dieu !

Chaque semaine, la confession, si c'est possible. Puis tels jours de pénitence, de mortification corporelle, d'exercices de chemin de la croix ou de dévotions spéciales. La sanctification du dimanche, en raison des offices, des fatigues et des actes de dévouement envers les âmes. Les exigences du ministère au confessionnal, en chaire, au catéchisme, toutes œuvres excellentes, rendues fécondes et méritoires par les vertus surnaturelles.

Que d'occasions de mérites dans les relations sociales, avec la diversité des intelligences et des caractères, des conditions et des âges ! Combien souvent la charité, reine des vertus, trouve l'aliment de ses forces auprès des malades, des infirmes, des vieillards, des enfants, chez eux, dans les écoles, à l'église !

Le prêtre vertueux est vraiment un autre Christ, aux yeux des croyants et des esprits même hostiles . . .

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