‹ La beauté de la femmeChapitre 21 sur 50 · IO I · texte numérisé non relu

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Dans les cas douteux, dont le nombre diminue rapidement dès qu’on est un peu exercé, on s’en rapportera à la mesure directe.

On se rendra compte de l’état de la nutrition par le poids du corps.

Comme on l’a vu plus haut la formule de Vierordt permet de le calculer au moyen de la taille et du tour de poitrine.

Le poids moyen normal de la femme varie entre !\i et 60 kilogrammes. Un précieux indice du degré de la nutrition est lourni par l’aspect de la peau, par sa tonicité, son éclat et sa couleur.

Une j:>eau saine recouvre la surface du corps sans former de plis ni de rides ; les plis naturels aux points de flexion des membres s’effacent par l'extension de ces derniers. Chez la femme surtout la couche de tissu adipeux émousse toutes les saillies anguleuses de

l'ossature ; aux endroits , . . . Fig- 3g. — Figure masculine normale,

ou la peau tient plus solidement aux parties sous-cutanées se forment des fossettes, par exemple au menton, aux joues, sur les épaules, au coude, aux reins.

Si l’on pince l;i peau, le pli formé doit s'effacer dès qu’on retire les doigts. Nous avons déjà signalé plus haut l’effet nuisible de l'amaigrissement sur la tonicité. Lorsque cette tonicité disparait avec l’âge, il se forme des rides qui se montrent d’abord près des yeux (patte d’oie).

Tout comme la peau, la couche adipeuse sous-cutanée varie d’épaisseur suivant les parties du corps. Nous traiterons plus loin de sa répartition. Retenons cependant que chez la femme la peau est en général plus mince et la couche de graisse plus épaisse que chez l’homme.

Aussi ne rencontre-t-on jamais chez la femme des muscles aux contours nettement délimités, comme chez les travailleurs de l’autre sexe.

Presque jamais, d’ailleurs, chez la femme, le travail intense des muscles ne porte préjudice à la beauté des formes extérieures; j’ai pu le constater souvent sur des acrobates et des écuyères.

Nous avons déjà fait ressortir plus haut que l’emploi excessif et exclusif d’un groupe déterminé de muscles peut compromettre l’harmonie de l’ensemble. Pour pouvoir en juger, il est nécessaire de connaître d’une façon précise les muscles du corps humain.

On peut s’en faire une idée plus nette en faisant exécuter au sujet des mouvements qui exigent la contraction de tel ou tel muscle.

Nous reparlerons plus loin des muscles et de 1 inlluence qu’ils exercent sur la forme des diverses parties du corps. Avec un peu d’exercice, on arrive vite à se convaincre d’un coup-d’œil, d'après le relief du corps, de la régularité de leur développement. Pour étudier les muscles de l’épaule et de la poitrine le meilleur moyen est de faire élever lentement les bras un peu plus haut que la position horizontale et abaisser ensuite. Pour les muscles du ventre et du dos on fera pencher et redresser le buste ; enfin les mouvements de la marche renseigneront sur les muscles des jambes. Si la rondeur des formes est causée surtout par la graisse, tous ces mouvements n’auront qu’une influence relativement minime sur les formes du corps; au contraire, si la musculature est bien développée, les saillies causées par les muscles seront très accentuées.

APPRÉCIATION DU CORPS CONSIDERE DANS SON ENSEMBLE I o3

Nous avons fait resortir plus haut qu’après l’alimentation et le développement, les occupations journalières et l’hérédité exercent aussi une grande influence sur la forme extérieure du corps, sans qu’on puisse toujours déterminer d’une façon précise la part qui revient à l’une ou à l’autre de ces causes. Toujours est-il que les

Fig. 4o. — Protil du torse féminin et du torse masculin, d'après Thomson.

deux dernières contribuent à former l’individualité, c’est-à-dire tout ce qui s’écarte du schéma général, et donne à tel ou tel corps particulier son caractère propre.

On peut, comme le fait remarquer Langer1, répartir le nombre infini des individualités en un certain nombre de groupes généraux caractérisés par des signes communs et distinguer par exemple les tailles grandes, moyennes et petites, les statures sveltes et ramassées.

* Anatomie der äusseren Formen, p. 79.

Langer découvre alors que les groupes ainsi obtenus sont soumis à certaines lois : presque toujours un individu est en même temps grand et svelte, petit et ramassé. Mais ce sont là des variations individuelles qu’on peut toutes ramener aux proportions des mesures de la longueur eL de la largeur.

Peu importe que l’individu soit grand ou petit, svelte ou ramassé, il ne pourra être considéré comme normal que si ses proportions correspondent aux lois établies plus haut.

Je crois qu’il est, pour le moment, impossible d’établir des règles générales sur la façon de juger l’individualité, mais qu’il est absolument indispensable dans chaque cas particulier de faire entrer celle-ci en ligne de compte.

Je crois que si Apelle lui-même n’a pas été capable de créer un corps vivant, ne fùt-ce qu’en peinture, en assemblant les charmes des douze plus belles filles de Crotone, c’est parce qu’il ne pouvait par ce procédé créer un être individuel harmonieux dans toutes ses parties.

[.es lois suivant lesquelles chaque corps devient ainsi un microcosme, ne nous sont connues qu’en partie. C’est pour cette raison que l’artiste, en s’écartant de son modèle, court le risque de pécher contre la nature.

Nous nous contenterons pour notre appréciation de l’individualité d’établir ici les principes suivants :

Toute femme a son individualité propre, qui la différencie d’avec tous les autres individus de son espèce.

Cette individualité est fondée sur certains traits qui s’écartent des règles générales. Ces anomalies donnent au corps son cachet personnel et ne doivent pas être regardées comme des défauts, tant qu’elles ne sortent pas des limites fixées par les lois des proportions, du développement symétrique et uniforme et des caractères sexuels secondaires.

Il s’ensuit que chez la femme une individualité héréditaire très accentuée peut porter atteinte à la beauté; par exemple, si elle efface un des caractères sexuels secondaires les plus importants, la délicatesse des formes. Ainsi le grand nez hérité du père, pourra

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