‹ La beauté de la femmeChapitre 22 sur 50 · APPRECIATION DU CORPS CONSIDERE DANS SON ENSEMBLE · texte numérisé non relu

APPRECIATION DU CORPS CONSIDERE DANS SON ENSEMBLE

détruire chez la fille l’harmonie des formes du visage, tandis que, chez le fils, il donnera seulement plus de vigueur aux traits.

Après nous être ainsi renseignés sur la justesse des proportions, sur l’alimentation et la symétrie dans le développement, sur les caractères sexuels secondaires et sur l’individualité du sujet, il ne nous reste plus qu’à déterminer l’époque de son maximum de beauté, avant de passer à l’étude plus détaillée de chacune des parties du corps.

Il est souvent difficile de dire, la première fois qu’on examine une femme, si elle a atteint ou dépassé le point culminant de sa beauté.

On admet en général qu’à vingt-trois ans le corps féminin a achevé son développement, mais nous avons déjà fait remarquer plus haut qu’à cet égard l’âge varie considérablement avec les individus.

Un indice plus sûr est fourni par l’époque de la première menstruation. Plus elle apparaît tard, plus il y a de probabilités pour que l’épanouissement complet soit également tardif.

Pour juger du plus ou moins de développement du corps nous avons encore un autre point de repère : les proportions. Chez l’enfant nouveau-né, c’est la tête qui est relativement la plus grosse et les membres qui sont les plus petits. Pour atteindre son complet développement, le corps tout entier doit grandir au moins du triple. Or la tète atteint le double de sa longueur primitive, le tronc le triple, les jambes le quadruple. La tète est presque toujours arrivée vers treize ans à sa longueur définitive, le tronc également ; quant aux jambes elles n’y arrivent que beaucoup plus tard.

Comme d’autre part le centre du corps s’abaisse à mesure que les jambes grandissent, le moment où il atteint son point le plus bas devra coïncider avec la fin de la croissance. Par conséquent plus le centre du corps se trouve bas, plus il est vraisemblable que nous avons affaire à un corps complètement développé. Néanmoins comme il conserve encore cette position après l’époque du plein épanouissement de la beauté, les proportions peuvent tout au plus nous servir à distinguer un corps qui n’est pas encore épanoui de celui qui l’est, mais non pas de celui qui a déjà dépassé la maturité. Pour trancher

ob

la question, le moyen le plus pratique est en définitive l’étude de la constitution des seins. Le complet épanouissement des seins et, en même temps, celui du corps, est atteint lorsque la glande mammaire, et non un dépôt de tissu adipeux, leur a donné leur maximum de développement et de dureté.

Tout ce qui précède montre que nous serons obligés, pour compléter nos constatations, de poser quelques questions au sujet. L’âge, la date de la première menstruation, les occupations, le genre de vie, les renseignements sur la famille pourront être des données précieuses pour l’appréciation exacte de l’individualité, de l’époque du complet épanouissement, etc. Nous sommes donc, en un certain sens, obligés de faire appel à sa mémoire et de baser en partie notre jugement sur les indications fournies par le sujet luimême.

Mais n’oublions pas que ces indications n’ont pour nous, comme pour le médecin, qu’une valeur subjective, c’est-à-dire que nous ne devons les juger dignes de foi que si elles ne contredisent pas nos constatations objectives.

C’est là une exigence scientifique et nullement une marque de défiance à l’égard des femmes en général ou de l’individu examiné en particulier.

DESCRIPTION DES DIFFÉRENTES PARTIES DU CORPS

Lorsque nous examinons un malade, nous commençons par une revue rapide de tout son corps et nous inspectons ensuite les organes d’une manière plus minutieuse ; nous devons suivre ici la même méthode et nous occuper maintenant en détail des diverses parties du corps. Notre tâche sera plus difficile dans le cas actuel, car nous n’avons plus, comme dans le premier cas, à découvrir les défauts existants, mais il écarter les défauts possibles.

Nous avons dit qu’il est important, lorsqu’on étudie le corps dans son ensemble, de l’éclairer de face, abondamment et également : il est désirable, au contraire, si l’on veut juger convenablement ses diverses parties, de ne les éclairer qu’à demi et de profil, car un tel éclairage fait plus vivement ressortir tous les détails.

Il est souvent nécessaire, en outre, de placer les diverses parties du corps dans différentes attitudes.

Pour la tète, l’examen de face et de profil suffit ; mais nous verrons que la difficulté se complique pour le torse et surtout pour les membres, et qu’il est nécessaire, ici, d’avoir recours aux différentes phases du mouvement.

a). LA TÊTE

La forme de la tète en général, dépend essentiellement de la configuration du crâne. Or, g” p. ioo des enfants qui naissent se présentent par la tête : il en résulte un aplatissement plus ou moins

io8

considérable de la partie postérieure du crâne, qui, par la suite, ne disparaît presque jamais complètement; la plupart des crânes sont donc asymétriques, si peu d’ailleurs en général, que nous n’avons pas besoin d’en tenir compte ici.

Le squelette de la tête présente des caractères sexuels secondaires très apparents.

Fig. 41. — Crâne féminin (a) et masculin (/;). D’après Ecker (modifié).

Tout d’abord, chez la femme, le volume du crâne est moindre que chez l’homme ; et, à son tour, la partie antérieure du crâne est moins développée que chez l’homme, relativement à la partie postérieure.

Le crâne est plus proéminent, plus arrondi chez l’homme ; chez la femme, au contraire, le sommet de la tête est plus plat ; vu de profil, il forme un angle plus aigu avec le front et avec l’occiput. Le front est donc plus petit et plus droit chez la femme : vu de face, le front de la femme est uniformément bombé, tandis que chez l’homme les bosses frontales ressortent fortement et donnent au front une forme plutôt anguleuse qu’arrondie. Le squelette de la face apparaît plus large et plus court, plus petit que chez l’homme proportionnellement au volume du crâne.

La différence sexuelle peut donc se résumer ainsi :

Crâne masculin : anguleux, haut, prépondérance de la partie antérieure.

Crâne féminin : rond, large, prépondérance de la partie posté-

rieur e.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

Les caractères distinctifs qui, chez le su jet vivant, sont accessibles à l’observation et qui, lorsqu’ils sont nettement accentués, attestent la pureté du type féminin, sont, de profil, l’angle du front avec le sommet du crâne ; de face, la petitesse et la rondeur relatives du visage.

Les bosses frontales qui, en règle générale, ne prennent du relief que chez l'homme adulte, peuvent, par suite de rachitisme (tête carrée), apparaître chez des enfants de l’un ou l’autre sexe. L’origine pathologique de cette conformation du crâne chez de jeunes sujets est confirmée le plus souvent par la présence d’autres indices de rachitisme sur d’autres parties du corps.

La forme du reste du crâne est cachée par les cheveux, qui, même lorsqu’on ne les coupe pas, ne deviennent jamais aussi longs chez l’homme que chez la femme.

Les cheveux de la femme atteignent une longueur moyenne de y 5 centimètres (Ranke) et sont, en outre, plus abondants que ceux de l’homme (Virchow). Mais ils peuvent atteindre une longueur d’un mètre cinquante centimètres et plus *.

Ainsi, la longueur et l’abondance de la chevelure constituent à elles deux un caractère sexuel secondaire de la femme, partant une qualité de la beauté féminine, dont l’importance s’accroît à mesure que les cheveux sont plus longs et plus épais.

La partie la plus intéressante non seulement de la tète, mais même du corps tout entier, c’est le visage. Le visage reste constamment découvert ; chacun peut l’observer aussi fréquemment, aussi minutieusement qu’il veut et connaît les moindres nuances de sa physionomie, tout en ne sachant peut-être pas les expliquer.

On est si bien habitué à ne juger que d’après le visage, qu’on oublie, s’il est beau, tous les défauts du corps, tandis que, au contraire, tons les avantages physiques sont impuissants à faire pardonner un vilain visage.

Si nous voulons nous rendre compte des qualités exigibles, au

' J’ai mesuré sur quatre femmes ayant des cheveux particulièrement beaux, 120, 12G, i3o et 1 5Ö centimètres. J’ai rencontré à Munich, en 1899, une dame dont la taille était de 164 centimètres et dont les cheveux avaient 1 55 centimètres de longueur.

point de vue anatomique, d’un visage bien conformé, il nous faut remonter à son développement embryonnaire. Nous avons cité plus haut, à titre d’exemple (fig. 18), l’évolution organique du visage et montré quelle influence exerce le développement du bourgeon nasal interne sur la forme de la lèvre supérieure.

Représentons-nous encore une fois la forme de la tète cl’un embryon humain à la sixième semaine ; nous voyons que le visage se

compose essentiellement de sept bourgeons, un impair, le bourgeon nasal interne, et trois pairs : les bourgeons nasaux externes, les bourgeons maxillaires inférieurs, qui sont déjà soudés à la sixième semaine (fig. 42)-

Du développement uniforme de ces bourgeons dépend la conformation régulière du visage, et ce sont en particulier les bourgeons maxillaires supérieurs qui jouent un rôle important.

Chacun des bourgeons nommés contient en germe la peau, les muscles, les vaisseaux sanguins, les nerfs et les os du futur visage ; ce sont surtout les os qui vont servir de base à notre appréciation du visage.

Comparons avec l’ébauche embryonnaire le crâne d’un enfant nouveau-né (fig. 43) ; nous voyons que les os provenant des trois bourgeons nasaux, c’est-à-dire les os du nez et l’intermaxillaire, ont été fort dépassés en croissance par les os du maxillaire supérieur et de l’arcade zygomatique.

Les os du maxillaire supérieur forment le point central autour duquel se groupent tous les autres os du visage, comme on peut s’en convaincre sur la figure 43. Ils forment d’abord, avec l’étroit, inter maxillaire, la limite supérieure de la bouche et la limite inférieure du nez ; leurs apophyses montantes limitent en partie la cavité orbitaire et la séparent du nez. Donc, les yeux, la bouche et le nez,

Fig. 42. — Tête d’un embryon humain à la sixième semaine.

ni et mn , bourgeons nasaux externes et interne. — ms, bourgeons maxillaires supérieurs. — mi, bourgeons maxillaires inférieurs.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

les parties les plus importantes du visage, dépendent étroitement du développement du maxillaire supérieur.

Faisons un pas de plus et comparons le crâne d’un nouveau-né avec le crâne d’une femme adulte : on voit au premier coup d’œil

Fig. 43.

Crâne du nouveau-né.

Fig. 44.

Crâne féminin avec le maxillaire supérieur long et étroit.

Fig. 45.

Crâne féminin avec le maxillaire supérieur large et court.

l'influence qu’exerce le développement du maxillaire supérieur

(fig. 44, 45).

Si les apophyses montantes du maxillaire supérieur prennent trop de développement, la racine du nez s’élargit et les yeux s’écartent

l’un de 1 autre (fig. 45) ; si la région moyenne est trop forte elle repousse l’arcade zygomatique en dehors et les pommettes sont trop saillantes, tandis que le nez fait un angle plus grand.

Du développement de la région inférieure dépend d’abord, comme nous l’avons dit, la conformation de la lèvre supérieure. Si le maxillaire supérieur se porte obliquement en dehors (Prognathie), il domine toutes les autres parties du visage et il donne naissance au type spécial de la race nègre. Ce renforcement de la région supérieure de la bouche s’accompagne d’un raccourcissement et d’un élargissement du nez, de sorte que celui-ci se relève et s’épate et, vu de face, laisse apercevoir les narines. La plupart du temps on constate un développement plus fort du maxillaire inférieur (fîg. 45).

Si, au contraire, les parties inférieures du maxillaire supérieur restent étroites et prennent une position plus verticale (Orthognathie), la bouche se trouve plus en retrait et par contact le nez s’amincit et s’allonge dans le bas (fig. 44)*

La combinaison de ces divers éléments donne lieu à une très grande variété dans la conformation du visage.

Il est évident que les autres os de la face peuvent également jouer un rôle plus ou moins important. On trouvera plus de détails à ce sujet dans l’ouvrage de Langer1.

Nous avons limité notre tâche à l’étude du maxillaire supérieur, qui est de beaucoup le plus important des os de la face.

Nous avons à nous demander maintenant quelle est la conformation la plus favorable.

Voici le moment venu de prendre position dans un débat qui passionne les esprits depuis longtemps déjà et que l’on a prétendu trancher des façons les plus diverses.

On dit que l’Européen donnera toujours à l’Européenne, le Chinois à la Chinoise, le nègre à la négresse, la préférence en matière de beauté, tout juste, si l’on veut, comme le chien à la chienne ou le coq h la poule, et l’on en prétend déduire que la conception de la beauté est chose personnelle et impossible à définir.

f Anatomie der äusseren Formen , p. i 10 ss.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS Il3

Je préférerais, pour ma part, en déduire que l’idée de la beauté est plus ou moins développée dans les différents cas, que le coq

Fig. 46. — Italienne du Sud âgée de treize ans.

a moins d’exigences à cet égard que le chien, que celui-ci à son tour en a moins que le nègre, etc.

De toutes les conceptions possibles de la beauté, celle de l’individu qui a atteint le plus haut degré de perfectionnement, est supérieure à toutes les autres ; or il ne 111e paraît pas douteux que ï’indo-

Européen ait en ceci le droit de prétendre à la première place.

La meilleure preuve en est, que cette race refoule et extermine progressivement les autres, non pas seulement en Europe, mais dans toutes les parties du monde. En Amérique on peut déjà compter les Peaux-Rouges, et d’ici quelques centaines d’années on lira avec effroi dans de vieilles légendes qu’il existait jadis des êtres humains à la peau noire.

Ainsi, nous basant sur les triomphes qu’a célébrés l’Indo-Européen dans la lutte pour la vie, nous lui accordons scientifiquement la première place dans la hiérarchie des races ; nous pouvons d’autre part admettre que, parmi les femmes indo-européennes, celles qui occupent le rang le plus élevé sont celles qui sont les plus exemptes des signes caractéristiques spéciaux à d’autres races humaines ou même à des animaux.

Par conséquent, puisque la largeur, la petitesse, la proéminence du maxillaire supérieur sont des caractères de la race nègre en même temps que de l’espèce simiesque, nous déclarerons la conformation du visage d’autant plus parfaite que le maxillaire supérieur sera plus étroit, plus long et plus vertical et que ses apophyses montantes seront également plus étroites.

Les conséquences au point de vue des formes extérieures sont les suivantes : le nez est mince et allongé, ses parois latérales suivent une direction qui se rapproche de la perpendiculaire par rapport à la ligne des lèvres, les dents du maxillaire supérieur sont verticales, les pommettes sont peu saillantes.

Ces qualités sont nettement apparentes chez la jeune Romaine que représente la figure et dont le visage est d’un ovale particulièrement pur et régulier.

Après ces qualités de la race il faut encore observer les caractères sexuels secondaires du squelette de la lace.

C’est tout d’abord la petitesse relative de la face, par rapport au crâne, dont il a été question plus haut.

En second lieu, les cavités orbitaires sont plus vastes dans le squelette féminin que dans le squelette masculin.

La rondeur du visage féminin est déjà reconnaissable sur le

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS Il5

squelette. Deux caractères sexuels secondaires très importants y contribuent.

Schaafhausen 1 a découvert que, chez les femmes de toute race, les deux incisives du milieu sont d’une manière absolue plus grandes

Fig. 4 — Jeune fille de Samoa. (Photographie de Andrew.)

que chez l’homme ; comme elles correspondent à l’os intermaxillaire (indiqué fig. 44 et 4^ en pointillé) nous pouvons donc concevoir la largeur de l’intermaxillaire et par suite des incisives comme une qualité de la beauté féminine. La bouche rieuse de la jeune fille de Samoa (fig. 47) présente fort bien cette qualité. 11 résulte de

Cité par Ploss-Bartels, Das Weib, 1897, p. 23.

cette particularité une plus grande largeur du visage dans la région moyenne au-dessous des pommettes.

Enfin Morselli 1 a découvert, à l’aide de mensurations et de pesages,

Fig. 48. — Tète d'une Autrichienne où le front, le nez, le menton, sont de hauteur égale. (Photographie de O. Schmidt, Vienne.)

que le maxillaire inférieur est plus petit et plus léger chez la femme que chez l’homme.

Nous noterons donc en outre, comme une autre qualité de la conformation féminine, que le maxillaire inférieur est étroit, et que les apophyses articulaires se dirigent obliquement en dehors. Il en

1 Su! peso ciel cranio e clella manclibola in rapporto col sesso. Firenze, 1S7G.

résulte un fort amincissement du visage à partir de la région moyenne vers le menton.

Si nous résumons les divers caractères sexuels secondaires que nous avons énumérés, nous arrivons à cette conclusion, que la charpente osseuse du visage féminin, lorsqu’ elle s’est bien développée, a sa plus grande largeur au niveau du bord inférieur des orbites et qu’à partir de là, elle s’amincit fortement et progressivement jusqu’au menton.

Conformément aux résultats de nombreuses mensurations d’indiviclus bien conformés, les proportions générales du crâne normalement développé doivent être telles que l'axe vertical se divise en trois parties égales, depuis le sommet du front jusqu’à la limite supérieure des yeux, de là à la base du nez, de là enfin au

menton ; la plus grande largeur au-dessus des tempes doit être avec la longueur du crâne dans le rapport de deux à trois (fig. 4§)-

Il va sans dire que le côté gauche doit être exactement symétrique au côté droit.

La tète d’une dame de Valence que nous reproduisons à la figure 49 montre un visage particulièrement fin et régulier, malgré la forte empreinte individuelle.

Fig. 49- — Dame de Valence.

En résumé, les formes principales du visage sont déterminées par la charpente osseuse, mais de nombreuses variations individuelles peuvent néanmoins se produire à l’intérieur des limites normales.

On peut exiger, dans les deux sexes, que les dents soient régulièrement plantées, blanches et polies ; chez la femme, les incisives de la mâchoire supérieure doivent être en outre un peu plus larges.

Les muscles donnent des nuances encore plus fines à l’expression individuelle. Leur confusion apparente s’éclaircit (Merkel) quand on réfléchit qu’ils sont tous groupés autour des orifices du visage, les yeux, les oreilles, le nez et la bouche, et qu'ils ont tous pour fonction soit de les fermer, soit de les ouvrir.

Ceux de . la première catégorie s’étendent en cercle autour de l’orifice, ceux de la seconde rayonnent autour de lui. Mais ils sont entrelacés et en outre ils se distinguent des autres muscles en ce que non seulement le muscle tout entier, mais même chaque faisceau musculeux, est capable d’un mouvement indépendant.

C’est ainsi, par exemple, que les fossettes des joues sont dues à l’action isolée d’un faisceau musculeux qui aboutit à cet endroit dans la peau, et qui se contracte pour le sourire.

On trouve une excellente description des muscles faciaux chez Merkel 1 et Langer 2.

Les muscles sont les principaux facteurs de l’expression individuelle; ils ne présentent ici, à ce titre, qu’un intérêt secondaire, à moins qu’on ne veuille ranger parmi les qualités qui constituent la perfection féminine, la finesse et la mobilité expressive de la physionomie.

Nous dépasserions fort le cadre de ce livre si nous voulions analyser dans le détail l’expression du visage, ce miroir de l’âme.

Cependant une particularité des muscles faciaux, qui a surtout été mise en relief par Langer, mérite de nous arrêter un moment.

Les extrémités de certains muscles s’insèrent à la peau en quelques endroits du visage, dans la région du front, aux ailes du nez,

* Merkel. Topographische Anatomie, 1, p. 100. - Anatomie der äusseren Formen, p. 129.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

aux lèvres et au menton. Les limites de ces insertions sont les sourcils et le sillon transversal situé entre le menton et la lèvre inférieure, en outre, de chaque côté, deux sillons dont l’un descend de l’aile du nez à la commissure des lèvres, l’autre de ce point vers le menton ; celui-ci rejoint fréquemment au-dessous du menton le sillon correspondant de l’autre côté.

Cette configuration des muscles influe sur la répartition du tissu adipeux du visage. A l’intérieur des limites de l'insertion fixe des muscles il ne peut pas se former de couche adipeuse; c’est pourquoi même chez les gens fort gras le front, le nez, la bouche et le menton sont toujours épargnés à cet égard, tandis que, par suite de l’accumulation de la graisse aux joues, les sillons précédemment indiqués s’accusent de plus en plus fortement. Au menton, sous la ligne de jonction des deux sillons qui descendent de la bouche, il se forme un ou plusieurs bourrelets de graisse constituant ce qu’on appelle le double menton.

Etant donné qu’une certaine rondeur des formes est naturelle à la femme et que, d’autre part, des formes trop pleines sont laides, admettons que dans les conditions d’un développement normal, ces lignes doivent être marquées sans doute, mais légèrement (fig. 54).

La fossette du menton, un agrément du visage féminin, est produite, aussi bien que celles des joues, par la tension des muscles insérés à la peau. En Autriche où le « Grüberl im Kinn » est célébré dans beaucoup de chansons, on rencontre la fossette du menton beaucoup plus fréquemment que dans les autres pays. Chacun prêche pour sa paroisse. La figure 5o, une jeune Viennoise de quinze ans, montre cette qualité très joliment marquée.

Le tissu adipeux des joues achève d’arrondir les lignes du visage et lui donne enfin l’ovale régulier, aussi longtemps du moins que la peau garde son élasticité. Dès qu elle se détend, les joues s’affaissent.

C’est sur les joues que la peau du visage est le plus délicate, et elle est, chez les gens bien portants, toujours rose à cet endroit, parce que le sang paraît au travers.

Mais c'est un signe de phtisie lorsque les pommettes sont tachées d’un cercle rose aux contours très nets.

Le globe de l’œil atteint dès Lage de huit ans sa grosseur définitive, qui est sensiblement la même chez tous les individus.

La différence apparente dépend du plus ou moins de longueur de la lente palpébrale et de la position plus ou moins encaissée de l’œil.

En outre les yeux sombres paraissent toujours un peu plus grands que les yeux clairs ; enfin l’impression de grandeur ou de petitesse dépend fortement des parties avoisinantes.

Les sourcils sont situés à la limite de la cavité orbitaire et de la base du front. Des orbites spacieuses étant au nombre des caractères sexuels secondaires de la femme, les sourcils seront d’autant plus beaux qu’ils seront plus arqués. Comme d’autre part des sourcils touffus sont un caractère masculin et le signe d’un âge avancé, on pourra considérer des sourcils étroits et lisses comme une qualité féminine.

On trouve beaux de longs sourcils qui vont en s’effilant vers les côtés, on trouve laids des sourcils qui se rejoignent au milieu; on ne saurait donner aucune raison scientifique de cette opinion. Mais l’absence radicale de sourcils passe pour défigurer complètement le visage : une preuve entre autres en est donnée par l’usage des femmes japonaises qui pour tranquilliser leurs maris facilement jaloux, non seulement se noircissent les dents, mais encore se rasent les sourcils 1 .

Les commissures des yeux doivent être horizontales, quand les paupières sont fermées; quand elles sont ouvertes, la commissure interne, de forme arrondie et circonscrivant la fossette lacrymale, est un peu plus basse que la commissure externe, caractérisée par sa forme aiguë.

C’est un trait de la race mongole que la commissure externe soit très sensiblement plus haute que l’autre; cette particularité est donc un défaut chez des hommes ou des femmes de race indo-européenne.

1 J’ai pu me convaincre personnellement, il y a quelques années, que cet usage tendait chaque jour à disparaître.

DESCRIPTION DES DIFI'ERENTES PARTIES DU CORPS

Signalons en passant que l'œil mongoloïde n'est pas aussi oblique qu'il en a l'air; cette obliquité est même parfois purement apparente ; l illusion en est créée par la présence du pli mongole b On entend

Fig. 5o. — Viennoise âgée de quinze ans, avec la fossette au menton, un ovale régulier, une bouche gracieuse, de jolis plis aux paupières et une chevelure abondante .

par pli mongole la direction particulière que suit le pli de la paupière supérieure ; ce pli existe aussi chez l’Européen, mais il s’étend

1 Gl. Abelrdorff, Uber Außenbefunde bei Malai/en , Mongolen und Negern. 27. Versammlung- der ophtalinologischen Gesellschaft. Wiesbaden, Bergmann, 1899, p. 269.

chez lui horizontalement entre le sourcil et le bord de la paupière et finit insensiblement au-dessus du bord interne de l’œil (ce qui est particulièrement visible sur la figure 4q) ; il recouvre au contraire, dans l’œil mongoloïde, l’angle interne de l’œil, cache entièrement ou en partie la caroncule lacrymale, et finit dans la peau du nez.

Fig. 5i. — Japonaise : œil mongoloïde.

La comparaison des figures 49 et 5i fera mieux que toutes les descriptions comprendre ces différences caractéristiques.

L’implantation des cils sur les bords libres des paupières doit être droite et régulière, car la rareté et l'implantation irrégulière des cils sont les symptômes d’états pathologiques, en particulier de l’ophtalmie scrofuleuse. Ceci est également commun aux deux

sexes.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

Signalons encore deux particularités de la conformation de l’œil cpii peuvent être considérées comme des qualités de la beauté chez les deux sexes, mais qui, au point de vue anatomique, appartiennent plutôt à la femme.

C’est d’abord la longueur de la fente palpébrale, puis la présence

Fig. 5a. Tète de femme bien proportionnée, belle structure de l’œil.

D’après une photographie de Reutlinger, Paris.

de ce pli de la peau dont il a déjà été question, et qui, lorsque l’œil est ouvert, se forme sur la paupière supérieure. Plus l’orbite est vaste, moins le pli de la peau retombera sur la paupière, et plus il s’effacera insensiblement vers la tempe.

La longueur de la fente palpébrale fait paraître l’œil et par suite l’orbite plus grands. Or, connue la grandeur de l'orbite est un

caractère sexuel secondaire de la femme, la longueur de la lente palpébrale, la hauteur et la souplesse du pli de la paupière supérieure seront surtout considérés comme des qualités de la beauté féminine.

La figure 5a montre ces qualités, ainsi qu’une excellente configuration des sourcils, tandis que dans la figure 3i la paupière supérieure est complètement recouverte par le pli transversal. Dans la figure 49 ce pli est particulièrement haut et accentué, dans la figure 5a il se prolonge en dehors et donne ainsi à l’œil une expression mélancolique.

La forme du nez est surtout déterminée par la charpente osseuse et le cartilage nasal. Conformément à ce que nous avons dit plus haut, l’étroitesse du nez est la condition essentielle de sa beauté; le dos du nez doit être mince et allongé; que celui-ci d’ailleurs soit droit ou arqué, peu importe : l’individualisation peut ici se manifester, à l’intérieur des limites normales.

En ce qui concerne la forme de la bouche nous avons déjà dit que, lorsque la lèvre supérieure s’est normalement développée, ses deux moitiés doivent s’élever suivant une ligne gracieuse jusqu’à la région médiane, qui doit former une saillie convexe en bas.

En outre, dans des conditions normales, le rouge des lèvres doit s’étendre jusqu’au bord recourbé et s’amincir en allant vers les commissures. La lèvre inférieure doit s’appliquer contre la lèvre supérieure, en formant un arc légèrement plus large au milieu.

Dans une bouche bien dessinée la lèvre supérieure doit être un peu plus saillante que la lèvre inférieure. Tandis que les autres particularités sont des qualités communes aux deux sexes, la dernière indiquée est spéciale au sexe féminin, puisqu’il existe entre elle et le développement moins fort du maxillaire inférieur un rapport de cause à effet.

La longueur de la fente labiale est dans le rapport de 3 à 2 avec la fente palpébrale : les yeux sont éloignés l’un de l’autre de la largeur d’un œil, de sorte que la distance des angles externes des yeux est deux fois celle des commissures des lèvres.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS

L’oreille ne commence que tard à se développer chez l’embrvon, et elle présente dans la suite des différences individuelles très con-

tig. 53. — Mauresque d’Alger, âgée de vingt ans.

sidérables, dont on ne se doute pas en général. Les statuaires antiques les connaissaient cependant fort bien (Winkelmann) et, de nos jours, Bertillon a tiré parti des caractères individuels de 1 oreille pour établir l’identité des criminels.

Dans un développement normal, la conque de l’oreille a, selon Langer, la forme suivante (fig. 54) :

A l’entrée du canal auditif externe, deux saillies, le tragus (T) et

LA IîEAUTE DE LA FEMME

l’antitragus (At) de grosseur à peu près égale, forment un premier groupe ; un second groupe est celui de l’hélix (H) et de l’antihélix (A) à la partie supérieure du pavillon. L'hélix, de forme allongée, circule sur le pourtour de l'oreille, l’antihélix, à l'intérieur du premier -et plus haut que lui, se divise en haut, tandis qu’en bas il s’abaisse, se joint à l’hélix, et se termine dans l’antitragus.

Le lobe pend librement au-dessous de la conque.

Un défaut particulièrement choquant dans l’oreille féminine, c’est le développement excessif de la conque.

Comme la position du canal auditif externe, toujours situé à la même hauteur que la base du cerveau, est fixe, le défaut provient du développement exagéré de la partie supérieure et libre de la conque.

Le canal auditif externe doit être, lorsqu’on tient la tête droite, à peu près à la même hauteur que le bord supérieur de l’aile du nez, et le bord supérieur de la conque ne doit pas être plus haut que le bord supérieur de la cavité orbitaire.

La figure 55 montre 1 oreille très jolie et très bien conformée d’une jeune fille de Schappach.

Le profil du visage qui passe pour être le plus beau est le profil grec, dans lequel la ligne du front se continue par la ligne du nez.

Brücke iouvr. cité , p. 1 3) écrit à ce sujet : « Le profil antique est considéré par beaucoup de personnes comme un idéal que l’on ne voit plus jamais réalisé aujourd hui et qui ne l’a peut-être jamais été ; mais l’observateur attentif sait bien que l’on trouve parfois, en Italie et même en Allemagne, des têtes qui se rapprochent extrêmement de cet idéal. D’après le témoignage d’un peintre distingué, qui a longtemps vécu en Orient, on trouverait de nos jours encore, à Smyrne, ce type réalisé dans toute sa pureté ».

Fig. 54- — Oreille bien faite, d’après Langer.

T, tragus. — Al, antitragus. — II, hélix. — A, antihélix.

DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS 12 7

Et, en effet, il n’est pas difficile de trouver un profil pur ou tout au moins très voisin du profil grec.

Fig. 55. — Jeune fille de Schappach.

La figure 56 reproduit l’admirable portrait d’une Bohémienne au profil grec, photographiée par M. A. Enke. La figure 57 montre

deux Italiennes, la mère et la fille, présentant toutes, deux le profil grec absolument pur.

Comme Brücke le met en relief, si les statuaires classiques ont donné la préférence au profil grec dans la représentation de leurs

Fig. 56. — Tête au proül classique.

figures idéales, c’est qu'il reste toujours beau quel que soit le point d’où on le regarde.

Si l'on se reporte à ce que nous avons dit plus haut, on verra qu’il convient encore au type idéal du visage humain pour des raisons anatomiques : car il implique nécessairement que les sourcils soient hauts et arqués ; que le maxillaire supérieur soit long et le dos du nez étroit. Cependant il ne serait pas juste de vouer au profil grec

DESCRIPTION DES DIFFÉRENTES PARTIES DE CORPS 12 C

une admiration exclusive : il existe, en dehors de lui, d’autres types humains parfaitement dignes d’être trouvés beaux.

Le type du « nez romain » par exemple, à condition de ne pas

Fig. 57. — Deux Italiennes au profil grec.

être trop accentué et pourvu que le dos du nez soit mince, peut donner au visage un cachet individuel, sans en altérer la beauté.

On peut s’en rendre compte sur les figures 49 et 58 ; remarquons

d’ailleurs que la jeune fille de Séville a ce type autant qu’on peut l’avoir sans cesser d’être jolie.

Supposons en effet le nez un peu plus long ou surtout plus épais,

Fig. 58. • — - Dame de Séville.

de suite l’harmonie des formes féminines est détruite, et le visage prend une physionomie masculine.

Aussi bien que le nez romain, le nez dont la ligne forme avec celle du front un angle obtus est parfaitement admissible au point de vue esthétique.

Des profils comme ceux des figures 48 et 52 sont beaux malgré

l’angle du nez et du front; en pareil cas naturellement le nez doit être mince, droit et pas trop court.

C’est justement de la présence et de la combinaison de toutes ces variations dans les limites normales, que résulte l’expression individuelle ; et celle-ci n’est assurément sur aucune autre partie du corps aussi profondément marquée, aussi distinctement caractérisée que sur le visage.

b). LE TRONC

On distingue dans le tronc, à la partie antérieure la poitrine et le ventre, à la partie postérieure le dos. Il est relié à la tête et aux membres par le cou, les épaules et les hanches. Si évidente que paraisse cette division du tronc, on se heurte cependant tout de suite à des difficultés dès que l’on essaie de circonscrire nettement chacune de ses parties. La difficulté augmente encore lorsqu’on multiplie les dénominations des différentes parties, telles que le cou, les lombes, les reins, les flancs, l’aine, etc. Tous les médecins remarquent que la plupart des gens n’ont qu’une vague idée de la place qu’occupent ces différentes parties. Une femme, par exemple, qui se plaint de mal de reins, désigne presque toujours les lombes comme l’endroit sensible ; — elle sait fort bien distinguer la longe de bœuf du filet, c’est à peine cependant si elle saurait indiquer sur son propre corps la place des parties correspondantes. Empressons-nous d’ailleurs de reconnaître que les hommes du métier euxmêmes sont quelquefois en peine pour distinguer à coup sur les unes des autres toutes les parties du tronc.

La raison en est qu’il n’y a pas, dans la réalité, de limites évidentes et fixes et que les transitions d'une partie à l'autre sont insensibles 1.

Nous ferons donc bien d’examiner d’abord la structure du tronc dans son ensemble et ensuite ses diverses parties, plus ou moins exactement délimitées.

1 Cf. Merkel, Topographische Anatomie, II, p. 180 ss.

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