LE TRONC DANS SON ENSEMBLE
Il y a entre la tête et le tronc cette différence que les parties molles jouent un rôle bien plus considérable dans la détermination des formes extérieures de ce dernier.
Le squelette du tronc se compose de la colonne dorsale, du thorax, des clavicules, des omoplates et du bassin.
Les figures 34 à 3q montrent le rapport du squelette à la surface du corps, en même temps qu’elles indiquent les caractères sexuels secondaires.
La colonne vertébrale doit être, dans la position symétrique du corps, absolument droite. L’exception à cette règle est symptomatique pour le rachitisme, un développement anormal, la tuberculose, les maladies pulmonaires.
Dans les cas douteux, si l’on veut se convaincre de la direction verticale de la colonne vertébrale, on incline le buste en avant, et l’on marque en noir les apophyses épineuses des vertèbres, qu’on sent sous la peau. Les points ainsi déterminés doivent être en ligne droite. Il est encore plus simple de chercher l’apophyse épineuse de la septième vertèbre claviculaire, dont la saillie est la plus proéminente, et de laisser pendre de ce point un fil à plomb ; celuici, quand la structure est normale, doit tomber dans la rainure interfessière. La longueur de la colonne vertébrale, qui correspond à la distance de la base du nez à la limite supérieure de l’échancrure médiane antérieure du bassin, est une mesure constante, que Fritsch, Carus et Schmidt ont employée comme module dans la détermination des proportions, ainsi qu’il a été dit plus haut.
Nous avons également déjà indiqué que la colonne vertébrale de la femme, vue de profil, dessine une courbe plus accentuée que celle de l'homme. (Cf. fig. 42-)
Le thorax se compose des côtes, du sternum et de la région thoracique de la colonne vertébrale.
Dans le cas d’une bonne conformation le thorax doit être robuste, les côtes doivent être presque horizontales dans leur partie posté-
DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS
rieure, elles ne doivent être que légèrement inclinées vers le bas, dans leur partie antérieure. La forme de la poitrine dépend essentiellement de la largeur et de la profondeur de la cage thoracique, ainsi que nous le verrons plus loin.
Chez la femme, le thorax est généralement plus étroit et plus long que chez l’homme ; cependant il doit toujours être conformé de telle sorte que- l’angle formé par le bord inférieur des côtes soit presque égal à un droit.
Cet angle est plus grand dans le thorax en forme de tonneau des asthmatiques, il est plus petit, beaucoup plus petit même souvent chez les phtisiques ou chez les personnes dont l’abus du corset a déformé le thorax.
Nous avons déjà montré par des dessins les déformations du tronc dues à cette cause; la figure 5g donne un nouvel exemple de la déformation du squelette. Entre les fausses côtes des deux côtés il n’y a qu’un étroit intervalle et elles forment
un angle très aigu
Fig. 59. — Squelette du tronc d’une femme de vingt-cinq ans, déformée par le corset, d’après Rüdinger.
Un coup d’œil sur la figure
3y permet de se rendre compte de cette différence. La différence entre le thorax normal et le thorax déformé par le corset ressort encore plus nettement dans le schéma tracé par Sômmering il y a
plus cle cent ans et qui peut aujourd’hui encore servir de modèle. (Fig. 60 et 61 .)
La ceinture osseuse des épaules n’est reliée à la cage thoracique que par les articulations des deux clavicules sur le sternum.
Fig. 60 et 61. — Modifications du squelette du tronc, déterminées par le corset.
Celles-ci sont, avec le sternum, les seuls os qui se trouvent dans toute leur longueur placés immédiatement sous la peau.
A son extrémité inférieure, la colonne vertébrale est reliée au bassin par le sacrum. Le sacrum est plus court et plus large chez la femme que chez l’homme ; nous verrons plus tard l’influence que cette particularité exerce sur la forme extérieure du dos.
Il faut noter dans le bassin de la femme d'importants caractères sexuels secondaires. Il est plus spacieux, l’arcade pubienne a plus d’ouverture, les ilions sont plus plats et plus larges. Par suite, dans le squelette féminin, la région du bassin est bien
DESCRIPTION DES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS
plus considérable que la cage thoracique, et la largeur des épaules, qui chez l’homme est bien supérieure au diamètre transverse maximum du bassin, ne l’est que fort peu chez la femme.
Les crêtes iliaques sont, de chaque côté du corps, placées immédiatement sous la peau.
Les os tangibles du squelette du tronc nous fournissent des points de repère certains pour déterminer les limites de ses diverses régions.
Le bord des clavicules marque la limite entre le cou et la poitrine ; le bord inférieur des côtes marque celle de la poitrine et du ventre, les crêtes iliaques celle du ventre et des hanches. Tandis que nous pouvons exactement circonscrire sur le squelette les os de l’épaule, la région lombaire de la colonne vertébrale et les reins, il nous est très difficile de le faire sur le corps vivant à cause des parties molles qui recouvrent ces os. La connaissance du squelette nous donne en tout cas un certain nombre de points de repère, qui nous sont indispensables pour comprendre et juger les formes extérieures.
A part la charpente osseuse, ce sont d’abord les muscles et puis le tissu adipeux sous-cutané qui déterminent les formes du tronc.
La ficaire 62 montre les muscles de la face antérieure du tronc
féminin.
Un coup d’œil d’ensemble montre que les muscles superficiels du tronc se divisent en trois groupes principaux. D’abord ceux qui enferment la cavité abdominale en avant et sur les côtés, puis ceux qui vont d’avant et d’arrière, d’en bas et d’en haut vers les épaules, enfin les muscles des hanches.
Le premier de ces trois groupes relie le thorax et le bassin.
Le second groupe relie entre eux et arrondit tous les angles et toutes les saillies situés entre les épaules, la poitrine et le dos, et ils ménagent une transition entre les contours du tronc et les membres supérieurs ; les muscles des hanches au contraire sont nettement séparés du reste du tronc, en arrière et sur les côtés, par les crêtes iliaques, en avant par le pli de l’anie.
Les muscles sont les mêmes dans les deux sexes, sauf qu’ils
sont plus faibles chez la femme. Un mauvais développement des muscles peut défigurer le corps féminin aussi bien que le corps masculin. Lorsque des troubles pathologiques interviennent dans le développement des muscles, ce sont, comme nous l’avons dit, ceux des épaules et des hanches qui sont attaqués les premiers.
Quand l’alimentation est bonne, les saillies musculaires doivent être apparentes aussi chez la femme, malgré l’abondance du tissu adipeux.
C’est en particulier dans la région ombilicale, aux hanches et dans le bas du dos que l’on constate chez la femme une répartition caractéristique du tissu adipeux. Mais nous reviendrons plus longuement sur ces détails.
Lorsque nous considérons le tronc dans son ensemble, les points sur lesquels doit surtout porter notre attention sont le développement uniforme et symétrique du squelette, autant que l’on peut s’en rendre compte par l’inspection visuelle et par la mensuration; la prépondérance de la région du bassin et du ventre par rapport au buste, d’après les lois des proportions précédemment établies ; enfin l’influence du corset.
La figure 65 reproduit un torse féminin parfaitement développé.