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verdâtre. Dans le premier cas la dame a son « beau jour », elle ne l’a pas dans le second.
Naturellement l’influence est d’autant plus grande, que la couleur environnante est plus vive et plus lumineuse. Mais ce n’est pas seulement sur la couleur qu elle s’exerce; les formes elles aussi sont modifiées : entourées de couleurs claires, elles paraissent plus larges, de couleurs sombres, plus étroites. Ce phénomène apparaît surtout nettement lorsque le contraste est très accentué, par exemple pour le blanc et le noir. La même figure apparaît sur un fond blanc plus pleine et plus large, sur un fond noir plus étroite et plus élancée. (Fig. g8 etgg.y
Par suite, le choix convenable de la couleur et l’intensité plus ou moins grande de la lumière pourront augmenter considérablement, par contraste, le charme du corps féminin. C’est là une science qui est innée à la plupart des femmes et qui joue notamment un rôle considérable dans le choix des vêtements.
Enfin, outre les couleurs environnantes, la nature de la lumière elle-même exerce une influence sur la couleur du corps. Il me suffira d’indiquer que l’éclat du soleil et le clair de lune, la lumière du gaz ou du pétrole et la lumière électrique influent sur les couleurs de la manière la plus diverse. Je puis même confier en secret à mes lectrices que, de toutes les lumières artificielles, celle qui est la plus favorable à la beauté féminine, c’est encore la lumière d’une simple bougie de cire.
La beauté clu mouvement est la grâce. Le peuple ingénieux des antiques Hellènes n’avait qu’une seule déesse de la beauté et, par contre, trois déesses de la grâce, les Grâces ou Charités. Voulaientils exprimer par là qu’il est impossible de réunir en un seul corps l’infinie variété de charmes de la beauté féminine en mouvement ? Que dis-je? trois corps suffisent-ils à symboliser seulement les caractères principaux de la grâce féminine ? Que l’on songe aux nombreux types de prédilection de la plastique, qui renaissent sous mille formes variées et toujours nouvelles dans l’imagination créatrice des artistes : Marie, majestueuse et transfigurée, Madeleine, abimée dans sa nudité aux pieds du Christ, Marguerite pudique et confuse, l’enfantine Psyché, Aphrodite à la beauté rayonnante et séductrice, Danaé, aux regards pleins de mélancolie, la Bacchante h la grâce farouche, et mille autres.
Qu’on se représente la diversité infinie des aspects sous lesquels se révèle à nous dans la vie quotidienne la grâce féminine; la pétulance un peu folle de la fillette (Backfisch) en train de jouer, avec ses mouvements à la fois anguleux et pleins de charme; puis toutes les délicieuses figures de jeunes filles : l’une, la tête légèrement inclinée sur le côté, les lèvres entr’ouvertes, les yeux rêveurs, écoutant avidement quelque récit; l’autre à table, les doigts coquettement écartés, la bouche rieuse, mangeant et buvant comme un oiseau; une troisième, les yeux rayonnants, la gorge palpitante, emportée par la danse; puis l’amoureuse qui s’abandonne, à la fois
BEAUTE DU MOUVEMENT
timide et passionnée ; enfin la jeune mère contemplant son enfant avec une tendre sollicitude.
Chacune se distingue des autres, chacune a son charme propre, inimitable, chacune est une source inépuisable d’observations toujours nouvelles, à propos de chacune on pourrait écrire un gros livre sur la grâce féminine.
Mais dire qu il n’y a pas deux femmes qui aient absolument le même geste pour écarter de leur front une boucle récalcitrante, pour dire bonjour de la main ou relever leur jupe en marchant, c’est dire aussi que ces divers mouvements sont autant de manifestations différentes de l’individualité féminine et échappent par là à tout jugement général et objectif.
Par contre, ce qui n’échappe pas au jugement objectif, ce sont les modifications de la surface du corps provoquées par certains groupes de mouvements uniformes, ce sont les lois qu’il est possible de tirer de la foule des observations concordantes et sans cesse renouvelées.
Comme pour le jugement des formes du corps, nous avons à notre disposition, pour l’étude du corps en mouvement, non seulement l’inspection visuelle, mais encore le toucher, la mensuration et la photographie. La photographie instantanée, notamment, est devenue dans ces dernières années, pour l’étude du mouvement, une source de progrès considérables.
Dans l’étude du corps humain normal, l’anatomie s’occupe des formes, tandis que la physiologie, à qui elle sert de base, s’occupe des manifestations de la vie, des fonctions. Nous pourrons de même opposer ici à l’anatomie de la beauté, une physiologie de la beauté, une théorie de la beauté du mouvement. Mais, dans le second cas comme dans le premier, l’anatomie et la physiologie sont inséparables l’une de l’autre.
Les modifications que le mouvement imprime aux formes du corps humain sont de différente nature. Nous aurons à étudier l’influence des diverses positions et attitudes des membres par rapport au reste du corps ; puis celle des diverses positions et attitudes du corps considéré comme un tout, enfin celle du déplacement du
corps pendant la marche, la course, le saut, la danse, la chute, etc.
L’explication physiologique de ces laits nous entraînerait à considérer, outre les principes de l’anatomie, une foule de lois physiques sur l’action des leviers, la pesanteur, le plan incliné, le mécanisme du mouvement, etc., et dépasserait par conséquent le cadre de cet ouvrage.
On trouvera d’ailleurs un remarquable exposé de la question dans deux ouvrages classiques parus récemment : la Physiologie artistique de P. Richer 1 et Die Gestalt des Menschen de G. Fritsch 2.
Ces deux livres, qui ont mis à profit tous les travaux antérieurs, ont servi de base aux considérations qui vont suivre.
Brücke3 écrit : « J’appelle beau le corps dont on peut tirer un parti avantageux dans toutes les attitudes et sous tous les aspects qu’on a coutume de rencontrer dans les arts ».
C’est beaucoup demander, surtout si l’on songe dans quelles attitudes audacieuses des maîtres modernes comme Klino-er, dans La Nymphe et le faune , utilisent leurs modèles.
De ce principe, Brücke lait cependant dériver une foule d’observations et d’expériences qui doivent permettre à l’artiste d’utiliser dans une attitude convenablement choisie un modèle même dont la beauté laisse à désirer.
D’ailleurs, ce qui doit nous occuper ici tout d’abord, ce n’est point le parti que l’artiste sait tirer du corps féminin, mais ce corps en lui-même. Nous devrons donc rechercher quelles conditions doivent se trouver réunies, pour qu’un beau corps apparaisse beau dans toutes les attitudes et sous tous les aspects.
Il n’est point nécessaire pour cela de faire un exposé complet de tous les aspects, de toutes les attitudes imaginables ; il suffit d’en choisir quelques-unes parmi les plus importantes et d’étudier à leur propos l’action des lois naturelles : et les conclusions qu’il en faut nécessairement tirer pour toutes les autres attitudes seront faciles à découvrir.
1 Octave Doin. Paris, 1895.
- Paul Neff. Stuttgart, 1899.
3 Schönheit und Fehler der menschlichen Gestalt, 2e édit., p. 3.
Nous pouvons établir d’abord que l’appareil du mouvement constitué par les os, les articulations et les muscles est, en principe, identique chez l’homme et la femme. Les articulations sont les points d’appui des leviers, les os forment les bras de ces leviers et les muscles qui relient les os constituent la force motrice ; leur action fait tourner les bras des leviers autour des articulations, les rapproche (flexion), ou les éloigne (extension). Le muscle qui se contracte devient plus court et plus gros. Il en résulte des modifications du modelé extérieur du corps qu’on ne peut comprendre que si l’on connaît parfaitement tous les os, toutes les articulations et tous les muscles. La flexion du bras par exemple fait gonfler sa face antérieure parce que le biceps s’est raccourci et a augmenté de grosseur ; l’extension produit le phénomène inverse : c’est la face postérieure qui est gonflée par le triceps. On trouvera d’autres détails dans les ouvrages de Richer et de Fritsch cités plus haut.
Ce qui différencie les deux sexes, c’est que, chez la femme, même lorsque les muscles sont vigoureusement développés, leurs contours au moment de la contraction ne sont jamais aussi accusés que chez l’homme ; par suite de l’épaisseur du pannicule adipeux, le modelé du corps féminin offre toujours des lignes arrondies et agréables à l’œil.
Le mouvement d’une partie du corps modifie plus ou moins la forme du corps tout entier : c’est là un fait évident pour tous ceux qui connaissent la position et faction respectives des muscles. Il nous suffira d’en donner un exemple.
La figure 100 représente une jeune fille les bras abaissés, la figure ioi, la même jeune fille les bras levés. Dans le premier cas la position des bras entraîne une légère inclinaison du tronc en avant, les épaules retombent, dessinant une courbe uniforme, les seins sont pendants malgré leur fermeté juvénile, sous le sein gauche apparaît un léger pli de la peau.
Lorsque les bras sont levés (fig. ioi), le buste est légèrement redressé ; par suite de la contraction du muscle deltoïde, les épaules sont plus hautes et d’une rondeur plus pleine ; on voit, partant de chaque épaule, les muscles grand-pectoraux à demi contractés, qui
s’abaissent sur le thorax en forme d’éventail, les seins, auxquels ces muscles servent de base remontent en même temps qu’eux et leur lace inférieure se prolonge sur le tronc par une ligne molle, sans
Fig. ioo. — Torse de jeune fille de quatorze ans, montrant l’influence de 1 abaissement des bras sur la morphologie de la partie supérieure du torse. (Photographie de O. Schmidt, Vienne.)
former de pli. Par suite de l’élévation des épaules le cou paraît plus court. Ainsi donc il suffit d’un mouvement des bras pour modifier complètement l’aspect des bras, du cou et de la poi-
trine.
BEAUTE DU MOUVEMENT
A propos de cet exemple, nous ferons d’abord cette remarque : lorsque les bras sont levés, la forme des seins est plus parfaite et leur beauté ressort mieux. En effet, dans l’exemple qui nous occupe, la tonicité naturelle de la peau jeune et élastique est encore
Fig. ioi. — - Torse de la même jeune fille, les bras levés.
augmentée par la tension et la contraction des muscles. Mais il en résulte une autre conséquence : dans les cas où l’élasticité de la peau est moindre, l’élévation des bras peut augmenter la beauté des formes de la poitrine.
En exprimant ce fait sous une forme générale nous obtenons le principe suivant : La contraction des muscles peut augmenter l'élas-
ticité de la peau qui les recouvre et suppléer à cette élasticité, lorsqu’elle lait défaut.
Nous aurons à revenir plus d’une fois sur ce principe important.
Si nous voulons maintenant nous représenter les effets que peuvent produire les muscles, nous avons à distinguer les diverses attitudes du corps au repos, et celles du corps à l’état de mouvement, et étudier dans les deux groupes les modifications subies par la forme du corps.
i. ATTITUDES DU CORPS AU REPOS
Avant de parler des différentes attitudes du corps au repos (station droite, position assise, couchée, etc.), il nous faut jeter un coup d’œil sur les modifications que le mouvement fait subir normalement à l'ensemble du tronc.
Extension du tronc.
Comme nous l’avons exposé plus haut en détail, le tronc repose sur la base immobile du bassin ; en avant, se trouve l’abdomen très extensible, sans soutien osseux; en arrière, la colonne vertébrale très mobile, susceptible de flexion et de rotation ; au-dessus, la cage élastique du thorax avec les bras très mobiles, la ceinture osseuse des épaules et le cou.
Les mouvements du tronc peuvent donc se ramener essentiellement aux suivants : déplacement de la cage thoracique, qui se rapproche du bassin, élévation et abaissement, inclinaison latérale et rotation du tronc ; enfin, déplacement des membres, dont l’un, le membre supérieur, s’adapte étroitement à laçage thoracique, tandis que l’autre, le membre inférieur, est séparé du bassin par une limite bien nette.
Les principaux groupes de muscles qui peuvent produire une extension du tronc, et par suite, une distension des parties molles qui recouvrent sa face antérieure, sont :
i . Les muscles grands dorsaux ;
BEAUTE BU MOUVEMENT