MODÈLES
Lorsque nous connaissons le modèle dont s’est servi Mme Paczka, nous ne pouvons qu’admirer le tact avec lequel elle a rehaussé les. qualités et dissimulé les défauts, sans s’écarter jamais d'une imitation fidèle de la nature.
La figure 167 est une copie exacte de l’œuvre de l’artiste, qui a été directement dessinée sur la plaque d aluminium.
L'attitude choisie rappelle celle de l 'Enfant cjui prie du musée de Berlin.
Mme Paczka ignorait que son modèle lut atteint de rachitisme : mais les signes extérieures auxquels nous reconnaissons cette maladie ont choqué son sens esthétique, et elle les a si bien atténués, qu’ils ne peuvent nuire à la bonne impression de l’ensemble.
Ce sont les membres inférieurs qui présentaient le plus de difficultés ; il s’agissait ici de dissimuler la forme légèrement cagneuse (jambes en X), le pied plat, l’épaisseur de la cheville, la déviation et le raccourcissement de la jambe.
La jambe gauche, en premier lieu, est un peu tournée en dehors, ce qui laisse moins facilement reconnaître le défaut de conformation.
A la jambe droite, où le genou est fléchi en dedans, la forme en X se trouve justifiée par l’attitude même et 11e fait donc pas l’impression d’un défaut.
Cette forte flexion de l’un des membres dissimule presque complètement le défaut du membre fléchi.
Fig. 167. — Jeune fille. D’après Cornelia Paczka.
Fig. 168. — Jeune fille vue de dos. D’après Cornelia Paczka.
A droite, c’est à l’aide d’un raccourcissement, h gauche, à l’aide d’une rotation que la déviation de la jambe proprement dite est dissimulée à l’œil de l’observateur, en même temps que le manque de longueur est corrigé.
Le pied gauche est suffisamment tourné en dehors pour empêcher le contrôle à l’aide de la ligne de Mikulicz, il ne l’est pas assez cependant pour que l’on puisse reconnaître le pied plat au peu d’élévation de la voûte plantaire.
Le mouvement du pied droit dissimule non moins complètement le même défaut.
Les chevilles ont été un peu relevées et amincies. Mme Paczka a donc fort heureusement résolu la difficulté, grâce au choix judicieux de l’attitude et à quelques légères corrections.
Le rapport de la tète à la hauteur totale est, dans l’œuvre d’art, comme 7 à 1 ; la tète est donc encore relativement plus grosse que celle du modèle.
Les plis des cuisses forment un angle obtus, et l’attitude est choisie de manière à ce que l’inclinaison du bassin soit plus lorte.
Le même mouvement porte en avant la région du bassin qui paraît plus étendue et où les muscles s’accusent davantage.
Au buste, on a reproduit exactement les seins et les muscles tels qu’ils sont configurés sur le modèle.
Tous ces moyens tendent au même but qui est de faire ressortir davantage le caractère féminin et la jeunesse du modèle.
L’œuvre de l’artiste nous présente une délicieuse jeune fille, qui glisse légèrement sur le sol, tendant les bras vers un avenir plein de charmantes promesses.
Dans la vue de dos (fig. 168) il était infiniment plus difficile de dissimuler les défauts en question : à la jambe droite, en partie cachée, le problème est résolu par la flexion du genou; a la jambe gauche, le défaut de conformation du genou, trop en dedans, est atténué par la position du bassin fortement incliné de gauche a droite. Cependant il est impossible de nier que le défaut n’a pu, par ce procédé, être complètement dissimulé.
L’aimable artiste voudra bien me pardonner de m’être servi de