‹ La Beauté de Paris et la LoiChapitre 21 sur 96 · Du 20 mai · texte numérisé non relu

Du 20 mai

tribueraient ainsi à l'embellissement de la ville. »

Dans son rapport sur les travaux de lasous-commission du Comité d'esthétique (1), M. Boileau rappelle en ces termes l’origine du nouveau décret : « Les artisteset les hommes de goût se plaignaient du peu de variété des maisons élevées dansles voies nouvelles et de leur insignifiance décorative. Quelques-uns denos honorables conseillers municipaux, chargés d'enquêtes à l'étranger, avaient été frappés de certains aspects pittoresques des habitations à Bruxelles, à Londres, à Vienne, dans quelques villes allemandes et ils avaient, à leur retour, réclamé que des libertés analogues à celles dont jouissaient les constructeurs étrangers fussent permises aux constructeurs parisiens. »

Le décret de 1902 est donc né d’un besoin de réaction contre les limites étroites imposées jusque-là aux architectes ; son objet était, en émancipant l'architecture, de déterminer une sorte de renouvellement de la capitale (2).

1. Documents relatifs à la session des décrets de 1882 el 1884 réunis par M. Jourdan, p.154.

2.Il est également juste de reconnaître que l'élaboration dudit décret fut entourée des plus grandes garanties et donna lieu à une étude aussi longue qu'approfondie. M. Bonnier dans son rapport déjà cilé rappelle ainsi les différentes phases de l'élaboration de la réglementation nouvelle

« Le travail a commencé le 13 juin 1896 par la nomination d'une commussion administrative dans laquelle figuraient MM. Bassinet et

Ro rres

« En renonçant aux formules toutes faites dans lesquelles s’enfermait l’art de bâtir, en rendant la hauteur des bâtiments strictement proportionnelle à la largeur des chaussées, on permettait une foule

Sauton, conseillers municipaux, Vaudremer, membre de l’Institut, et les délégués des sociétés d'architectes, laquelle tint quarante-six séan- : ces et élabora un projet.

« Ce projet fut étudié, discuté et modifié par une sous-commission du Comité technique de la Préfecture de la Seine au cours de vingttrois séances, après comparaison avec les réglementations étrangères à la suite d’une enquête faite par M. Louis Bonnier dans les grandes villes d'Europe, sous la présidence de Charles Garnier, membre de l'Institut et avec la collaboration de MM. Bourdais, Doniol, membre de l’Institut, Daumet, membre de l’Institut, Pascal, membre de l’Institut, Émile Trélat, Boileau, Lisch, inspecteur général des monuments historiques, etc.

« Le rapport de cette commission, dû à M. Boileau, fut soumis le 27, juillet 1897 à l'examen du Comité technique qui l’adopta.

« Le nouveau projet fut présenté au Conseil municipal par mémoire préfectoral du 20 octobre 1899.

« M. Adolphe Chérioux le rapporta, au nom de la troisième Commission, le 20 décembre 1899.

« Le Conseil municipal l’adopta le 28 décembre 1899 et il fut transmis au ministère de l'Intérieur le 18 janvier 1900. j

« Le 23 août 1900, le projet fut retourné par le ministère de l'Intérieur, modifié en treize séances par le Conseil général des bâtiments civils, où figuraient MM. Guadet, rapporteur, inspecteur général ; Pascal, membre de l’Institut, inspecteur général; Boeswillwald, inspecteur général ; Moyaux, membre de l’Institut, inspecteur général, etc., etc...

« Les modifications indiquées par ce Conseil furent examinées par l'Administration municipale et soumises au Conseil municipal par mémoire du 28 juin 1901.

« Le Conseil municipal émit un avis favorable au projet, ainsi remanié, dans sa séance du 12 juillet 1901. Le projet fut transmis le 31 août au ministère de l'Intérieur qui en saisit le Conseil d'État. La section

CROSS de dispositifs différents. L'architecte pouvait surélever le sous-sol, fixer à son gré les dimensions des étages, introduire la plus grande variété dans l'aspect de la façade et le plan de l’habitation.

«... La nécessité s’imposait en outre de donner aux combles comme aux façades elles-mêmes une plus grände variété de lignes et de profils. Le toit incliné à 45° que l’on trouve encore sur la plupart des immeubles, le toit en arc de cercle devenu réolementaire depuis 1884, ne présentaient au faîte qu’un plateau monotone formant pour ainsi dire le couverèle de la boîte en maçonnerie qui constituait la maison. Désormais la voirie permettait de prolonger en hauteur l’arc de cercle du comble par un toit incliné à 45°. Dans cette zone nouvelle qui lui était concédée, l'architecte pouvait exécuter un haut couronnement monumental sous la forme qu'il préférait. Un champ indéfini était ouvert à son esprit d'invention (1). »

de l’Intérieur fut chargée de l’examineret, après une discussion approfondie en plusieurs séances au cours de laquelle l'Administration municipale fut représentée par M. Louis Bonnier, désigné comme commissaire du Gouvernement, la rédaction du décret fut soumise aux délibérations de l'assemblée générale du Conseil d'État qui y consacra ses séances des 12, 19 et 26 juin et 9 juillet 1902. M. le Préfet de police, consulté par le ministre de l'Intérieur, avait émis son avis le 21 mars 1902, »

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