‹ La Beauté de Paris et la LoiChapitre 23 sur 96 · Art. 24. 2. Op. cit · texte numérisé non relu

Art. 24. 2. Op. cit

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réprobation pour l’enlaidissement de la voie publique. Il cherche à adapter sa maison aux convenances de tous les hôtes de passage qui y séjourneront quelques mois ou quelques semaines. Il choisit un modèle banal, il s’adresse non pas à un artiste, mais à un homme d’affaires, pour qu’il trouve sur un terrain le maximum d’espace logeable et garantisse par avance l'intérêt du capital. L'architecture privée échappe de plus en plus à l’architecte. »

Le mal est du reste ancien. Dès 1897 un esprit clairvoyant le signalait déjà : « L'architecte a complètement changé de caractère ; autrefois c'était un constructeur et un artiste, aujourd’hui c’est avant tout un homme d’affaires ; or la capacité de l’homme d’affaires ne s’acquiert pas, c’est une qualité innée ; quand on l’a et que l’on a des relations, on a des travaux, ou, plutôt comme on dit à présent, « des affaires » ; car les deux mots se sont substitués l’un à l’autre en même temps que les choses elles-mêmes.

«En réalité la plupart du temps aujourd’hui l’architecte ne fait que procurer l’affaire, et c’est l’entrepreneur qui se charge de tout le travail. Il n’est pas étonnant que cette organisation purement commerciale ne puisse donner lieu à aucune recherche artistique et c’est aussi pour cela que l’on voit tant de maisons identiques ; elles ont été construites

RER Le PU par le même architecte ou par des architectes différents, mais par le même entrepreneur (1). »

« Paris se noie dans la banalité (2). »

Visant au plus pratique, les propriétaires sesont fort souvent abstenus de faire les décorations dont auraient dû s'accompagner les saillies désormais permises et d’orner les toitures. Leurs bow-windows affectent des formes cubiques ou boudinées, désespérément nues et monotones : leurs combles s'élèvent suivant la même ligne type donnée par le décret de 1902. Ces immeubles ne sont pas moins casernes que les immeubles édifiés sous l'empire des décrets de 1859 et 1884 ; ils ont seulement en moins la symétrie, la simplicité, la tenue ; ils ont en plus la lourdeur et la difformité.

Et si Les architectes ont voulu concilier les exigences utilitaires avec le souci de la décoration, ils ont encore aggravé le mal. L'on est frappé en effet du mauvais goût qui inspire les compositions décoratives dont sont affligées la plupart de nos façades neuves. Il y a là une profusion de fleurs et de figures vaguement allégoriques, un fouillis

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