CHAPITRE I
Les se-vitudes d'architecture (généralités)
Un édifice où l'on ne verrait ni ordre, ni symétrie, ni proportion paraîtrait l’œuvre du hasard, ce qui veut dire d’une puissance inintelligente et aveugle. Or, l'homme par cela même qu’il est le seul étre intelligent de la création désire manifester son intelligence dans ses ouvrages. Pour cela il les fait en quelque sorte semblables à luimême, en leur imprimant le caractère de son esprit qui est la logique et le caractère de son corps
qui est la proportion.
CH. BLanc.
Il est, à Paris, un grand nombre d’ensembles d'architecture décorative soumis à des servitudes interdisant toute modification de leur aspect. Grâce à ces servitudes rigoureuses la capitale à conservé, dans certaines de ses parties, une régularité de lignes, une unité de style, une justesse
de proportions auxquelles elle doit sa beauté propre, sa beauté classique, faite à la fois de grandeur, de mesure et d'élégance.
« Certaines des servitudes qui règlent l’ordonnance et la hauteur des immeubles en bordure remontent à Henri IV. Depuis Henri IV tous les rois et les divers gouvernements qui s'étaient succédé en France respectèrent les servitudes de ce genre et en imposèrent de nouvelles aux voies ou aux places qu'ils ouvraient. Sur ce seul point, la Royauté de l'Ancien Régime, la Révolution, la Restauration, le Gouvernement de Juillet et les deux Empires agirent avec une parfaite communauté de vues. »
« Les places et les rues qui s’en trouvent grevées sont, pour la plupart, voisines de la grande artère centrale qui traverse Paris de la Place des Vosges à la Place Dauphine, allée majestueuse bordant les grands parcs, où se succèdent les styles des trois derniers siècles, où se retrouvent les idées maîtresses des grands plans édilitaires qui ont transformé Paris. Dès le xvn° siècle, la circulation parisienne suivait la rue Saint-Antoine, la rue du Roi-de-Sicile, la rue des Lombards ou les quais de la rive droite. La grande transversale moderne ne s’est pas écartée sensiblement de cette ancienne direction. C’est sur son tracé même ou sur ses abords qu'ont été exécutés les principaux