Journal officiel, 9 juillet 1909, p
2. « La création de cette Commission (d'esthétique) me paraîtrait d'autant plus opportune dans les circonstances actuelles que la discussion sur les grands travaux de Paris s’ouvrira dès le début de la session prochaine. Je voudrais que cette Commission fut appelée non seulement à donner son avis sur les servitudes à imposer aux riverains toutes les fois qu’on ouvrirait une voie nouvelle, mais qu’elle reçut la mission de préparer un programme, un plan raisonné et méthodique de l'embellissement de la capitale, » (Conseil municipal, séance du 9 juin 1909.)
vue esthétique qu'au point de vue technique sur les projets de loute nature soumis à son examen par le préfet ».
Cette « Commission d'esthétique » fut composée des mêmes membres qui avaient fait partie de la Commission technique constituée par arrêté préfectoral du 31 août 1896 et chargée de collaborer à la confection du décret de 1902. Quelques conseillers municipaux y furent adjoints et quelques fonctionnaires avec voix consultative.
Qu’ont donné ces commissions ? Ce que donnent toutes commissions, rien (1).Ces organes supplémentaires ont pu déposer des rapports, donner des avis, émettre des vœux. Un point .c’est tout.
Le fonctionnement de ces rouages nouveaux ne
1. « Undes toursles plus ingénieux, écrit M. Hallays dans le Journal des Débats, que les gouvernants aient imaginé pour mystifier le public, c'est de créer « de grandes commissions » chargées d'étudier les questions, cela dispense de les résoudre et de préparer des règlements nouveaux, cela dispense de les édicter,cela dispense même d'appliquer ceux qui existent. Grâce à ce stratagème, on se donne l’air de contenter l'opinion. La commission se constitue lentement, délibère plus lentement encore, on publie sans hâte un volumineux rapport sur ses travaux ; alors le mal auquel on a prétendu remédier est devenu irréparable. Pour empêcher que la commission ne montre un zèle intempestif, on fait d’ailleurs en sorte que les fonctionnaires y soient toujours en mäajorité, Enfin si, malgré cette précaution, quelques commissaires s’avisent de prendre leur besogne au sérieux, le ministre a la res-
source de ne plus convoquer la commission. »
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pouvait donner d'heureux résultats que dans la mesure où s’associeraient à leur travail les autorités qui les avaient créés, et qui n'étaient en aucune façon liées par leurs délibérations.
Leurs attributions sont d’ailleurs des plus vagues et elles-mêmes sont toutes dans la main des autorités mêmes sur lesquelles il serait bon qu’elles agissent (1). Satisfactions de pure apparence qu’on accorde à l’impatience des récriminateurs et qui n'engagent à rien (2).
S'agit-il en effet de servitudes à faire respecter, les commissions n’ont nulle qualité pour s’opposer aux infractions éventuelles ni pour traduire les délinquants devant les tribunaux civils. Le préfet demeure seul qualifié à intervenir etles vœux de la Commission d'esthétique n’ont même point l'effet d’une mise en demeure. S'agit-il de prévenir les déprédations que constitue pour la beauté de la capitale chaque construction nouvelle, les commissions ne sont pas moins liées que les pouvoirs publics eux-mêmes par les dispositions du décret de
Ce n’est donc point de l'institution de commissions vagues dans leur objet et impuissantes par
1. C’est ainsi que la Commission d’esthétique émet des avis... sur les projets « soumis à son examen par le préfet ».
2, Ainsi l’on jelle un os aux chiens qui aboicnt,
nature que nous attendons le remède à la situation présente.
- Parlerons-nous de cette institution antérieure au décret de 1902 et qui, à en juger par son nom, devait, d’une manière officieuse, en corriger les funestes effets : du concours des façades ?
L'idée de cette institution revient au Conseil municipal (1). Elle fut réalisée par l'arrêté préfectoral du ? février 1898 (2).
Aux termes de cet arrêté, il est ouvert un concours annuel entre les architectes et les propriéaires des maisons construites pendant l'année dans Paris (Art. ?).
Les propriétaires des six maisons primées seront exemptés de la moitié des droits de voirie afférents auxdiles constructions (Art. 3).
Une médaille d’or sera décernée à l'architecte de chacune des maisons primées el une médaille de bronze à l'entrepreneur desdites maisons (Art. 4).
Le jury chargé de juger les concours et modi-