Bidaux. Thèse précitée, p
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Il semble qu'il y ait là une contradiction au principe suivant lequel les servitudes administratives ne sauraient donner lieu à indemnité; mais ce principe ne peut s'appliquer que lorsque l’administration tire son pouvoir d’édicter des servitudes de la loi, la loi seule, dans notre droit, pouvant apporter des restrictions à la propriété et à la liberté individuelles. Mais, outre que nous ne craignons pas de bouleverser les notions jusqu'ici trop en cours, en notre matière, de propriété et de liberté individuelles, nous entendons bien que le pouvoir de restriction que nous proposons de confier à l'administration lui soit reconnu par une loi.
Ainsi les constructions à venir seront contrôlées sous le rapport esthétique et dans la décision de l'autorité chargée de statuer à cet égard, il sera tenu compte, non seulement des qualités esthétiques de l’immeuble en lui-même, mais encore du cadre dans lequel 1l est appelé à prendre place, de l’ambiance générale, de l'ancienneté ou de la nouveauté du quartier, du caractère des constructions contiguës, du style de la rue. L’immeuble doit-il s'élever aux abords d’un monument publie, il sera tenu la main à ce qu'il ne lui porte pas défi par ses dimensions exagérées ou sa décoration outrecuidante (1).
1. M. André Hallays a donné sur ce point une excellente formule :
& Que les architectes mettent en harmonie leurs constructions avec les
La variété des aspects de la capitale est telle qu'il serait malaisé et maladroit d'édicter, sous réserve de ce que nous avons dit des voies constiluant un ensemble architectural, une réglementation générale.
« Il faut renoncer à cette idée absurde que l’on peut imposer un même réglement d'architecture à toutes Les rues d’une immense capitale, âgée de tant de siècles et où chaque quartier présente un
édifices du passé, C'est, je le reconnais, un problème délicat, je ne suis point l'ami des pastiches et je n'admire pas du tout les Nurembergeois qui s'interdisent toute façade moderne et s'imposent de ne jamais bâtir de maisons qui ne soient du style de la Renaissance. Cela sent l’artifice et le décor de théâtre. C’est un sentimentalisme archéologique assez niais. Mais je n’admire pas non plus les Rouennais qui,devant la façade de leur cathédrale, ont élevé une bâtisse du plus pur modernstyle. Il semble que dans le voisinage d'un beau monument d’autrefois, les architectes devraient s'inspirer du style de ce monument, de telle façon que leur œuvre portât la marque de leur temps, sans néanmoins, par un contraste trop violent,nuire à la beauté du vieil édifice. Sans copier des formes anciennes, on peut néanmoins respecter la tradition. Cette maxime devenue banale, quand il s’agit d’un tableau ou d'une statue, est aussi vraie et mériterait de devenir aussi banale,en ce qui touche le décor d'une ville (Conférence sur l'esthétique des villes. Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse ; septembre 1903):
L'article 23 de la loi italienne du 12 juin 1902 sur la protection el la conservation des monuments a posé la règle suivante :
« Dans les communes dans lesquelles il existe des monuments assujettis aux dispositions de la présente loi, il pourra étre prescrit, pour le cas de constructions nouvelles, de reconstructions ou d'élévations d'édifices, l'observation de distances ou les mesures nécessaires, afin que les nouveaux ouvrages ne nuisent pas à la perspective ou à la lumière réclamée par la nalure des monuments eux-mémes... »
caractère propre et une physionomie particulière. La hauteur des maisons et l’aspect des façades ne peuvent nine doivent être les mêmes dans les quartiers vieux et dans les quartiers neufs, dans les quartiers de luxe et dans les quartiers populaires. I faut ici laisser une certaine liberté aux architectes et ailleurs la leur refuser. Il faut surtout éviter que les constructions privées ne nuisent à la beauté des constructions publiques (1). »
« Dans une ville aussi complexe que Paris, écrit encore M. Paul Léon (2), il est indispensable d'adopter un règlement qui distingue des zones de bâtiments et discerne les conditions d'aspect et d'habitation les meilleures pour les quartiers d’affaire ou de luxe, de petite bourgeoisie ou de travail industriel. C’est ainsi qu'à Amsterdam, à Copenhague, à Vienne, à Berlin, dans la plupart des villes d'Europe, les municipalités différencient la hauteur des maisons, Je nombre des étages, la proportion de la surface bâtie, les conditionsmêmes de la construction. » ;
Nous ne proposons pas pour Paris autant de règlements qu'il y aura de zones de bâtiment à déterminer. Ces classifications seraient arbi-
traires et peut-être même impossibles à raison de :