‹ La Beauté de Paris et la LoiChapitre 64 sur 96 · F. Bailly · texte numérisé non relu

F. Bailly

1° Construire des quartiers neufs dans la périphérie ;

2% Conserver intacts tous les anciens quartiers dans le centre ;

3° Surtout ne pas mêler le style contemporain au style d'autrefois ;

4 Et plus encore vénérer les sceaux des époques antérieures, laissés sur le territoire de la ville par les élites qui la firent riche, superbe, attirante.

Au fond et pour nous résumer nous ne réclamons pas autre chose que ceci: qu'on prenne au sérieux, qu'on applique l’article 4 du décret du 26 mars 1852 modifié par l’article 118 de la loi de finance du 13 juillet 1911 et qu’un seul mot compléterait heureusement, article qui consacre pour l’administration la faculté d’enjoindre aux constructeurs des prescriptions non plus seulement en vue de la sûreté publique et de la salubrité mais encore en vue de la conservation des perspectives monumentales, [des aspects (1)] et des sites, sauf recours au Conseil d'État, quitte à préciser et à développer éventuellement l'acceptation de ces:

1, Le mot site ne désigne que les paysages, Mais. la protection des aspects rentre au même titre dans l'esprit du texte de loi. Nous sug-" gérons non un principe nouveau, mais une simple retouche, un perfectionnement, Notre article ainsi complété, serait alors susceptible des applications les plus larges et les plus efficaces,

mots dans le sens indiqué au cours des pages qui précèdent.

Réponse aux objections S 1

Mais j'entends l’objection : Vous nous jetez dans l'arbitraire. Comment! l’on va maintenant statuer administrativement en matière d’esthétique, décréter des types de beauté architecturale, brider linitiative,canaliser l’imagination des architectes, bien plus, trancher et rogner dans leurs plans à plaisir, leur imposer retouches, suppressions et additions. Mais au nom de quel dogme, vraiment! Si l’on peut dire d’une maison et à coup sûr qu’elle est salubre et solide, est-il possible d’affirmer qu’elle soit belle ou laide. Telle qui plaira à l’un choquera l’autre. Question d'opinion (1)!

Idée absurde, prétention sans pareille que de vouloir imposer une règle de beauté! Y a-t-il seulement un beau et peut-on disputer des goûts ?

1.« Quant aux enlaidissements,c’est une opinion. C’est une profonde erreur que de croire qu'on fait de la bonne ou de la mauvaise architecture à coups de règlements. L'administration n'a jamais songé à édicter un code d'architecture, pas; plus que de peinture, de sculpture ou de musique ? Quel administrateur oserait s’ériger en arbitre du bon goût, du seul bon goût, en dehors duquel il n’y aurait point

de salut. » (Bonnier. Rapport précité).

Je ne conteste point que les questions d’esthétique soient plus délicates que les questions d’hygiène, mais de ce que ses lois soient plus difficiles à démèéler,est-on fondé à déduire qu'il n’en existe point et qu'il n’y a par conséquent point lieu d’en exiger l'observation. Nul n’a jamais entrepris de rédiger un code de la beauté et la beauté ellemême est toujours demeurée chose indéfinissable. Cependant qu’elle erreur c’est que d'appliquer aux arts cetadage : Onne peut disputer des goûls, erreur funeste qui consacre l’anarchie dansle domaine de l'esprit et contre laquelle on ne s’élévera jamais assez.

Non la beauté ne relève point de la subjectivité. « Autrement quel déchéance ! quel abaissement ! Soumise à toutes les variations du jour et de l'heure, cette beauté qui contient l’idée immortelle, qui revêt le divin, deviendrait le pur jouet de nos sensations mobiles.Celui quil’aadmirée aujourd’huila répudierait demain et, chacun de nous pouvant la juger suivant son impression personnelle, on la verrait plus changeante que la fantaisie est moins durable que la mode. Un seul homme aurait le droit de proclamer beau ce que le genre humain trouverait laid (1) ».

Non la beauté n’est point affaire d'opinion, de

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