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LA LOGETTE DU BOURREAU

brugelincs. Peut-être retrouverait-on maintes d'entre elles sur le mémorable plan où, avec un scrupule de bénédictin, le digne peintre Marc Gheraérts s'appliqua à délinéer en un minuscule fouillis de petits pignons tassés, emboîtés, enchevêtrés, toutes les habitations de la ville, vénérable monument à la fois d'archéologie et de patiente élaboration, toujours visible à l'Hôtel de ville.

C'est encore le long d'un canal que s'alignent les longues façades latérales de l'hospice Saint-Jean : avec leurs faites aigus, leurs hautes baies ogivales s'eflîlant jusqu'à la corniche et

l'emmêlement des multiples édicules greffés sur leurs râpeuses maçonneries, elles figurent notoirement une vaste châsse sculptée en reliefs et surchargée de joailleries. La vue d'abord se brouille en une confusion d'angles rentrants et sortants, de cabinets en saillie sur l'eau ou ancrés par des contreforts aux boues du fond, de toits brusquement inclinés sur des murs immergés, de rampes se perdant dans le vide, sans qu'on sache à quels mystérieux escaliers elles peuvent servir. Et, plongeant dans la reculée le mouvement et le caprice de ces jolies verrues de pierre accrochées au sévère édifice, se profile la silhouette trapue des autres dépendances de l'hôpital.

Ailleurs, proche du canal du Miroir, sur celte place où la statue de Jean Van Eyck éternise le génie de l'art flamand, un pignon flanqué d'un avant-corps évidé à la base en portique et qui lui-même s'accote à une svelte cage découpée en fines nervures, forme un gracieux décor polychromé d'or et de couleurs vives, avec des dentelles de balcon, des fenestrures de galerie, toute une ciselure délicatement fouillée d'orfèvrerie à laquelle la restauration

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