‹ La BelgiqueChapitre 128 sur 187 · VUE EXTÉRIEURE D'UN LAMINOIR A COIÏLLET · texte numérisé non relu

VUE EXTÉRIEURE D'UN LAMINOIR A COIÏLLET

monstrueuses genèses primordiales, enfanta jamais de plus démesuré, qui exerce l'impérative royauté et commande à un peuple de travailleurs soumis.

L'homme, notre frère, à peine grand en tout comme la moindre des vertèbres qui composent son énorme ossature, apparaît ainsi qu'un serf préposé à sa garde et à son entretien, mais perpétuellement en défiance des mortelles ruses qu'imagine sa perversité, pour se venger de ne pouvoir excéder les limites où s'emprisonne sa grandeur et se répandre comme un météore enflammé, à travers la race maudite qui la modère et la gouverne en des orbes intransgressibles. Si omnipotent qu'il soit, il semble soupçonner, ce vrai roi des usines, que, sous les apparences qui mettent la force de son côté et ne laissent à son serviteur que la faiblesse et l'orgueil, il obéit à l'impulsion partie de cette obscure volonté souveraine, comme un despote lié par d'infrangibles lois et qui ne peut évoluer que dans un cercle borné par le « Tu n'iras pas plus loin » de ses sujets. Aussi, tandis qu'il accomplit ses manœuvres géantes et qu'il emplit l'air de ses meuglements irrités, sa soumission sournoise rêve-t-ellc, en d'abominables songeries de représailles, d'exterminer les pygmées qui l'entourent ; et tantôt il les happe au passage, les saisit par un pan de leur vêtement et les broie entre ses crocs, pour les rejeter ensuite à l'état de bouillie sanglante ; tantôt il essaye résolument de rompre ses

attaches et, comme un Samson révolté ébranlant les colonnes du temple, fait voler ses chaudières en éclats, multipliant alors partout le massacre et la ruine.

Il suffît de pénétrer dans un des vastes laminoirs qui par centaines, à Couillet, à Marchiennes, à Châtelet, à Monceau-sur-Sam bre, font trembler le sol sous le fonctionnement de leurs outillages, pour comprendre combien aisément vient à l'esprit, devant les apparences animées de ces créations de la mécanique, si mathématiquement matérielles et pourtant si inexprimablement pénétrées de vie latente, l'idée d'une spiritualité consciente, agissant en raison de ses lois propres et sans l'aide d'agents extérieurs.

Gomme les membres du corps humain, chacun des infinis rouages de ces vastes organismes semble travailler pour son compte, avec des mouvements précipités ou alentis, en apparence révélateurs d'une volonté définie, ici en de courtes ellipses, là en des girations violentes et toujours en des va-et-vient de leviers, de pistons, de bielles, de volants, de courroies de transmission, tout un jeu d'articulations se mouvant à ras du sol ou évoluant dans l'espace, les unes presque ténébreusement, comme des âmes cauteleuses et rampantes nourrissant de noirs desseins, les autres retentissantes et orgueilleuses comme des âmes de héros déployées dans la lumière.

Impossible de s'arracher à un sentiment de secrète horreur devant les gesticulations sourdes ou exaspérées, les démènements accélérés ou contenus, les reptations et les bonds de bête déchaînée qui communiquent à ces grands corps de fer — mammouths, ichtyosaures et iguanodons de la moderne genèse industrielle — les mouvements et les pulsations de l'être vivant, avec des spasmes qui semblent partis des entrailles, une anhélation qui est comme le souffle et la respiration d'un gosier exténué, des sifflements et des raies qu'on croirait arrachés par le mal profond d'une blessure aux tourments d'une agonie.

Gomme de la cervelle bouillonnante aux parois d'un crâne frappé de folie furieuse, la vapeur s'agite et soulève ses vagues dans le flanc des chaudières, sortes de centres nerveux d'où partent, en se ramifiant à travers mille conduits, les afflux de la vie qui donnent à toute la machine le branle et l'élan ; et aux jets ardents de cette sève propulsée en tous sens, les ressorts se détendent, les chaînes se rompent, les rouages manœuvrent, l'énorme colosse délie ses bras, remue son torse, se tord en ondulations sur son lit de travail et de douleur.

Malheur à celui qui s'approcherait trop près des griffes du monstre ! Il serait bientôt happé, lacéré, dévoré bien mieux que par des mâchoires de tigre ou de crocodile. Et ces griffes, il les étend partout, patelin, débonnaire, insidieux, multipliant les sortilèges et les vertiges pour mieux capter la confiance, étourdir l'esprit et dérouter l'attention, ici s'allongeant avec des mouvements lents et presque imperceptibles, là tournant sur lui-même comme une toupie doucement ronflante, ailleurs agitant des volants pareils à des éventails d'ouragan, — vrai Protée de scélératesse sournoise et de meurtrière perfidie, dérobant sous la multiplicité et la bénignité des métamorphoses la formidable puissance de désagrégation que lui a départie la science et qui, réfrénée, contenue, soumise à des lois infrangibles — cette terrible puissance capable de tout exterminer si on l'abandonnait à elle-même, — tourne pacifiquement à la gloire et au profit de l'œuvre industrielle.

Pour ma part, chaque fois que je suis descendu dans la redoutable cage où se meut l'énorme brute, j'ai eu présente à la pensée l'étrange et terrifiante histoire de cet horloger de Nuremberg, possesseur d'un « goulen », être chimérique sorti des terreurs du moyen âge et créé à l'image des esprits infernaux, périlleux compagnon qu'il fallait charger de chaînes dans le secret de la maison sous peine de le voir se répandre au dehors comme une trombe qu'aucune force humaine ne pouvait plus contenir. Or, l'horloger, maître de ce monstre, étant un jour à travailler tranquillement dans sa boutique, une grande clameur s'éleva tout à coup

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dans la rue et il vit affluer vers lui une multitude effarée et pâle qui criait : « Le goulen est détaché ! Il court et bondit à travers la ville, semant le carnage et la destruction sur son passage ! » Et, s'étant rendu à l'endroit où l'horrifique bête était naguère attachée, il comprit qu'elle avait en effet brisé ses liens et qu'à moins d'un miracle du ciel, lui-môme et tous les habitants de la cité deviendraient bientôt sa proie.

Les centres industriels. — Couillet. — Mariemont. — Sainte-Mario d'Oignies. — Initiatives on vue d'améliorer la condition de l'ouvrier. — Défrichement des esprits. — Retour aux réalités do la contrée. — Aspect du pays aux alentours de Charleroi. — Le royaume du Feu. — Le Manschesler belge.

De Marchiennes à Monceau et de Couillet à Sainte-Marie d'Oignies, l'air s'embrase d'une réverbération de fournaise, à travers d'épaisses fumées qui font penser à une prodigieuse canonnade lançant sans relâche ses volées. Tout le panorama est coupé de hautes cheminées, pareilles à de grands arbres sans branches qui se dresseraient par-dessus un paysage de briques. De proche en proche se succèdent les laminoirs, les fours à chaux, les liants fourneaux, les verreries, les charbonnages, formant quelquefois, comme à Couillet, à Monceau, à Sainte-Marie d'Oignies et à Mariemont, des agglomérations régies par une seule administration et vastes comme de petites villes.

Ce sont des villes, en effet, ayant leurs rues, leurs canaux, leurs chemins de fer, leur organisation intérieure, un fonctionnement de rouages propres qui leur donnent un caractère d'autonomie et une physionomie variant de l'une à l'autre. En 1836 la société de Marcinelle et Couillet inaugurait le premier groupe de ses habitations ouvrières, et petit à petit d'autres initiatives naissaient, fondations d'écoles gardiennes et primaires, de dessin, d'apprentissage, de notions ménagères, création d'une société de musique, institution d'une caisse de secours et de retraite, etc. Ailleurs, sous l'impulsion d'un philanthrope éminent, M. Abel Warocqué, la populeuse cité de Mariemont en peu de temps atteignait à une plénitude de vitalité économique. A Sainte-Marie d'Oignies, des liens d'étroite solidarité unissent un peuple de près de seize cents employés et ouvriers qui, outre ses écoles, possède un magasin de denrées alimentaires, des fourneaux économiques, des caisses de secours et d'épargne, un outillage social déjà étendu. Et ces centres d'activité modèles ne sont pas les seuls : à des degrés moindres, d'autres établissements réalisent cette image d'une petite société autochtone, se développant selon un idéal d'amélioration morale et gravissant progressivement l'échelle qui des troubles bas-fonds où croupissent les plèbes monte aux régions d'une humanité plus sensible et plus fine. Ajoutez à cela les œuvres socialistes et chrétiennes : leur inlluence tend à sensibiliser les esprits et à polir l'écorce de l'être farouche endurci par la nature de son travail.

Le personnel des grands établissements, l'élite des ingénieurs qui s'y emploient ne demeure pas en dehors de ces graves préoccupations. On les voit s'appliquer à descendre au niveau des humbles intelligences pour mieux les élever, et, comme cette lampe du charbonnier qui aux ténèbres des mines irradie un simulacre de jour, agiter la torche de la science pour en faire tomber jusqu'à elles des étincelles. Je ne sais comment les choses se passent dans les autres pays de grand travail, mais j'ose dire qu'en ce milieu wallon où sans trêve les esprits,

comme des leviers, soulèvent les plus difficiles problèmes, l'affranchissement intellectuel et moral de l'ouvrier — cet autre problème qui, pour nos démocraties éprises de solutions pratiques, demeure un continuel point d'interrogation — s'opère graduellement, grâce à l'universelle émulation d'un faisceau d'intelligences éclairantes, se dévouant au défrichement et à l'ensemencement des terres incultes de la pensée. Quelquefois c'est l'ouvrier lui-même qui

puits d'extraction a mariemont.

donne la bonne leçon et devient le frère secourable préposé aux initiatives fructueuses; dans certains centres surtout, il n'est pas rare de trouver des hommes sortis de la génération nouvelle et qui, d'une application sans trêve, prélevant sur leurs veilles de studieux loisirs, se sont formés à la science et à la parole. C'est merveille de voir fructifier l'enseignement de ces maîtres improvisés : chaque année, les semailles lèvent plus pressées dans les déserts où leur charrue a passé; à en juger par les rendements déjà obtenus, il n'est pas impossible d'espérer, dans un temps point trop lointain, le déblaiement radical de toutes les résistances hostiles qui sont

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comme les ronces de l'esprit et entravent encore la grande œuvre civilisatrice à laquelle se sont voués ces colons.

Et non seulement on cherche à remuer par la herse et le soc ces broussailleuses jachères, mais on s'efforce de relever à ses propres yeux la condition morale et matérielle du prolétaire. A Sainte-Marie d'Oignies, le léger lover (pie paye l'ouvrier pour sa maison tinit par lui assurer la possession d'un immeuble qui, si modique qu'il soit, le grandit vis-à-vis de lui-même et lui donne dans la vie quelque chose de la gravité et do l'assurance d'un petit seigneur vivant dans ses terres. Le tout-puissant instinct de la propriété l'attache d'un lien solide à l'exploitation de laquelle il tient sa personnalité sociale, comme dans un moulin l'arbre s'attache à la roue qu'il fait manœuvrer.

A Mariemont, où fonctionne le même principe, on m'a montré des installations ouvrières. Généralement elles se composent de quatre pièces, deux au rez-de-chaussée et deux à l'étage, avec un jardin et suffisant à la subsistance d'un petit ménage. Ils étaient là quelquefois cinq ou six, naturellement un peu à l'étroit, mais dans des locaux sains où l'échaudage renouvelé des murs entretient une saine odeur fraîche ; et un commencement d'aisance, un air de vie bien ordonnée, l'application des idées d'épargne communiquaient à ces intérieurs une apparence de calme et de sécurité qui contrastait avec la mauvaise tenue des maisons boraines. Je ne suis pas bien sûr que les admirables outillages et la colossale structure des charpentes du puits d'extraction qui font de Mariemont l'un des plus beaux charbonnages de la Belgique m'aient plus vivement impressionné que cette victoire remportée sur les tentations du cabaret.

On se tromperait cependant si l'on entrevoyait toute celle populeuse contrée à travers la lénifiante perspective de quelques villages privilégiés en qui des sollicitudes zélées ont fini par amollir la native rudesse des mœurs. Partout où celle action secourable ne s'est pas encore exercée, perce le tuf rocailleux qui au premier abord déconcerte la sympathie. En maint endroit, l'àpreté de la vie, l'accablement du travail, la fréquentation de l'usine ont composé à l'ouvrier une surface d'humanité rugueuse. Les ménages y vivotent précairement dans la négligence et le désordre, ballottés en de perpétuelles conjonctures de misère, sans celte précieuse boussole des notions morales qui, aux centres d'activité intellectuelle, ramène les égarés au devoir ou tout au moins contient les envies de dissipation.

Presque tous les traits de la sombre peinture du Borinage s'appliquent à ce pays dévasté par l'industrie. Modernes prométhées qui, plus heureux que leur glorieux et misérable devancier, ne sont plus précipités des hauteurs du ciel, mais accomplissent pacifiquement leur œuvre sous les yeux des divinités réconciliées, les Hommes du feu, rouges violenteurs des lois naturelles, y accomplissent de mystérieuses alchimies dans un prodigieux et violent décor où persiste l'image de l'immémorial chaos. Hérissée de monts difformes, gibbosités accrochées à l'échiné du sol, déchirée de profondes solfatares, disloquée et pantelante comme sous les coups réitérés de la foudre, et partout couturée de cicatrices, ainsi qu'un grand corps blessé, la terre ici revêt des apparences chimériques, dans la mort et l'effacement des réalités coutumières. Devant les flamboyants cratères des fours à puddler, on se prend à rêver aux haleines incendiées de quelque forge activée par Borée lui-même et toute retentissante des tonnerres dont Vulcain et ses hordes martelaient leurs souterraines enclumes. Les fuligineuses fumées tordues en spirales à l'horizon se transmuent en un vol de guerrières walkures chevauchant des cavales noires comme l'Erèbe, dans la profondeur du ciel. Et les énormes halles embrasées aux fenêtres desquelles rougeoie en brusques fulgurations la réverbération des lingotières bouillonnantes, finissent par évoquer ces mythologiques palais du feu dévolus aux

artisans des élaboralions volcaniques et qui, sur des fonds declairs, se peuplaient d'un pullulement de gnomes attisant la flamme éternelle.

Aucune supercherie toutefois ne vaut le réel, en ces grandes usines flambantes comme des fournaises qu'alimenteraicnl «les forêls d'arbres. Tandis que du ventre des machines s'échappent des halètements et des lamentations dont la répercussion fait trépider au loin le sol, tandis <pic du liane des soufflets sort la plainte des ouragans prisonniers, mugissante à l'égal d'une mer déferlanl sur des grèves, et que des myriades d'êtres trapus, les pectoraux nus et la crinière éclaboussée de lumière, clangorenl et se ruent en toutes les directions, comme une nuée d'esprits infernaux, — des gerbes de flammes, tremblants piliers sur lesquels pose la pourpre des plafonds, dardent leurs oscillantes spirales dans l'espace ; les fours laissent passer par leurs ouvertures l'échcvèlcmcnt furieux d'une meute de molosses roux ; un torrent de lave, coulant de proche en proche comme du soleil en fusion, roule ses lourdes vagues dans des réservoirs où lentement s'immobilise une large nappe d'or et d'argent. Toute l'illimitée puissance humaine éclate en ce moment dans les vaines colères 'de l'élément asservi ; comme un dieu, l'homme l'a contraint à se ployer à sa volonté souveraine ; et, frémissant, dompté, il s'épanche au moule où le guide le caprice du maître, ruisselant en un bouillonnement de larmes ignées qui trahissent sa rancune et sa fureur.

Le feu ! il est partout ici l'ouvrier des enchantements, l'agent des alchimies, le coopérateur soumis du grand œuvre industriel. Aux fours à chaux, il broie, triture et réduit les rocs, comme aux hauts fourneaux il consume et liquéfie le minerai de fer, comme aux fours à puddler il affine et subtilise la fonte. Le sable silicieux, mêlé de potasse et de soude, que le verrier balance au bout de sa canne, a passé par ses creusets. C'est lui qui est l'âme des laminoirs et communique au liane des locomotives, des chaudières et de toute cette colossale fabrication sortie du feu et destinée au feu le souffle embrasé qui plus tard les animera. Comme des chevaux trempés dans des eaux ardentes, chaque année voit sortir par centaines des ateliers de Couillet, les hippogriffes qui fendent les plaines terrestres et sont les coursiers de notre civilisation volant dans l'espace du train des éclairs.

Pénétrez dans une des lamineries de Monligny, de Lodelinsart, de Marchiennes, de Couillet, de Damprémy ou de Jumet à l'heure où les fours sont en pleine activité. Le hall se prolonge, immense, dans les flammes et la poudre. Au centre tourbillonnent, avec une vitesse de cent tours à la minute, les gigantesques volants qui impulsionnent les trains ébaucheurs et finisseurs. Chaque laminoir a son équipe d'hommes, généralement quatre crocheleurs, quatre dresseurs, un rattrapeur et le chef lamineur, comme le canon a ses servants. Lancés à toute volée sur les taques de pavement comme sur de la glace polie, on les voit passer et repasser, à travers les cylindres effroyablement tournoyants, les « loupes » cinglées au marteau-pilon. Dès le premier tour, la masse ignée s'est amincie, a pris la forme d'une barre plus ou moins allongée, selon qu'elle a passé au train de puddlage ou au train finisseur ; et, groupés de chaque côté des cylindres, les crocheteurs la saisissent du hec de leurs tenailles, la tirent à eux, l'étendent en courant, puis la replongent entre les rouleaux, où les tenailles de l'autre moitié de l'équipe vont la chercher pour recommencer le même exercice.

A chaque tour le fer s'étire, pareil à un rouge serpent précipité à ras de l'aire ; et, toujours plus avant, il darde la tête, plonge au cœur de l'usine, déroule ses ondulements comme des anneaux de feu. Rien ne peut donner l'idée de la manœuvre rapide, ailée, qui se produit au moment où l'extrémité de la barre sort des cylindres. Toute cette bande d'hommes se rue à sa rencontre, l'agrippe de ses crochets, fuit à reculons en la roulant à

terre ; c'est une galopée Curieuse, comme si réellement le fer qu'on traîne, ainsi était quelque monstre vomi d'une caverne et qu'on relancerait dans une chasse à toutes jambes. Quand enfin la barre a pris la forme voulue, elle passe à la scie mécanique, une horrible machine à roue dentelée qui avance et recule dans un rail, et broie net, avec un crissement effrayant, le fer encore brûlant.

Cependant l'usine gronde; le sol, sous les girations effrénées des volants, est secoué d'une trépidation violente ; et le tournoiement des laminoirs ressemble à un tonnerre qui ne cesserait pas. D'instant en instant la retombée du marteau- pilon fait entendre son coup de canon émoussé, tandis que le maître marteleur, en tablier de cuir, des gantelets de cuir

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