CHAPELLE DU CHATEAU DE LA FOLIE
d'affronter la mort sans pâlir que, presque indifférents parmi cette conflagration qui s'apprête et dont les premières rumeurs sourdent de terre presque sous leurs pieds, ils ne se pressent pas de quitter leur travail et attendent pour fuir que la mèche, au bout de laquelle est l'extermination, soit à peu près consumée et qu'il n'y ait plus entre eux et la Camarde qu'un pas grand comme celui d'un enfant. Enfin une petite flamme éclate, rouge sur le fond gris des rochers, comme un serpentelet qui se tord, et tout à coup le sol crève, les blocs se rompent, un nuage de pierrailles et de poussières se projette par l'air, tandis
qu'au loin, sur les roules, les passants, garés dès le lugubre drelin-drelin de la cloche d'avertissement, tintante comme un glas, regardent pleuvoir à travers les arbres déchirés les trombes d'éclats semblables à des paquets de mitraille.
Tout cela rend le pays sévère au fond, mais d'autant plus intéressant à parcourir. Les hommes, robustes et puissamment musclés, par l'habitude de celte incessante gymnastique qui consiste à grimper le long des parois croulantes, à remuer des maillets énormes et à broyer le grès sous la retombée des marteaux, y sont presque pareils à des lutteurs de parades athlétiques dont les amples torses se détacheraient sur les gradins d'un cirque; et la comparaison paraît d'autant plus naturelle que ces immenses carrières, évidées en forme d'amphithéâtre,