LA PLACE ROYAL» A SPA
celle des Artistes appartiennent toujours au premier rêveur venu ; à travers l'affairement du grand caravansérail, des coins d'ombre et de solitude gardent la douceur des bonheurs volés. La foule et la mode, elles, s'opiniàtrent au classique tour des fontaines, Barisart, le Tonnelet, la Sauvenière et la Géronstère, flirtent et coqucltent dans les salons du Casino, flânent aux concerts du Parc de Sept Heures, sous les survivants des grands ormes il y a près d'un siècle et demi plantés par l'archevêque d'Augsbourg, et régulièrement, une fois par jour, s'en vont dévotieusement boire un gobelet au trinkball du Pouhon.
Cependant, depuis l'abolition des jeux, la haute vie mondaine, éternel regret du Spadois qui ne sait pas oublier les folies abolies, a fait place à un train mesuré, tranquille, un peu monotone. Le Pactole, alimenté aux urnes mystérieuses de la chance, a cessé d'épandre par les boutiques et les magasins ses flots couleur de soleil, de métal blanc et de banknotes. Ainsi se lamente le chœur des insatiables citadins en tâtant ses escarcelles. Et cependant Spa est toujours la grande volière ouverte ses étuis, ses boites à ouvrer, industrie d'innoi