MUSEE DR MU. INES
aigre qui par moments tourne solidité saine que nous trouverons au fond de l'hiver chaperonne la tête, garde une blancheur maladive; les yeux, d'une teinte effacée, où semble s'alanguir la vie, ont un air de songe. L'être humain semble participer de la déchéance qui a frappé la cité magnifique du passé : comme elle, il traîne la mélancolie d'un organisme en qui le sang s'est ralenti.
Les Bailles de fer forment, de suite après les bâtiments de la vieille boucherie, une place en forme de carré long, bordée de maisons modernes cà et là égayées d'un pignon; au milieu, entre les deux allées parallèles qui constituent la rue proprement dite, s'espace une zone pavée, circonscrite par des chaînes en fer. C'est le marché. Par hautes pyramides s'entassent sur le pavé les produits de la terre, avec une abondance de tons vigoureux et clairs, et les larges parapluies sous lesquels s'abritent les marchands ajoutent leurs taches vertes et rouges à cette opulence débordée de nature morte. Au fond de la place, émergeant des toits, la tour de l'ancienne maison des Arbalétriers effile son aiguille pareille à la pointe d'un chapeau de pierrot.
il T%