‹ La Belgique contemporaineChapitre 16 sur 47 · VA · texte numérisé non relu

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];i Fj'.'iiicc l'ôpublicaino ci de l'AlIcinMpnc iiiiitaii'c. JNIais l'oxpérionce a in-ouvô (juo la iiai'ticipation des masses aux affaires publiques n'est pas une solide garantie de progrès et de liberté. Le vote général n'a pas mis obstacle au césarisme; il n'a pas été non plus un préservatif contre les revendicafions sociales. Quelquesuns ont imaginé de substituer au paiement du cens la preuve d'une instruction élémentaire. Il se peut qu'avec le temps ils parviennent à faire prévaloir leurs idées. Nous n'aurons ce jour-là qu'à nous en rapporter à la sagesse de la nation. Elle a fait voir ce qu'on peut accomplir de progrès et é^■iter de périls avec le suffrage restreint. Puisse-t-elle prouver dans l'avenir ce que l'on l)eut comijiner de prudence et de modération avec le suffrage des nuiliitudes !

La propagande organisée par le Congrès libéral porta ses fruits. Le premier ministère libéral homogène fut constitué le 12 août 1847. L'opposition reconnut qu'il prenait légitimement possession du pouvoir. Il annonçait une politique nouvelle et se mit à l'œuvre pour la faire passer des discours dans les actes. Le ministre de la justice, M. de Haussy, venait de formuler dans un arrêté célèbre, qui a été le point de départ d'une série de mesui'es importantes, la jurispi'udence libérale en matière de fondations. Le ministre des finances élaborait de grandes réformes financières, quand éclata comme un coup de foudre la révolution de février.

Ce fut pendant un bal que donnait M. Fi'ère-Orban au ministère des travaux |)ublics, que la nouvelle de la

chute de Louis-Philippe et de la proclamation do la République arriva à Bruxelles. On put dire avec vérité ce soir-là que Ton dansait sur un volcan. La consternaiion se répandit sur les visages. Les ministres quittèrent le bal. La nuit même ils se réunirent en conseil sous la présidence du Roi. Des mesures énergiques furent prises sur le champ pour assurer la défense du territoire et la tranquillité du pays.

Le 23 février, le jour même où Paris se couA'rait de barricades, le gouvernement avait déposé sur le bureau de la chambre un grand projet de travaux publics qui comprenait des crédits importants pour l'amélioration de la voirie vicinale et de l'hygiène publique, pour l'introduction d'industries nouvelles dans les Flandres et l'institution de caisses de prévoyance en faveur des classes ouvrières. Le même jour on discutait à la chambre le retrait des lois réactionnaires.

Le P"" mars, un représentant de Tournai qui ne dissimulait pas ses opinions républicaines, M Castiau, interpella le gouvernement au sujet des événements qui venaient de se passer en France. Il fît l'éloge de la révolution qui serait, d'après lui, le plus grand événement des temps modernes, et qui était appelée inévitablement à faire le tour du monde, en faisant des mots liberté et égalité le dogme de la politique nouvelle. Il demanda si le gouvernement provisoire avait notifié à la Belgique son existence et si le gouvernement belge avait répondu à cette communication. Il voulut savoir aussi quelle était la portée des armements qu'on avait

iaits sur les IVontiprcs; et enfin (jnel était le motif de certaines arrestations récentes. Le ministre des affaires étrangères, M. d'Hoffschmidt, répondit que le gouvernement n'avait reçu aucune notification officielle et directe de l'établissement du gouvernement provisoire en iM'ance. M. de Lamartine avait annoncé au prince de Ligne, comme aux autres chefs de mission à Paris, qu'il avait pris possession du portefeuille des affaires étrangères, et le ministère avait invité le prince à répondre immédinfement qu'il accueillait avec empressement l'assurance donnée par le gouvernement provisoii'e des sentiments qui animaient la France en faveur de l'indépendance des nations et de la paix du monde, sentiments qui répondaient si bien à ceux de la Belgique elle-même. M. de Haussy donna des explications au sujet des arrestations dont avait parlé M. Castiau. Il s'agissait d'individus dépourvus de papiers, qui avaient été arrêtés à Bruxelles par la police locale. Le gouvernement n'était pas disposé à exercer des rigueurs ridicules. M. Kogier ajouta (ju'il tenait compte de l'émotion produite dans le pays par les derniers événements. Il n'avait pas l'intention d'agir contre la manifestation pacifique des opinions. Il se bornerait h ré[)rimer les manifestations irrégulières. Le vif sentiment de nationalité qui s'était fait voir laissait le gouvernement dans une complète sécurité. " La Belgique, dit-il, est hospitalière pour tout le monde; elle garantit la liberté à tous les étrangers, mais elle n'entend pas leur garantir la liberté du désordre et de l'émeute. (AjiplamUssements dans

la chambre et dans les tribunes.) J'espère que mes paroles auront assez de retentissement pour rappeler au calme, au bon sens, à la libre pratique de nos libertés publiques, ceux qui seraient tentés de s'en écarter. « (Applaudisse77ients.) M. Delfosse se leva, et déclara (ju'il applaudissait comme la chambre entière à ces paroles patriotiques. Il félicita le gouvernement de sa résolution, dictée par le véritable intérêt du pays. '• Il est évident, ajouta-t-ii, que, dans les circonstances oti nous sommes, il fallait mettre de côté toutes les atièctions de famille, toutes les sympathies d'opinion, pour ne voir que le pays. Le gouvernement a compris son devoir; j'ai la confiance qu'il le remplira. L'intérêt de la Belgique est de conserver intactes les libertés dont elle jouit. M. Castiau a dit que les idées de la révolution française feraient le tour du monde. Pour faire le tour du monde, elles n'ont plus besoin de passer par la Belgique. Nous avons en Belgique les grands principes de liberté et d'égalité; ils sont inscrits dans la Constitution comme ils sont gravés dans tous les cœurs ".

A ces mots, toute la salle se leva, transportée d'un patriotique enthousiasme. L'orateur fut entouré par ses collègues qui lui prodiguèrent leurs félicitations; la chambre, en proie à une vive émotion, se sépara sans aborder son ordre du jour.

Une démonstration analogue eut lieu au sénat, où M. Dindal s'écria que rien ne devait engager la Belgicjue à confier au hasard ses institutions libérales, et que la devise de tout vrai Belge devait être : Vive la Consti-

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iuiion! Vire liitdi'iicnddncc! Vire Ut tiJnrh' h'ujtdc! Triiis jdiirs ;ipi'rs, le -1 mai's, nn(> nouvelle iii.'iiiircst.-ilion d'un égal intérêt se produisit à l'occasion du projet do loi qui décrétait rabaissement du cens. Je la transcris telle que je lai résumée dans mon Histoire imrlcmentairc de la Belgique^

" Au (Icbut (lu la discu.ssion, ^f. Eofl(.'nliach cxpriiuc lu vœu de voir supprimer bientôt le timbre des journaux. ^I. !Moreau a l'intinio conviction que la loi que la chamltre ya voter sera un gage de paix, de conciliation et d'union pour le paj's. M. C'astiau, apri's avoir fonuulé un amendement en vue d'admettre à l'éleetorat ceux qui auront payé le cens pendant l'année antérieure et de punir d'une amende de 500 à 1,000 francs les déclarations fausses concernant les bases du cens électoral, rajjpelle qu'il y a un an à peine il a déposé une modeste proposition de réforme électorale qui n'a rallié que 17 voix. Celle que l'on fait aujourd'hui est accueillie avec entliousiasme et sera votée à l'unanimité. Tour- (juoi l A cause de la miraculeuse révolution qui s'est accomplie en France. Oui, c'est la France qui a proclamé la première tous ces principes de liberté et d'égalité dont on est si fier ! fCcifc déclarât io)i est accueillie jmr (les immimres.J L'orateur s'étonne d'entendre ces murmures après les applaudissements par lesquels on a salué l'hommage rendu par M. Frère-Orban à la lévolution française de 1789 -. Ces murmures, il les brave. La révolution de 1830 n'a été

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