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cliutc (le I;i ii(ilitii|Uc iidincllc cl le l'cloui' iriiiic adiuinislratiou catholique. M. Henri de Jjrouckere goinci'iia jiis(iu'en 1855, malgré de iKtiabreuscs défaites parlemeiitaires (jiu, toutefois, atteignirent plus directcnient son collègue de l'inléi-ieur, M. Picrcoi, (jue lui-niènic. On entrait dans une nouvelle phase de la i)olitiijuc nationale. Les nieuibres du cal)inet catholique, AIM. De Decker, Vilain XIIII et Alph. Nothomb avaient la prétention d'inaugurer un système de c(tnciliation cl de modération, qui aboutit aux querelles les plus violentes. M. Faider avait déposé en 1851 un projet de loi sur les fondations charitables. Ce projet ne donnait satisfaction ni à la gauche ni à la droite. Il mécontentait la gaut'lic, parce qu'il admettait Tinstitution d administi-ateurs sjiéciaux ; il inquiétait la dr<»ite, i)arce (ju'il subordonnait l'institution à un vote de la législature. M. Nothomb obtint du Roi le retrait de cette mesure et la remplaça par une autre (pii autorisait la création d'administrateurs spéciaux par simple arrêté royal. On sait quelle véhémente opposition rencontra cette tentative de légaliser la mainmorte ecclésiastique. La gauche soutint (|ue le projet avait été dicté par les évèques(|ui, peu de temps auparavant, avaient dénoncé l'enseignement supérieur de l'État et spécialement celui de l'université de Gand comme un poison pour la jeunesse. M. De Decker, en proclamant dans une certaine mesure rindéjiendance du professeur, en déclarant que l'instruction donnée conformément k certaines doctrines des jésuites, dénoncées par M. Frèi-e, formerait une génc^ration de crétins,
s'était rendu suspect à ses amis. Le Bien public, k^ principal ori;-ane de la politique épiscopale, le traita pul)li(iuenient iVajjOstcU. On prétendit dès lors, avec (juelque apparence de raison, que la loi sur la bienfaisance était une réparation donnée aux évèques. M. Frère- Orban s'écria qu'elle ne niéi'itait (ju'un seul nom, celui de loi des couvents, et ce m..!; devint le cri de ralliement de la foule. — Le public, très calme au début de la discussion, s'échauffa peu à peu. Des applaudissf^ments ayant, à diverses reprises, salué les discours des orateurs libéraux, le président (M. Delehaje) fit évacuer plusieurs fois les tribunes publiques. Les auditeurs, refoulés dans la rue, s'y livrèrent à des manifestations hostiles. Leur nombre grossit peu à peu, les clameui'S (I ('générèrent en bagarre, le nonce du Pape fut insulté dans la rue; il y eut des vitres brisées dans la capitale, des démonstrations hostiles dans les provinces; le ministère, efî'rayé des conséquences possibles de cette agitation, ajourna les chambres, puis retira son ])rojet de loi. Le Roi, dans une lettre devenue célèbre', fît un appel à la modération des partis. Il en résulta une
1. Voici le texte de ce document liistorique : " Mon chee juNirixiiE,
" Je reçois le rapport du cabinet en date d'hier, et je m'empresse d'y donner mon approbation. En proposant l'ajournement de la discussion, vous prendrez une initiative que les cii-constances vous indiciuent et que le pays comprendra.
" Je profite de cette occasion pour adresser, par votre intermediaii'e, quelques paroles au pays qui m'a donné tant de preuves de son attachement.
" Une discussion lonj,ue et animée, suivie eVincidents que je déplore, a eu
1r(''vo ot lo calino so r(''tnl)lit ;\ co point (lUc le flicfilii cahiiict, aprrs la ('ir.iiirc de la session lcgislati\(', alla faire un voyage d'agrément en Italie. Mais, au mois (roctobre, dans les élections comnmnalcs, les grandes villes se prononcèrent avec- une telle unanimité contre la poliliiiuc du ininistrrc, (jiic celui-ci, bien (jue possédant la majoril('' au sein des deux (du'unbres, jugea pru-
licii dans la chambre des représentants, sur un projet de loi présenté par vous. Pour la première fois depuis vingt-six ans que je me suis dévoué ii la Beiu:i(iuc, les débats parlementaires ont fait naître des difTieultés dont la solution ne s'est pas immédiatement révélée.
" Vous avez agi avec la plus grande loyauté et la plus entière bonne foi. Vous êtes fermement persuadé que le projet de loi, mis à exécution, ne ]>roduirait pas les conséquences fàclieuses que l'on y a attribuées. Je ne porterai point de jugement sur le projel ; je n'aurais jamais consenti ii donner place dans notre législation a une loi qui aurait pu avoir les funestes effets (ju'on redoute, mais, sans me livrer il l'examen de la loi en elle-même, je tiens compte, comme vous, d'une impression qui s'est produite, a cette occasion, chez une partie considérable de la population. Il y a, dans les pays qui s'occupent euxmêmes de leurs affaires, de ces émotions rapides, contagieuses, se propageant avec une intensité qui se constate plus fiicilement qu'elle ne s'explique et avec lesquelles il est plus sage de transiger que de raisonner.
" Les libres institutions de la Belgique ont été pratiquées, pendant vingt-six ans, avec une admirable régularité. Que faut-il pour qu'elles continuent h fonctionner dans l'avenir avec le même ordre, le môme succès ? Je n'hésite pas à le dire, il faut chez les partis de la modération et de la réserve ; je crois que nous devons nous abstenir d'agiter toute question qui peut allumer la guerre dans les esprits. Je suis convaincu que la Belgique peut vivre heureuse et respectée, en suivant les voies de la modération ; mais je suis également convaincu, et je le dis a tout le monde, que toute mesure qui peut être interprétée comme tendant à fixer la suprématie d'une opinion sur l'autre, qu'une
fient de se retirer'. MM. Rogier, Frère-Orban et Tescli, revenant au pouvoir, prononcèrent la dissolution de la chambre et se retrouvèrent à la tète d'une majorité libérale de 32 voix.
Cette administration, avec divers remaniements, mais sans changer de drapeau, gouverna pendant treize ans.
telle mesure est un danger. La liberté ne nous manque pas, et notre Constitution, sagement et modérément pratiquée, présente un heureux tfiuilibre.
" ilon attachement sincère et profond aux destinées du pays a fait naitrc chez moi ces gi-aves réflexions. Je les coniniunuiuc au pays, h vous-même, ii la majorité de la représentation nationale. Dans les circonstances où. nous sommes, la majorité de la chambre, dont les vœux, comme majorité, sont et doivent être mon guide, a une noble position à prendre, position digne d'un grand parti.
" Je lui donne le conseil de renoncer, comme vous le lui proposerez, a continuer la discussion de la loi. C'est à la majorité qu'il appartient de remplir ce rùle généreux. En l'acceptant tout entier, elle donnera au monde une haute idée de sa sagesse et de son iiatriotisme. Elle conservera dans ses rangs l'étroite union qui, pour tous les partis, est le premier fruit et la première récompense d'une noble et bonne action pratiquée en commun.
" L'année dernière, le pays me remerciait de mon dévouement, je le remercie aujourd'hui de sa confiance.
" Cette lettre vous fera voir combien je suis heureux de me trouver d'accord avec vous, combien j'approuve votre conduite.
" Mon désir est de continuer à veiller, avec vous et avec vos collègues, aux intérêts de ce beau et bien-aimé pays.
" Veuillez croire, mon cher ministre, aux sentiments affectueux que je
vous porte.