‹ La Belgique contemporaineChapitre 21 sur 47 · LES CHAMBRES. — LES HOMMES · texte numérisé non relu

LES CHAMBRES. — LES HOMMES

Ce chapitre forme le complément de celui que j ai consacré aux hommes du Congrès. On y verra "dépeints à grands traits les personnages qui ont occupé la scène législative, et dont quelques-uns l'occupent encore, les chefs des partis, les ministres, les présidents des deux chambres, ou du moins ceux qui ont joué un rôle qui leur donne droit h une place dans Fhistoire.

Les hommes d'Etat qui ont le plus longtemps occupé le pouvoir et qui en même temps ont laissé dans nos lois les traces les plus profondes de leur action, sont MM. Rogier, de Tlieux, J.-B. Nothomb, Frère-Orban et Malou. Ils partagent avec MM, Lebeau, Goblet, de Muelenaere, Van de Weyer, d'Anethan, H. de Brouckere et De Decker l'honneur d'avoir été chargés par le chef de l'Etat de composer des cabinets. Tous ont été ce qu'on appelle en Angleterre les premiei^s, et en France les présidents du conseil. J'ai déjà caractérisé l'œuvre de la plupart d'entre eux et leur influence sur les destinées du pays. Tous ont exercé à diverses époques une action prépondérante. Quelques-uns sont morts, quelques autres vivent dans la retraite, entourés

(lu l'cspcci piihlic. 11 v cil a ti'ois (jui pi'ciiiiciit ciicdrc une pari active aux allaircs t\i' TMlat, cdiiiiiic iiiiiiistfcs cl coiuinc chcl's i\c ro}ip(isiti(iii. Ce sont MM. Vvi'vc- Oi'})an, Malou cl (rAnclliau.

M. l''rci'c-( )rl)an, ministre «i'I'll.'il, ancien ininisii'c des Iravaiix publics et (\('<, finances, ministre des allaircs étrangères, a passe» })r('s de ^ingt ann(!(\s au [louvoir, et depuis tronto-un ans il n'a i)as (^uiité la hrècdie, loujoui's le premier à rattaque et à la défense. La i)olitique a été })()ur ainsi dire runi(|ue })réoccui)ati(»n de sa \ie. Il n'en a i)as eu d'autre depuis k; jour où il (piitla le l)ai']'eau, écliap[)ant de bonne heure à cette hahilude de })laider alternativement le pour et le contre, le vrai et le non vrai, qui fausse la judiciaire des avocats'. Son o'uvrca été le développement régulier et logique des iib'cs de sa jeunesse, constamment fortifiées par un lude labeur. Conseiller communal de Liège en 18-12, il protestait contre la loi sur l'enseignement primaire qu'il a réformée en 1870. Mendtre du Congrès libéral en 18ir), il y combattait une trop grande extension du droit de vote, avec l'énergie qu'il a mise vingt ans après à combattre le suffrage universel. L'une de ses plus grandes forces réside dans sa volonté; ce qu'il veut, il l'entreprend; ce qu'il entreprend, il l'acliève. Il connaît à fond les affaires sans avoir jamais été ce qu'on appelle un lionnne d'aiiaires. Comme orateur, il occupe une des premières

1, TiJioK, lirrc des orateurs,

places, sinon la première, au parlement. Son éloquence qui est surtout puissante quand elle s'élève dans la haute région des principes, sa science et sa haute probité l'ont désigné dès le premier jour pour être le chef d'un grand parti. Comme tous ceux à qui échoit la tâche périlleuse de diriger les hommes, il a eu ses jours de gloire et ses jours d'amertume. Il a tour à tour joui d'une popularité sans bornes et vu se dresser contre lui d'ardentes inimitiés. Mais la voix des sycophantes n'a jamais entamé son renom d'intégrité, pas plus que ses contradicteurs les plus passionnés n'ont révoqué en doute la supériorité de son talent. Dans l'opposition comme au pouvoir, il posséda la confiance inaltérable de nos deux rois. Il fut l'ami de Cavour et de Thiers, enti'etint des relations intimes avec Michel Chevalier dont il partageait en tous points les doctrines économiques, et reçut les félicitations de lord Clarendon pour la façon habile et politique dont il aplanit le difierend qui surgit entre la Belgique et le cabinet des Tuileries, à propos de la cession du chemin de fer du Luxembourg à la compagnie de l'Est français.

M. Jules Malou, élève des jésuites de Saint-Acheul, comme beaucoup de fils de famille belges sous le gouvernement des Pays-Bas, plus tard étudiant à l'université de Liège comme M. Frère-Orban, frère d'un évèque et petit-lils d\m bourgeois d'Ypres qui fit preuve de civisme à l'époque où la Belgique fut annexée à la France, est ministre d'État et a géré trois fois le département des finances. Il fut aussi aouverneur do la So-

c'w.iô ii(''i»<''i'a'(\ oi nv'lo h do numbrousos onlroprisos indiislricllcs (pril diriiioa a\QC un talent incontesté. Entré ù la clianibi'o à réi)0(j[no oti il remplissait les lonciions de directeur au ministère do la justice, il soutint d'ahnrd la [)(>liti(|ue mixte de AI. Nothomb. Celui-ci craignant son iniiuence, le nomma gouverneur de la province d'Anvers. Il devint ensuite le collègue de M. Van de Weyer, puis celui de M. de Tlieux, et l'on a vu plus haut ce qu'il pensait du ministère des six Malous, Après avoir été l'âme de la politique cléricale en 184G et en 1847, et supporté la plus grande part de son impopularité, il poussa aux extrêmes en 1848 le principe de la loi sur les incompatibilités parlementaires, et reparut en 1857 dans un rôle inqiortant comme rapporteur de la loi sur la bienfaisance, dont son frère était rinsi)irateur. Éliminé de la chambre en 1850, il se consacra aux affaires, puis rentra au sénat, y fut l'un des chefs de l'opposition, devint le tuteur du cabinet de 1870, et après la chute de ce dernier, renonça à toutes ses positions financières pour accepter la présidence du cabinet de 1871, dont l'œuvre a été définie plus haut. Il quitta presque en même temps le sénat pour rentrer à la cliambre, où il est le leader de la droite. Catholi(iue par héritage et par éducation, M. Malou est frondeur par tempérament. L'âge a tempéré sa fougue sans diminuer sa verve. Il est plutôt ce que les Anglais appellent un dehaier qu'un orateur de race. Doué d'une rare philosophie, il porte allègrement le poids de l'impopularité. Tandis que la foule chantait sous ses fenêtres

— 1G9 — cette chanson dont le refrain était :

A bas Malou !

Il faut le pendre La corde au cou,

il s'amusait à la noter et l'envoyait au directeur du Conservatoire pour la déposer dans ses archives. On connaît cette application qu'il fit à son parti d'un mot célèbre de Sieyes : " Quand on nous demandera ce que nous avons fait au pouvoir pendant huit ans, nous répondrons : Nous avons vécu! ■'

Peu de temps avant la chute du cabinet de 1871, un homme considérable, frappé de l'état des esprits et de l'ardeur des controverses religieuses depuis longtemps prédite par M. Devaux, avait déclaré dans une assemblée qu'il n'y avait plus de ministère catholique possible après celui de M. Malou. Cet orateur était le baron d'Anethan, vice-président du sénat, naguères le chef de cette administration qui était tombée à la suite de la réprobation causée par la nomination de M. De Decker au poste de gouverneur du Limbourg. M. d'Anethan, issu d'une ancienne famille dont on retrouve le nom dans les annales de la Belgique de 1795 à 1830, fut magistrat avant d'être homme politique. Il occupait le poste d'avocat général à la cour d'appel de Bruxelles quand M. J.-B. Nothomb, en 1841, le plaça à la tête du département de la justice. Esprit conciliant, parfait gentilhomme, de relations aimables dans la vie privée, il arriva au pouvoir dans un moment où l'opposition libérale, dirigée par Verhaegen, faisait à la politique

iiiixlc iiiK^ uiiciTc s.Miis rolAclio et sans pitio. M. (TAnclliau fui rc|ii'(''sciil<' coinine le suppôt de répiscopat ; un nicnilirc éininenl de la gauche, qui devint plus tard président de la cduunbi'e, M. Dellbsse, le comparant à M. rsolhond), dit (pic ce dcrniei- sui\ait les oi'drcs des évèques, tandis que M. (rAnetlian courait au devani d*leurs instructions. Le ministre de la justice se li'ouva mêlé à une déplorable aflaire dont le héros était un noniUK' lietsin, mai'chaiid de lausses reliques, (pTim l'accusa d'avoir couvert de sa protection })arce (pi'il ('-tait un instrument des jésuites. 11 ny a pas dans Thisioii-e d'excnuple d'un ministre ti'aijué à ce point par l'opposition, (jui ne se bornait i)as à llétrir ses actes, mais (jui lui re[irocliait en ouii'e, comme plus lard à M. Alpb. Nothomb, d'être un ti'anstuge du parti libéral. M. d'Anethan subit ces attaipies avec sérénité. 11 est considéi'é aujourd'hui connue le chef des catholiques- libéraux, et un mendjre de l'épiscopat belge lui infligea naguère, dans une lettre datée de Rome, une censure hautaine pour avoir osé formuler un système de conciliation dans la question des sépultures. Comme ministre des afïaires étrangères pendant la guerre franco-allemande, le baron d'Anethan sut garder une attitude correcte et impartiale qui lui valut h la tribune britannique les éloges de M. Gladstone. Il prit, au sénat, en qualité de rapporteur, une part considérable à la révision des codes, et s'il n'a pas brillé au premier rang comme orateur, il laissera un renom incontesté comme jurisconsulte.

A côté de lui, dans le parti catholique, figurent avec

(les qualilc's trrs (lifi'crontos, MM. P. Do Docker ot A. Docliamps, tous deux poètes et déiuocrates à leurs débuts, tous deux doués dun remarquable talent oratoire et tous deux capables de fournir une longue et utile carrière politique, mais l'ayant abandonnée presque en même temps pour se lancer dans le tourbillon des afl'aires, pour lesquelles ni l'un ni l'auti-e n'étaient faits. Entraînés par M. Mercier, qui avait été deux fois ministre des finances, ils commirent la faiblesse de prêter leur nom aux spéculations aventureuses de Làngrand- Dumonceau, croyant y trouver la fortune, et n'aboutirent qu'au naufrage de leur renommée. Ils s'étaient laissé égarer de même, M. Dechamps, dans la périlleuse campagne de M. de Theux en 1840 , M. De Decker, dix ans plus tard, dans la tentative de réhabilitation de la politique mixte. Le premier perdit son mandat de député en 18G4, dans la déroute qui suivit la grève de son parti ; le second se retira aigri et déçu dans toutes ses espérances. Il n'a plus aujourd'hui d'autre tribune que l'Académie. M. Dechamps, après avoir été trois fois ministre, après avoir charmé la chambre pendant plus de vingt ans par les accents d'une parole harmonieuse, survécut à sa gloire pour disparaître à ix'u près ou])lié. Son frère cadet qui, dans sa jeunesse, a partagé ses oi)inions républicaines', est aujourd'hui

1. J'ai lu quoique part que les deux frères Decliamps prirent part à la Eévolution de 1830 en qualité de volontaires, et combattirent à Bruxelles revêtus i\v la blouse des patriotes.

rcvôtii (le l;i p(»iii-|ii'(', ;ircli('\ (''([uc de Malincs cl cardinal. (^)iii sail s'il ne rc\(' [tas (le cciiulfc un jdiii' la liai'c comnu; Adrien d'Uti'cclit!

Pai'nii les nieniljres des divers ca])inets qui ont le plus occupé Tatlention pu])li(pie, nous en rencontrons cinq qui se succédèrent au département de la justice : MM.de Haussy, Tescli, Cli. Faider, Alpli. Notlionib et Jules Eara. Le premier se distingua comme orateur au sénat, fut le collègue de M. Rogier en 18 17, et quitta la vie politique en 1850 pour devenir gouverneur de la Banque nationale; M. Tescli, entré à la chambre en 1818, aujourd'hui ministre d'Klat et gouverneur de la Société générale, s'est acipiis d'emblée une haute influence comme jurisconsulte et comme politicien pratifiue ; ]\I. Cil. Faider, magistrat lettré, écrivain disert et esprit gouvernemental, a succédé à M. Leclerc(| dans les haul(>s fonctions de procureur général à la cour sui)rème. M. Alpli. Nothomb, frère de l'ancien secrétaire du Congrès, doué comme lui d'une parole élégante et facile, passa comme M. d'Anethan du parquet de la cour d'appel de la capitale au banc ministériel. Il y fut l'objet des mêmes attaques et provoqua les mêmes colères. Seul des six membres du cabinet de 1855, dont trois sont morts dans ces dernières années, il occupe encore une place dans la vie publique. M. Bara, ministre aujourd'hui pour la seconde fois, le devint très jeune, à l'iige de trente ans à peine. Grâce à l'ardeur de ses convictions, à ses profondes connaissances juridiques et à une bonhomie charmante qui fait (|ue parmi ses nombreux adversaires

il no compte pas un ennemi, il s'est conquis en peu d'années une place au premier rang de nos hommes politiques. Sa parole chaude et colorée, ses vives réparties, ce " diable au corps » qui est la vie du discours, ont fait de lui l'orateur ftxvori des tribunes publiques, en même temps ({ue sa popularité est un élément de force pour le ministère libéral.

Les chambi'es ont l'habitude de n'appeler à les présider que des hommes qui ont su captiver leur confiance ou (jui s'imposent au choix de leurs collègues par un mérite hors ligne. Il n'est donc pas étonnant que le fauteuil ait toujours été occupé avec honneur dans nos assemblées législatives. Le tableau dressé à la page 102 en fait foi. Les premiers présidents de la chambre, MM. de Gerlache, Raikem, Fallon et Liedts; ceux du sénat, MM. de Stassart et de Sclùervel, avaient fait partie du Congrès. Trois autres constituants, MM. Delehaye, Vilain XIIII et Rogier, furent appelés à la présidence de la chambre à diverses époques. Il est assez remarquable que le sénat n'ait eu que quatre présidents en près d'un demi-siècle. M. le prince de Ligne a vu renouveler son mandat pendant trente-quatre années consécutives, fait assurément très rare, sinon unique, dans l'histoire des parlements modernes. Le prince a dû cette longue et inébranlable confiance au moins autant à la modération de ses principes et ù la courtoisie de ses manières qu'au prestige de sa naissance. Il entra assez tard dans la ^ ie politique et ne se mêla aux luttes des partis (jue pour donner, dans les

UKiiiiciits (le ci'isc, sdii ;ii)iiiii à l"('l(''iiicnt iKiiiNcniciiicnl;il. Il a (h'roLiô à cette tradiiinii do su carrière en se séparant du ministère libéral en 1870, ](»i"s du vote de la loi sur rensciti'nemont ])riniaire, mais il a en même temps d(tnn('' sa dc'missidii de prf'sident et de scMiatciir. Le prince a l'cmpli diNcrses missidns diplduiallipics importantes. Ambassadeur à Rome, il suivi! l'ic IX dans son exil à Gaéte. 11 représenta longtemps la Jjeluiipic ;ï Paris et fut envo yé comme ambassadeur spécial de Lédpold r'''à Londres lors du couronnement de la reine Victoria', et à Moscou lors du couronnement de l'emix'reur Alexandre IL — Le baron de Stassart est trop connu comme éci'ivain i)our qu'il soit besoin de rappeler ici ses titres au sou\'enir i\v^ lettrés. Comme lionnuc; politi(jue, il eut son jour de popularité, (piaud M. de Theux le révo(|ua de ses fonctions de gouverneur du Brabant. T^ne triple élection à Bruxelles, à Nannir et à Nivelles, le vengea de cet ostracisme et transforma sa disgrâce en un triomplie. MM. de Schier\el et Dumon-Dumortier, (pii lui succédèrent, furent des l)r(''sidents d'un rare UK^rite. Le premier appartenait à la droite, mais recueillit les suffrages de la gauche jus- (pi'au jour oii la loi sur les incom})atil)ilités iiarlemen-

1. A son retour, il fit, en passmit devant Flessinu;ue, arborer le (lra[K>au belge sur le navire qui le portait. Les autorités lioUandaiscs le sommèrent do baisser pavillon. Il aurait pu hisser le drapeau d'un pays neutre. iMais il répondit avec fierté (pi'il arborerait le sien, lit déployer la bannière de sa maison et passa fièrement sous le canon ennemi.

taires amena son option pour les fonctions de gouverneur (lu Luxembourg. M. Dumon-Dumortier resta président du sénat jusqu'à sa mort. Comme plus tard le prince de Ligne, il se sépara de ses amis à propos de la loi sur l'impôt de succession en ligne directe et, quand il eut été réélu à Tournai après la dissolution de septembre 1851, il ne fut maintenu au fauteuil que par les voix de 32 votants sur 51. Dix-sept billets blancs avaient été déposés dans l'urne par des membres de la gauche. Les présidents de la chambre des représentants qui avaient appartenu au Congrès jouèrent un grand rôle dans l'œuvre d'organisation du royaume. J'ai dit ce que furent de Gerlache, Raikem et Fallon. Liedts, leur successeur en 1843, appartenait au libéralisme modéré et avait fait partie, comme ministre de l'intérieur, du cabinet de MM. Lebeau et Rogier en 1810. Il rentra comme ministre des finances dans le cabinet de M. H. de Brouckere en 1852, sans abandonner son poste de gouverneur du Braisant. Quand il mourut à un âge très avancé, il était ministre d'État, gouverneur de la Société générale et président de la commission centrale de statistique, fonctions dans lesquelles il fut remplacé par M. Ch. Faider. C'était un caractère conciliant, un esprit droit, mais sans grande élévation, planant volontiers dans les régions intermédiaires, et par cela même n'offusquant personne. C'est une des raisons pour lesquelles il iiut rester président sous les ministères de M},L rsothom]), ^'an de Weyer, de Thcux et Rogier. Il le sérail demeuré [irobablement ai)rès la révolution de

1818, si la loi dos incompatibilités no lavait dôcidé à opter pour ses fonctions de gouverneur. Il fut remplacé alors par Vcrhaogcn, qui avait représenté jusqu'à co jour la nuance la plus accentuée de l'opposilion. J ai dépoint .•lillciu's col te ligure originalo, cette incarnation })arfaite du tiers état vaimpiour ', cet avocat inillionnaire en (pli se réunissaient aux défauts du tribun les qualités de cbef de i)arti. Kflroi des catholiques jusqu'en 1818, il devint subi I ornent leur i(l(»lo au lendemain de la ré\oiiilion de IV'M'ioi", parce qu'ils le savaient aussi ai'dont à répudier le socialisme qu'à condialtre l'Eglise. Il fut élu la première fois par 78 voix sur UO votants; il n'en eut jihis (pie 07 l'année suivante. En 1852, à l'époque où la réaction trionqdianto en France avait envahi la l]olgique, Verliaegon n'obtint (jue -10 voix contre 54 données à M. Delehaje. Celui-ci déclara (pi'en présence de la candidature d'un ami dont la chandjre a\'ait constamment applaudi l'impartialité, il ne pouvait accepter l'honneur qu'on lui décernait. Dans un nouveau scrutin, \^orhaegen l'emporta, mais il refusa à son tour, et M. Rogier, qui avait posé sur cette élection la question do cabinet, remit sa démission entre les mains du Roi. Le président de 18-18 le redevint en 1857 et le resta jusqu'en 1859, époque de sa retraite, qui n'a jamais été clairement expliquée. Jusqu'à ce jour l'ami des ministres, il se retourna contre eux et se laissa porter aux nues par le radicalisme qui l'avait conspué quohpies

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