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mois auparavant. Les libéraux lui ont érigé une statue qu'il a méritée par son énergique défense des droits du pouvoir civil et la part C(jnsidérable ({u'il [»rit à la fondadon de l'Université libre. Verliaegen ne fit partie d'aucun cabinet et n'accepta jamais aucune distinction honoritîque. Son successeur de 1852, M. Delfosse, donna sa démission de président en avril 1855, lors de l'avénement du ministère De Decker, bien qu'il eût été élu au début de la session à la presque unanimité des suff'rages. C'était un libéral éprouvé, d'un caractère stoïque, ayant conquis ses grades dans l'opposition, vrai type de président et de patriote, grand partisan des économies, traitant avec un égal succès les questions d'afï'aires et les questions politiques, et trouvant parfois des inspirations éloquentes connne celle qu'il eut en 1848 dans sa réponse à M. Castiau, qui fît époque et resta gravée dans la mémoire de toute une génération.
Il est fort difficile de juger M. Delehaye. L'histoire vraie n'est connue que bien longtenqis après que les événements se sont accomplis. Elle dira peut-être un jour par suite de (juel phénomène cet homme politique, qui avait été l'un des plus chaleureux soutiens du cabinet libéral de 18f7, devint l'appui de M. De Decker et surtout celui de M. de Theux dont il avait été jadis l'un des plus cruels adversaires. — A l'en croire, il n'a pas changé: homme instruit d'ailleurs, doué d'une remarquable faconde, apte à traiter tous les sujets, conser\ .'int dans son grand âge une merveilleuse activité.
M. E. A'andenpeereboom, ([ui j)résida la chand)i'o
])('ii(l;inl six sessions, de INt;;! ù 1807, .-ipiidi'la ;iu Ihulciiil une (•(umiiissancc iippiMlondic de ikiIi-c liistoirc j»;ii-l(!niciilnii'c, sui' LmhucIIc il ]iiilili;i un l-Jssa i très estimé, qui s";ii'i-('((' iiiallicui'cuscim'nl ;ï 1818. 11 axait ôié l'apportciir (le la loi sur los o(;ti'ois, cl en (Hialih' (raiicicii coiniiiissaii'c (rarrondisscnicnt, p(iss(''(lair une s(''i'i('uso {'Xp(''ri('nc(' Ai^^^ aU'aircs a<Iiiiinislrali\('s. A\aiil ('i après lui le maillet présidentiel fut confié à trois illustrations du barreau, MM. Aug-. Oris, Vervoort et H. Dole/. M. Orts, entré fort jeune à la chambre, après la retraite de son père en 1818, s'y était bientôt fait i'eniar(juer par sa parole élégante, mise au service d'une prodigieuse érudition et d'un rare bon sens. Il fît preuve d'une grande habileté dans des circonstances difficiles, et fut un pi'écieux auxiliaire i)0ur ses amis dans les moments de crise. Toujours prêt à consacrer avec désintéressement son talent d'avocat à la défense des intérêts de ses coreligionnaires politiques, il a reçu à diverses reprises des témoignages de la reconnaissance du j)arti libéi'al. Il est aujourd'hui, comme ses confrères et collègues MM. Dolez et d'Klhoungne, ministre d'Etat, sans avoir jamais été ministre à portefeuille'. M. Dolez est actuellement sénateur et siège depuis bientôt trentetrois ans dans nos assemblées législatives. La chambre ne l'ut jamais présidc-e avec une dignité plus iJarfaite
1. y[. Orts est iiu'si un ('ii-ivain distingué. On il ilc lui deux importants (luvragcs, intitulés, l'un : la GxdTC des Fa;/sûi,s, l'autre : De l'incctpacité (Vaeijiiiriv den coiif/mjntkDis >r7/f/ic/ises.
que lorsqu'il occupa le* fauteuil cl il avait cet art particulier (le, prévenir les orales (pie d'autres mettaient leurs efîlu'ts à calmer. Mêlé à la plupart des grands débats parlementaires depuis 183G, il y apporta constamment l'autorité d'une parole conciliante, sans toutefois abandonner jamais le drapeau du libéralisme, sous les plis (lu(|uel il était entré au parlement. M. Vervoort, qui avait acquis en faisant son stage à Paris, dans le cabinet de Chaix d'Est-Ange, une ampleur de langage et une finesse de goût qui le désignaient naturellement pour occuper une })lace distinguée parmi nos orateurs politiques, a cessé de faire partie de la chambre en 1863, avec ses amis Loos et H. de Boë, lors de l'efîbndrement du parti libéral à Anvers, sous le coup de l'agitation causée par la question des servitudes et des citadelles.
En dehors des liommes qui s'élevèrent au premier rang, les chambres belges ont compté dans leur sein un grand nombre d'administrateurs d'élite, do dialecticiens habiles et de vaillants athlètes, versés dans l'art do con\aincre et de persuader. Il m'est impossible de les nommer tous, il en est dont la réputation n'est pas encore assez solidement assise ou (jui tiennent une trop grande place dans les polénii(|ues du jour })Oui' (jue je cite leurs noms; je ne veux i)as, d'autre pari, (ju'un livre d'histoire serve do prétexte et de passeport à de banales réclames. On me permettra cependant de rappeler parmi les minist res dont le passage aux affaires a laissé des ti'aces séi'ieuses, MM. Ilipi). Kolin, Van Hooi'ebeko et
V.'in (Icr Slicliclcn, (rois Gantois qui dirigc-i'ent avec une habileté rcconniio le (lé])ai'teinent dos travaux publics; parmi ceux (jui tiérèrent les tînanees, deux Aii- Yorsois, MM. Vojdl et Jacobs, lo premier travailleur modeste et consciencieux, le second orateur incisif, ayant pris de bonne heure sa i)lace parmi les chefs de l'opinion catholique; parmi les ministres des affaires étrangères, MM. de A'i-ière et d'Aspremont-Lynden, deux gentlemen (]ui ont su recueillir l'estime et la considération de tous les partis; à l'intérieur, M. Alph. A'andenpeereboom, (pii a mis sagldire à tenter l'd'uvre de la décentralisation administrative, et M. Eud. Pirmez, à la fois économiste et jurisconsulte, orateur spirituel et hardi, parfois un peu su])til; puis M. d'Hofïschmidt, qui dirigea plusieurs départements avec un tact l)arfait et une inq)arlialité remarfpiable; parmi les orateurs, M. Schollaert qui remporta en 180(3, lors de la discussion de la réforme électorale, l'un des plus beaux succès de tribune dont il y ait mémoii-e dans nos annales ; M. Forgeur, ancien membre du Congrès, élevé à cette grande école de Teste, dont la fin misérable n'a pas altéré la réputation d'éloquence ; le comte de Liedekerke-Beauffbrt qui, au début de sa carrière parlementaire, promettait d'occuper une place à côté de Dechamps vi de De Decker; les barons de Macar, de AValia et Dellataille qui prononcèrent au sénat des discours eml)reints d'un souille patriotique qui provoquait l'émotion de leur auditoire; parmi les jurisconsultes éminents, les Lelièvre, les ïhonissen, les Delcour: parmi les écono-
mistos, Lcsoinne, Jaeqiiemyns, ï'Kint de Nae}'or et Léon Cans, le fervent apôtre de la réforme postale ; parmi les hommes aux fortes convictions qui défendirent avec une ardeur infatigable les intérêts de leur parti, les Van Schoor, les De Naejer, les Muller, les Tack, les Wasseige ; parmi les lettrés dont chaque harangue est un pamphlet et chaque pamphlet une harangue, MM. Coomans et Louis De Fré' ; puis enfin ces gloires de la tribune, toujours au premier rang dans des camps divers, les Castiau, les Dumortier, les d'Elhoungne.
Il a été parlé déjà d'Adelson Castiau, de ses principes, de sa verve, de son éloquence. Je veux consaci'er les dernières lignes de ce chapitre aux deux hommes dont les noms se sont présentés les derniers sous ma plume. J'y trouverai l'occasion de mettre en relief quelques traits intéressants de notre histoire contemporaine.
C'est un fait remarquable et digne d'attention que le concert unanime de sympathiques regrets qui s'éleva sur la tombe de Barthélémy Dumortier, un mois jour pour jour après l'époque où le verdict populaire avait renversé du pouvoir les hommes i)olitiques dont il fut l'allié et l'ami.
On a vu mourir d'autres chefs du parti catholique, M. Ad. Dechamps qui fut un (''lu(|uent orateur, M. de Theux qui fut tant de fois premier ministre, et pendant quarante ans un drapeau — sans que l'opinion publique se soit vivement émue. ]Xul n'a songé, même parmi leurs