‹ La Belgique contemporaineChapitre 28 sur 47 · VENDUS. MOYEN · texte numérisé non relu

VENDUS. MOYEN

Chevaux adultes du pays 42,181 fr. 660

Poulains 9,563 "406

Vache; laitières 109,363 " 344

Les chevaux les plus gros et les plus forts se rencontrent dans la Flandre occidentale, spécialement dans la région du Furnes-Ambacht, et ces chevaux colosses qui traînent dans les rues de Londres les chariots de la fameuse brasserie de Barclay et Perkins appartiennent à cette race flamande. Le cheval ardennais, au contraire, est petit, fait pour les montagnes et pour traîner de faibles fardeaux. Le cheval du Condroz est un double Ardennais, d'un grand usage dans lartillerie.

Parmi les 1,200,000 bètes bovines, on compte environ 700,000 vaches qui fournissent chacune une moyenne de 5 litres de lait par jour, soit 3 i'2 millions de litres. Une partie de ce lait est consommée par les veaux, une autre sert à nourrir les jeunes cochons, une autre à la fabrication du beurre et du fromage ; le reste à l'alimentation de l'homme, avec une légère addition d'eau. On a calculé que le bétail belge fournit à la consommation environ 40 millions de kilogrammes de viande par année. Pour 5 millions d'habitants, ce chiffre représenterait 9 kilogrammes par tète et par année. Neuf kilogrammes de viande par an et par individu ! Que de gens ne mangent pas de viande, ou combien on en doit importer de

13œufs 67,012

Génisses 107,272

Bouvillons 31,279

Voaux 81,1.34

Moutons 08,06.5

A;j:ncaux 4, 090

l'étranger! Los importations sont, on oiïet, considérables et le deviennent chaque jour davantage. Le bétail des Etats-Unis arrivera sans doute à j)rendi'e un jour une ])lace importante sur nos marchés. Il y a lieu d'ajouter, que les moutons fournissent 5 millions de kilogrammes de viande par an. Quant aux chèvres, elles donnent, outre la peau qui sert à fabriquer les gants, environ 45 millions de litres de lait. Le porc indigène fournit 25 millions de kilogrammes de viande par an à la population.

Le dernier recensement a constaté Fexistence de 5 millions de poules, de dindons, de canards, oies et pigeons, c'est-à-dire autant de volailles que d'habitants. Ajoutons que l'on exporte bon an mal an 17 millions d'anifs au-delà des importations.

Une mention est due aux abeilles; la mise en culture d'une vaste étendue de bruyères en a diminué le nombre, mais on compte qu'en évaluant le produit annuel d'une ruche à 14 francs , le revenu que produisent les 150,000 ruches d'abeilles déclarées, s'élève à plus de 2 millions de francs.

A côté de la culture agricole proprement dite, il ne faut pas omettre un autre élément important : la culture maraîchère. Celle-ci donne des bénéfices notables aux environs des grandes villes. On s'y occupe surtout du débit des légumes frais. Quelques cultures se sont localisées. Parmi les productions spéciales de cette catégorie, on cite les asperges de Gand, de la Campine et des environs de Mons et de Tournai, les petits choux de

Bruxelles dont la réputation est européenne. — La culture des^ fruits est aussi très prospère, surtout dans les provinces wallonnes, et Ton en exporte pour environ 8 millions. La presque totalité s'expédie en Angleterre, les autres pays voisins, la France et l'Allemagne surtout, produisant de meilleurs fruits que la Belgique. Quant à riiorticuliure belge, elle est renommée dans le monde entier, et les noms des Linden, des Van Houtte et des Verschafîëlt sont connus de tous les amateurs du globe.

La pêche est l'agriculture de la mer. C'est donc ici le lion d'en dii'o quelques mots. L'industrie de la pêche maritime s'exerce à Anvers et dans 5 ports du littoral de la mer du Nord : à Ostende, à Nieuport, à Blankenberghe, à Heyst et à la Panne (Adinkerke). Elle compte 278 chaloupes jaugeant ensemble 9,000 tonnes et montées par 1,550 hommes d'équipage. La pêche de la morue et la pêche de marée fournissent à la consommation un contingent annuel de 4 1/2 millions de kilogrammes de l)oisson, au(juel il faut ajouter une valeur de 103,328 fr. pour la petite pèche du hareng. La pêche de la morue est en décadence, et l'ancienne grande pêche du hareng n'existe plus. D'après quelques-uns, cette industrie est en décadence parce que son produit actuel est inférieur à ce qu'il était jadis ; d'après d'autres, elle est en progrès parce que le nombre des chaloupes a quelque peu augmenté. En réalité, elle existe à peine, elle végète, par suite du manque d'organisation et de capitaux.

Passons à l'irulustrie, qui est la mise en œuvre des

ressources matérielles de la nature. La Bclgiijue s"est fait dans ce domaine une place honorable à côté de ses plus puissantes rivales. Les récompenses qu'elle a rapportées des expositions universelles de Londres , de Paris et de Vienne en font foi. L'exposition qui s'ouvrira cette année à Bruxelles permettra d'apprécier l'onivre accomplie pai' le travail de deux générations. Quelques-unes de nos industries ont traversé depuis 1830 des crises douloureuses. La révolution, des guerres de tarifs, la perte de débouchés importants, des trotibles extérieurs, des influences climatériques, des transformations dans Foutillage, des entraînements et des paniques, des accidents de diverse nature ont agi chez nous comme partout ailleurs sur le développement du travail national, mais d'une façon générale le progrès a été constant, et la richesse pul)lique a suivi une marche ascensionnelle, marquée par la hausse des salaires et la diminution du paupérisme.

L'exposition nationale de 1880, la première que l'on ait essayé d'organiser depuis 1847, aura cet avantage de fournir les éléments d'un tableau exact et complet de notre activité industrielle. Les appréciations dont celleci a été l'objet jusqu'à ce jour sont éparses dans les rapports des jurys des diverses exhibitions universelles, et il n'existe aucun travail d'ensemble qui puisse servir de guide pour un exposé de la situation présente. La statistique officielle se borne à f lire connaître la production des mines et des carrières, celle des usines sidérurgiques et le chiffre des ouvriers employés dans Tindustrie mi-

nérale. Pour aller au-delà, il faudrait compulser les derniers rapports des chambres de commerce, qui bornent leurs indications aux fabriques de leur ressort. Les indications de ce livre seront donc nécessairement très sommaires et très incomplètes. Le seul aperçu général qui se rapporte à une date récente est celui que M. Ed. Ronnberg, ancien directeur des affaires industrielles au ministère de l'intérieur, a publié en 1875 dans la Patria Bclgica\ J'en reproduirai les données principales, en me servant pour les compléter de quelques indications plus récentes.

Parlons d'abord des industries textiles. La fabrication du drap, si florissante dans les Flandres avant l'époque des persécutions religieuses qui firent émigrer les meilleurs ouvriers en Hollande, en Allemagne et en Angleterre, s'est maintenue et a continué de fleurir d«nns la vallée de la Vesdre. A la fin du siècle dernier, pendant la réunion de la Belgique à la France, elle occupait dans la vallée qui s'étend de Verviers à Eupen, plus de trente mille ouvriers. Elle dut sa plus grande prospérité à l'intelligence de MM. Biolley et Simonis, qui surent mettre àproflt les services d'un ouvrier anglais nommé William Cockerill. Cet habile artisan, dont le père fonda plus tard les célèbres usines métallurgiques de Seraing, introduisit chez ses patrons les mécaniques en usage en Angleterre. Grâce aux progrès constants de la fabrication, l'industrie drapière acquit en trois quarts de siècle

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