Tome III, pai;e
une fclle iinpiu-lancc (|ii"il y a une dizaliK; dannéos les maehinos de Verviors faisaient mouvoir 500,000 broches et metlaient en (iMivn> Ijon an mal an jirrs de 50 millions do kilogrammes de laines. Les étotîes de laine rayées et mélangées se fabriquent aussi dans le Hainaut, le Brabant et la Flandi-e orientale, et font une sérieuse concurrence aux produits similaires sur les marchés étrangers.
L'industrie cotonni^re, qui a son centre dans la ville de Gand, appelée avec raison le Manchester de la Ik^lgi(^ue, doit sa première prospérité dans les temps modernes à Liévin Bauwens qui, au péril de ses jours, apporta en Belgique les machines anglaises dont l'exportation était prohibée sous peine de mort. Elle traversa des crises aiguës après la révolution. Les annales législatives de 1830 à 1842 sont pleines de ses doléances. Tantôt ce sont des milliers d'ouvriers qui réclament du travail ; tantôt ce sont les fabricants qui réclament une protection douanière. De trop zélés amis demandaient au sein des chambres la prohibition des fils étrangers, l'application d'une estampille sur les produits de la fabrication nationale et jusqu'à la recherche à domicile des tissus introduits en fraude. Les réclamations des cotonniers furent traitées pendant quelque temps de manœuvres orangistes. Plus tard, quand les principes de la liberté commerciale eurent commencé à prévaloir, l'industrie gantoise se crut perdue à cause de la concurrence de l'Angleterre et de la supériorité de son outillage. Malgi'é ces obstacles et grâce à l'activité
d"industriels éminonts, parmi lesquels nous citerons les Lousbergs, les Voortman, les de Hemptinne, les de Rongé, les Van Hoegaerden, la fabrication des cotons, des indiennes et des étoffes mélangées s'est maintenue et développée. Elle a fini par atteindre un haut degré de perfection. La Belgique possède aujourd'hui 800,000 broches et ses produits ont été fort appréciés aux expositions internationales de Londres et de Vienne.
L'industrie linière n'a pas été moins éprouvée. De temps immémorial, les Flandres ont été renommées pour la fabrication des toiles dont la culture indigène fournissait la matière première. Les lins étaient filés à la main par nos villageoises dont on affirma un jour' que la salive avait une vertu particulière pour donner au fil la finesse et la résistance. Les toiles étaient tissées à domicile, et ce travail du foyer domestique assurait l'existence d'une grande partie de la population de deux de nos plus riches provinces. Le jour vint oti la France ferma sa frontière à nos toiles, en même temps que l'Angleterre organisait sur son territoire la filature à la mécanique dont elle eut pendant longtemps le monopole. Ce fut pour l'industrie linière des Flandres un coup terrible. L'agriculture réclama la prohibition de la sortie du lin brut, tandis que les filateurs et les tisserands demandaient avec non moins d'énergie l'établissement de droits prohibitifs à l'entrée des toiles étrangères. De même qu'un représentant catholique de Gand,