‹ La Belgique contemporaineChapitre 6 sur 47 · GO · texte numérisé non relu

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duo à M. le baron Huyttens, ancien secrétaire particulier (le M. .].-]]. Notlionil) ci iireflier de la clu'unbre des représentants, vint fournir aux hommes politiques un exposé des travaux de notre assemblée constituante.

Pour donner une idée à peu près exacte do ces délibérations, M. Plujttens eut recours à tous les journaux du pays. C'est dans une douzaine d'entre eux qu'il recueillit les éléments de son utile et consciencieux travail, contrtMé par les procès-verbaux qui reposent aux archives des deux cliambres. Il y joignit tous les documents politiques, administratifs et diplomatiques, épars dans la presse et les recueils spéciaux. On constate par la lecture des débats auxquels prirent part au sein des chambres d'anciens membres du Congrès, et par des allusions faites à des discussions antérieures, (|ue sur bien des points on ne possède pas l'expression textuelle de la pensée des orateurs. M. Bourson rappelle d'ailleurs, qu'en 183G, lors de la discussion de la loi communale, l'article 108 de la Constitution ayant été invoqué contre le projet, l'on dut demander au Courrier des Pays-Bas et au Journal des Flandres de l'époque une interprétation que le silence absolu du journal officiel ne permettait pas de donner.

En somme, avant l'ouvrage de M. Huyttens, on ne possédait que le squelette des débats et son travail peut se comparer à celui que dut accomplir Cuvier pour reconstituer la carcasse des animaux antédiluviens.

Et encore, '• des discours qui, nous nous en souvenons, ont duré deux et trois heures, tiennent à peine

une page clans le livre de M. Huyttens : témoin, par exemple, le discours de M. Destriveaux sur la forme du gouvernement, qui a eu la gloire de convertir un républicain à la monarchie, conversion si vivement reprochée à M. Van Snick par M. de Robaulx (séances des 19 et 20 novembre 1830) ; mais V Union belge avait tellement écourté cette séance magistrale que force a été à l'auteur de Fouvrage de prendre dans le Courrier des Pays-Bas une analyse un peu plus développée, qui néanmoins se borne aux seules généralités de la question ".

On procédait vite au Congrès national. La question de la forme du gouvernement fut vidée en trois séances de quatre heures. En ces douze heures on entendit 54 orateurs. La statistique dira qu'en mettant hors de compte le temps pris par les communications diverses, ce fut à peu près 10 minutes par orateur.

La première période du Congrès fut la plus remarquable par la fermeté des décisions, et par la grandeur des débats, mais ce ne fut point la plus brillante par l'éloquence des orateurs. La plupart de ceux-ci abordaient la tribune avec hésitation; presque tous les discours étaient lus, et l'on apportait beaucoup de livres pour citer des autorités. Toutefois des orateurs éminents se révélèrent. Ceux-là furent les parlementaires de l'avenir.

Le Moniteur a publié l'année dernière les noms des survivants de la Constituante. Ils étaient vingt-sept, dont voici les noms par ordre ali)habéuque : Andries,'

l'ai'banson, IJergcr, Béthunc, Biver, Henri do Brouckere, de Coppin, de Haerne, Delehaye, De Roo, Paul Devaux, Doreye, d'Huart, d'Yve de Bavay, Fransman, Henry, Jacques, Jaminé, Leclercq, Mulle, J.-B, Notliomb, Peemans, Charles Rogier, Rosseeuw, Vander Looy, Vergauwen et Ch. Vilain XIIII.

Parmi ces nr»nis il y avait ceux (riinnuiics illustres, tels que H. de Brouckere, Rogier, Devaux, Leclercq, Nothomb, Vilain XIIII, placés au premier rang parmi les fondateurs du royaume de Belgique.

Immédiatement ai)rès, on pouvait ranger comme individualités remarquables à divers titres les Bai'baiison, les De Haerne, les Delehaye, les d'Huart, les Jaminé.

Restent les personnages moins connus, dont on peut dire : " Ils furent du Congrès ", comme on disait autrefois de quelques vieux braves : " Ils furent de la grande armée ".

Avant de rendre un hommage spécial au mérite et aux services des plus éminents, je vais compléter aujourd'hui par quelques renseignements sommaires la biographie générale des vingt-sept '\étérans sur lesquels se trouve appelée l'attention.

L-abbé J.-O. Andries, ancien curé de Middelbourg avant la révolution, élu par le district d'Eecloo, meml)re de la chambre, de 1833 à 1839, chanoine honoraire de la cathédrale de Bruges.

J. Bakiîanson, avocat, membre du conseil, attaché au comité de justice en 1830, élu pai' Bruxelles ; depuis.

membre du conseil provincial du Brabant , sénateur, vice-gouverneur de la Société générale.

Nicolas Berger, juge au tribunal de F^ instance d'Arlon en 1830, élu par le district d'Arlon, en remplacement de M. Tinant d'Autelbas, non acceptant. Depuis, membre de la chambre des représentants, de 1831 à 1839, vice-président et président du tribunal d'Arlon.

FÉLIX BÉTHUNE, négociant, élu suppléant par le district de Courtrai, remplaça au Congrès le baron de Pelichy Xan Huerne, qui opta pour Bruges, fut bourgmestre de la ville de Courtrai depuis le 19 août 1836.

André Biver, médecin, élu suppléant par le district de Luxembourg, remplaça l'avocat Fendius, qui avait lui-même remplacé M. Charles Metz, non acceptant ; fut longtemps membre de la députation permanente du Luxembourg. Habite aujourd'hui Ivry, près Paris. Son fils fut un des officiers les plus distingués de l'armée belge et dirige actuellement en France la manufacture de glaces de Saint-Gobain.

Hexri de Brouckere, procureur du roi près le tribunal de V^ instance de Ruremonde, élu par ce district ; conseiller à la cour suprême de justice de Bruxelles en janvier 1831, commissaire extraordinaire près le prince Léopold en 1831, membre de la chambre des représentants pour Ruremonde, Bruxelles et Mons, conseiller à la cour d'appel de Bruxelles, gouverneur des provinces d'Anvers, Liège et Hainaut, ministre plénipotentiaire en Italie, ministre des affaires étrangères, ministre d'État.

Le l)aron I''ri:ii,i,i.N hk Copimn, nu'inbrt! et sccrctairo (lu udiivcniciiiciit |)i'(t\ isoirc, ('In par \o. district do Diiiaiit; plus lanl j^oiivernciii' du iJi'ahaiit.

L'abbé Désiré De IIaerm:, vicaire à Bruges en 1830, élu par le district de Roulers ; membre de la chambre des représentants, de 1831 à 1833, et de 184-1 jusqu'aujourd'hui ; chaTioine et i)rélat domestique du S'-Siège.

.TossK Dklkhaye, avo(;at, élu par le district de Gand ; fut membre de la chambre des représentants, de 1831 à 1832, puis de 1831 jusqu'à ce jour, à quelques années près ; bourgmestre de Gand, président de la Cluunbre.

Charles De Roo, juge suppléant au tribunal de Bruges, élu suppléant par le district de Thiclt, remplaça M. de Muelenaere, qui opta pour Bruges. Fut membre de la chambre des représentants depuis l'origine jusqu'en 18-19.

Paul Devaux, avocat, l'un des propriétaire.s-collaborateurs du Mathieu Laenshcrg , devenu le Politique de Liège, membre de la commission de constitution, élu suppléant par les districts de Bruges et de Liège, remplaça M. Jullien, non acceptant. Fut membre du conseil des ministres sous le Régent, du 28 mars jusqu'en juillet 1831, commissaire extraordinaire près le prince Léopold en mai 1831, commissaire près la conférence de Londres en 1831, membre de la chambre des représentants depuis l'origine de cette assemblée jusqu'en 1863; membre de l'Académie royale de Belgique.

Alexandre-Joseph Doreye, substitut du procureur général près la cour supérieure de justice à Liège, élu

suppléant par ce district, remplaça M. d'Omalius, élu également suppléant à Hiiy, et qui avait remplacé luimême M. Orban de Rossius. M. Doreye fut depuis avocat général et premier président honoraire de la cour d'appel de Liège.

Le baron Ed. d'Huart, commissaire de district à Grevenmacher , élu par le district de Virton; fut membre de la chambre des représentants depuis 1831, ministre des finances, gouverneur de la province de Namur, ministre d'Etat, aujourd'hui sénateur pour Dinant.

Le marquis Théodore d'Yve de Bavay, propriétaire, élu suppléant par le district de Soignies, remplaça le baron Fr. de Sécus, élu également à Ath.

J.-E. Fransman, avocat à Alost, secrétaire de la ville de Grammont, élu par le district d'Alost'.

J. Henry, juge au tribunal de Dinant, élu par ce district; fut président du tribunal et vice-président du conseil provincial de Namur.

Jean-Théodore-Hubert Jacques , ancien chef de comptabilité au gouvernement provincial de Luxembourg, commissaire de district à Marche, élu par ce district ; fut depuis membre du conseil provincial du Luxembourg et représentant de Marche à diverses reprises.

Joseph Jaminé, avocat, rédacteur du journal VÉciai-

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