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LES PRÉLIMINAIRES DE LA CONFÉRENCE

Le bloc-or était, on le sait, une réunion effectuée entre les puissances fidèles à l’étalon or, lorsque la Conférence de Londres de 1933 eût révélé son impuissance à résoudre les difficultés monétaires du monde. Il comprenait en principe six pays : la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l'Italie, et la Pologne, mais on entendait généralement sous cette dénomination les pays ayant des frontières communes, à l'exclusion de la Pologne. La création de ce bloc qui fut surtout l’œuvre de la France et en particulier de M. Moret, gouverneur de la Banque de France se réalisa en deux étapes.

Première étape : Résolution des six puissances précitées à la Conférence de Londres (3 juillet 1933).

Deuxième étape : Quelques jours après (8 juillet 1933) : Communiqué publié par les gouverneurs des instituts des six pays réunis à Paris à l'Hôtel de la Banque de France.

Les dispositions de ces deux documents dont on trouvera le texte plus loin” sont, comme on s’en rend aisément compte à la lecture, assez platoniques. En fait, on attendait de cette mesure un effet surtout moral. On créait entre les instituts d’émission un lien, qui au besoin, pouvait avoir des conséquences pratiques s'exerçant sous la forme d’aides financières aux participants qui auraient des difficultés monétaires. Cela pouvait déjà faire réfléchir la spéculation qui savait qu’elle ne se trouverait plus en face de l'institut d'émission du pays en difficulté, mais

1 Annexe V: Textes relatifs à la constitution du bloc-or.

de ceux des cinq autres pays. D'un autre côté le bloc-or permettait le libre jeu des mouvements de l’or entre ces pays, sans que les instituts qui se dépouillent aient à craindre une pression déguisée par exemple du bloc sterling.

Mais il ne faut pas le cacher, le mécanisme du bloc-or était cependant bien incomplet. Le lien dont nous parlions précédemment n'avait reçu aucune ratification écrite et même orale. A l'encontre du bloc-sterling où la Grande Bretagne par exemple, avait conclu des accords préférentiels avec les pays scandinaves satellites de la livre, les pays du bloc-or n’avaient pas de relations commerciales autres que celles qui résultent de la vie internationale ordinaire. Bien plus, des différents économiques existaient entre eux et nous en avons vu un exemple typique précédemment à propos du conflit commercial franco-belge.

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M. Jaspar, ministre des affaires extérieures, dont nous avons déjà signalé les efforts sans succès en vue d'obtenir de nouveaux débouchés, avait parfaitement aperçu ce manque d’unité commerciale et quels merveilleux marchés pour les exportations belges constituait cet ensemble de six états qui groupaient 135 millions d’habitants en Europe et près de 250 millions avec leurs colonies. Aussi, profitant d’une session de la S. D. N. provoqua-t-il une réunion des cinq états limitrophes de l’Europe Occidentale. On trouvera plus loin * le communiqué que les représentants de ces puissances remirent à Genève le 24 septembre 1934 à la presse internationale. Sur l'initiative du ministre belge le communiqué s’orientait surtout vers le problème de « l’élargissement des échanges internationaux ». Puisque le « but principal » de la Conférence qui devait se tenir à Bruxelles était ainsi nettement défini (les questions monétaires ayant déjà été

1 Annexe V: Communiqué de Genève du 24 sept. 1934,

réglées le 8 juillet 1933) il n’est pas sans intérêt d'examiner sommairement le commerce extérieur des cinq pays participants, en insistant, naturellement sur la situation de la Belgique dans le bloc-or.

SECTION II

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