‹ La Belgique Devant La Crise: La Dévaluation A-T-Elle Été Une Solution?Chapitre 23 sur 82 · LE COMMERCE DU BLOC-OR · texte numérisé non relu

LE COMMERCE DU BLOC-OR

La valeur globale du commerce (exportations et importations) des pays du bloc-or entre eux et avec les autres pays, avait évidemment subi, par suite de la crise, une importante diminution en valeur. Mais il importe de remarquer l’ascension constante en pourcentage du commerce mondial. La tableau suivant en donne une juste idée.

: Pourcenta Valeurs en francs suisses 8e

Année (illions) du commerce

mondial 1028 58.641 167% 1209 59.772 168% 1930 51.229 1700 1931 39-469 193% 1932 26.646 19.2 n£ 1933 24.868 20 USE

Si nous examinons maintenant la situation particulière de chaque Etat nous arrivons à la conclusion suivante : Les pays du bloc-or faisaient entre eux une partie très importante de leur commerce de 15 à 37 %. On comprend aisément quels résultats la Belgique escomptait de la Conférence de Bruxelles.

Voici du reste la situation des différents pays en 1933 (année qui précède la Conférence) ’.

Importations Exportations France Pays Chiffres Pourcentages Chiffres (millions Pays-Bas 832 OLA de frs) Union Economique Belgo- Luxembourgeoise 1.965 2.140 Suisse 632 1.330 Italie 622 492 4.051 20% 37 % 4-604 Pays-Bas U. E. B. L. 135 118 (millions France 55 86 de florins) Suisse 13 20 Italie 16 13 210 10480 2000. 727 Suisse Pays-Bas 53 28 (millions U.E. BL AL 25 de frs suis- France 272 123 ses) Italie 143 82 539 30,5 70322 258 Italie Pays-Bas 177 195 (:936) © U° E.:B. L: 369 2.597 (millions France 1.504 1.234 de lires) Suisse 548 D ie 2.598 15% 21 % 4955

1 Des réserves importantes doivent être faites: Les statistiques pour

Les relations économiques entre les pays du bloc-or étaient donc d’une importance capitale pour la France et la Suisse, et beaucoup moindre pour l'Italie et les Pays-Bas.

Voici maintenant quelle était la situation de la Belgique par rapport au bloc-or. (Les chiffres qui suivent ne comprennent pas ceux relatifs aux colonies des pays considérés, par contre les chiffres du transit en sont déduits.)

Commerce de l'U. E. B. L. avec Le bloc-or (en millions de francs belges)

Importations 1931 1932 1933 France F, Xe: RAT CRAN ERA 2.649 2.581 Pay DA ie. ARS AE CS 2.327 1.742 APS Au mise CO SR 192 [tee M Rte ARE 181 189 Fotal 1, Mat Res 5.348 4.704 Pourcentage du commerce total 33.59 °, 32.56 % 30.86 Balance favorable .. ... .. <+rr + 514 + 894 Exportations France LU ME 0 2.980 2.934 PAPAS one RON rt 1.948 1.767 SUR. gt nt vite ONE 611 547 LAS: 56 OR ETS 323 350 Total RAS US 5.862 5.598

Pourcentage du commerce total 35.64 % 3873 % 30.17 %

la France par exemple comprennent le transit, pas pour la Belgique. De plus, les Pays-Bas comprennent dans leurs chiffres les colonies, pas la France. Ces modes différents d'établissement des statistiques ainsi que les années (1930 pour l'Italie) expliquent les anomalies apparentes.

Le tableau précédent est très intéressant parce qu'il permet de signaler que c'était la Belgique qui en 1933 occupait la place la plus favorable dans le bloc-or. Parmi ses acheteurs la France tenait la première place, les Pays-Bas la troisième, la Suisse la sixième et l’Italie la septième.

Parmi ses vendeurs : la France occupait toujours le premier rang, les Pays-Bas le troisième, la Suisse le neuvième et l'Italie le dixième. Les exportations belges dans les pays du bloc-or, en excluant les colonies où la Belgique trouvait cependant de très bons débouchés, représentaient 309.17 % des exportations totales et elles avaient augmenté de 3.53 % en trois ans. Par contre, les importations belges ne représentaient que 30,86 % des importations totales et avaient diminué de 2,73 % durant ces trois années. La Belgique avait donc trouvé de nouveaux débouchés très importants dans le bloc-or tout en lui achetant moins. C’est là un fait très important qu'il importe de souligner. |

Enfin, troisième constatation encore plus favorable : on sait que la Belgique avait une balance commerciale déficitaire d’environ 1 milliard pendant les trois années considérées. Or, elle avait réussi à tirer du bloc-or une balance commerciale FAV O- RABLE qui passait de 11 à 804 millions.

De ce qui précède, il n’y a pas à s'étonner que l'initiative de la Conférence du bloc-or vint d’un ministre belge. Faisant le commerce avec des pays qui ont des contingents, la Belgique avait réussi non seulement à augmenter ses débouchés mais encore à se créer une balance favorable de près d’un milliard.

était-il pas à présumer que par « l'élargissement des échanges internationaux » escompté à la Conférence de Bruxelles (traduisons la suppression tout au moins partielle des contingents) la Belgique trouverait encore de nouveaux débouchés et peut-être réussirait à réduire à de faibles sommes son déficit commercial général.

SECTION III

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