LE PLAN VAN ZEELAND
Ce n’est pas sans une certaine répugnance que nous employons le mot: « plan » pour désigner l’ensemble des mesures proposées par le premier ministre belge. Le planisme est À la mode. L'homme ne veut plus être dominé par les lois économiques et les circonstances, il veut diriger, façonner l’économie du pays
dans un sens déterminé. Né au chaos qui a suivi la guerre et s'est aggravé depuis la crise de 1929 ce besoin a gagné beaucoup de pays. Il y a en U. KR. S. S. le plan quinquennal, aux U. S. A. le plan Roosevelt (N. R. A.), en Italie le plan autarchique de Mussolini pour ne citer que ceux-là et il n’est pas jusqu’à la Grande-Bretagne qui n'ait sacrifié à cette mode puisqu'’existe le New Deal de M. Lloyd George en opposition formelle avec l'antique politique britannique du « wait and see ». A vrai dire, y at-il un plan Van Zeeland? Nous le pensons pas. Le gouvernement belge s’est trouvé obligé de dévaluer. Cette opération faite en pleine fièvre risquait de devenir dangereuse de par ses répercussions sur l’économie du pays. Afin d’assurer la transition, le retour à l’économie normale, afin aussi d'éviter le retour de circonstances semblables, le gouvernement belge a pensé qu'il fallait pendant un an que la puissance publique tempère les contre-coups de la dévaluation et prévienne par des mesures le retour de semblables erreurs. Le plan Van Zeeland n’a rien de la rigidité du plan Roosevelt ou de Man et tous les programmes gouvernementaux visant à assurer la « rénovation économique du pays » pourraient alors aussi bien s'appeler des plans. Quoiqu’en disent, du reste, les milieux officiels belges, sans la dévaluation il n’y aurait pas eu de plan Van Zeeland, mais un programme du gouvernement Van Zeeland.
Le plan Van Zeeland (nous nous servirons ici du mot consacré en faisant toutefois les réserves ci-dessus) tel qu’il résulte de la déclaration ministérielle lue à la Chambre le 29 mars 1935 (reproduite à l'annexe VIII) a, nous l'avons dit, #n point de départ d'ordre monétaire: la dévaluation. s'occupe ensuite de la principale cause de celle-ci les banques et le crédit; il édicte enfin une série de mesures propres à ranimer l'économie du pays assise désormais sur une monnaie et des banques solides.