‹ La Belgique Devant La Crise: La Dévaluation A-T-Elle Été Une Solution?Chapitre 50 sur 82 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Il est déjà difficile, comme on a pu s’en rendre compte, de discerner exactement la part de la dévaluation dans l’évolution des finances publiques ou privées belges. Cette difficulté devient encore plus grande lorsqu'il s’agit d'examiner les résultats sociaux et surtout économiques de la dévaluation.

Pour juger il faut comparer et choisir pour cela deux termes.

Quel sera le premier terme?

Fin mars 1935 c’est le moment de la crise décisive et les données semblent bien trompeuses, fin 1934, la Belgique se relevait d’une rude crise annonçant celle de mars. Aussi nous semble-t-il logique de prendre comme premier terme de comparaison le mois d’août 1934 qui marque la fin de la politique de déflation (décret du 22 août portant extension de crédit) et l’entrée du pays dans la « zone dévaluatrice ». Encore ne peut-on pas se fier uniquement à ce point de repère. Pour certains indices comme le chômage ou les prix Il y a des variations saisonnières parfois très importantes. Aussi nous réservons-nous pour chaque cas particulier de choisir un terme de comparaison différent que d’ailleurs nous justifierons.

Le deuxième point de comparaison sera en principe mars 1936 qui avec la convertibilité du franc et la fin des pouvoirs spéciaux

semble marquer un retour aux conditions normales de la vie économique. Ce deuxième terme de comparaison pourrait du reste fort bien être déplacé en décembre 1935 ou janvier 1936, le premier trimestre de l’année en cours n’ayant offert que très peu de différences économiques avec ces deux mois.

Le choix des termes de comparaison étant fait il faudra de plus tenir compte d'événements qui, étrangers à la dévaluation belge, ont pu au cours de l’année modifier profondément certaines branches de l’activité économique belge.

En tout premier lieu d'avril à octobre 1935 l'Exposition de Bruxelles a provoqué un mouvement de tourisme considérable déjà accusé par les recettes des chemins de fer, une baisse du chômage de quelque 20.000 unités et un renouvellement rapide des stocks.

Il y a ensuite l’afflux des capitaux flottants qui a exercé sur les banques l’heureuse influence que l’on sait et qui a profondément modifié l’activité de certaines branches de l’industrie comme celle du Bâtiment.

La position sanctionniste de la Belgique dans le conflit italoéthiopien a certainement exercé une compression de ses exportations vers l'Italie mais par contre durant les mois de septembre et d'octobre il y eut de grosses exportations de charbon vers le pays méditerranéen.

Enfin et surtout au cours de l’année il y a eu un redressement sensible de la conjoncture mondiale qui s'est traduite par une aide très efficace à la politique du gouvernement belge, une augmentation notable des échanges du port d'Anvers, un appoint du tourisme qu’il ne faut pas négliger, une abondance de liquidités qui a permis des conversions extérieures, et en général une reprise de l’activité économique et surtout de la production. Tous ces événements ont leur importance. En tous les cas lorsqu'on étudie des statistiques. belges 1l faut toujours se demander si les

effets de ces mouvements ne sont pas venus accentuer ou contrarier ceux de la dévaluation.

SECTION I

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