‹ La Belgique Devant La Crise: La Dévaluation A-T-Elle Été Une Solution?Chapitre 51 sur 82 · L'OFFICE DE REDRESSEMENT ECONOMIQUE · texte numérisé non relu

L'OFFICE DE REDRESSEMENT ECONOMIQUE

Avant d'examiner les mesures prises par le gouvernement pour hâter la reprise économique, nous voulons exposer brièvement quel est l'organisme chargée de cette reprise et quels ont été ses initiatives. Il s’agit, on l’a deviné, de l'Office de Redressement Economique.

L'O. KR. E. C. dont le nom a été emprunté, nous l’avons déjà signalé, au plan de Man a été créé par un arrêté royal du 19 avril 1935 (Annexe X). Présidé par M. Van Zeeland lui-même il est régi par un comité de direction de trois ministres: MM. de Man (Travaux Publics et Résorption du chômage), Bovesse (Instruction Publique), et Van Isacker (Affaires Economiques).

$ r. Son objet très vaste en théorie était « la préparation, la « coordination ainsi que la surveillance de l'exécution des me- « sures prises par le gouvernement en vue de promouvoir le « redressement économique. » Le rapport au roi jette quelque lumière sur ces fonctions un peu vagues. « ÂAssainir, précise-t-il, « consolider et améliorer la vie commerciale, industrielle et « agricole du pays et au dessus de toute chose, assurer à tous « les travailleurs le moyen de gagner leur pain ». Nous verrons que c’est surtout sur cet objet: la résorption du chômage que l'O. R. E. C. sous l'impulsion de M. de Man a porté ses efforts.

$ 2. Pour parvenir à ce « redressement économique de la Nation » l'O. KR. E. C. est chargé « d’assurer, d'accord avec le m1- « nistre des Finances, l'emploi aux fins de la politique de re- « dressement économique du produit de la réévaluation de « l’encaisse-or de la Banque Nationale. »

Le boni de réévaluation précise le rapport au roi, « constitue « entre les mains de l’Office une sorte de masse de manœuvre « qui sera portée successivement là où les effets d’une action « temporaire et énergique, auront chance d’être le plus mar- « marqués ». Il semble donc que l'O. R. E. C. de par son objet et ses possibilités financières devrait dominer toute étude sur les résultats économiques de la dévaluation. En fait il n’en est rien.

C'est que d’abord les possibilités financières de l'O. KR. E. C. se sont trouvées beaucoup plus réduites qu'on ne le pense. Il suffit en effet de se reporter à ce que nous avons dit plus haut sur la trésorerie et l'emploi du boni de réévaluation pour se rendre compte que même après la suppression du fonds d’égalisation des changes et la réévaluation définitive de l’encaisse-or de la Banque (31 mars) l'O. R. E. C. ne peut pas disposer de plus de 2 milliards pour répondre à tous ses objets.

$ 3. Le peu d’aisance de la Trésorerie a donc en fait restreint les initiatives de l'O. R. E. C. au seul domaine des Travaux publics. Nous allons donc examiner ici les principes qui ont commandé à ces travaux publics nous réservant d'étudier leur exécution et leur incidence sociale lorsque nous parlerons du chômage. Les directives ont été données par M. de Man dans un discours à la Chambre du 11 février 1936. Le Ministre y a exposé les trois conditions qui, selon lui, doivent présider à toute mise en train de grands travaux.

1 « Le programme doit s'éloigner délibérément de la con- € ception des « travaux de secours » inventés pour « occuper les « chômeurs» et viser au contraire à favoriser l’activité normale < d’un maximum d'entreprises. En d’autres termes, il faut subs- « tituer complètement à l’errement ancien des « ateliers natio- < naux » la doctrine de « l’amorçage de la pompe des échanges.»

2° « L'importance des travaux doit croître en période de crise

« et diminuer à mesure que l’on s'approche d’un nouveau « boom ».

3 « Les ressources requises ne doivent pas déséquilibrer le ré- « gime financier ni au point de vue des charges budgétaires, ni « à celui du volume de la circulation des moyens de paiement. »

Les grands travaux, prétend M. de Man, auront un rôle prépondérant sur le chômage et l’activité du pays comme cela s’est produit en Suède, où exécutés avec méthode et sous les trois conditions énoncées plus haut, ils ont donné les meilleurs résultats. Nous avons déjà dit que le programme de l'O. R. E. C. tel qu'il a été annoncé à la presse par M. de Man le 23 août 1935 est de 3.500 millions en 3 ans (1936-1938). Mais sur cette somme seulement 2.200 millions répondent à des travaux rentables conformes aux théories orthodoxes de M. Baudhuin. Le reste ne constitue que des dépenses qu’on aurait dû imputer aux budgets ordinaires. La tranche de 1936 est, rappelons-le, de 1182 millions. Ayant ainsi déterminé les attributions de VO. KR. E. C. et les directives qu’il entendait appliquer à son œuvre de redressement économique, nous allons maintenant passer en revue les principales branches ou indices de l’activité du pays.

SECTION II

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