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maine très proche de celui des échanges extérieurs qui sont, comme on le sait, d’une importance capitale pour la Belgique. L'évolution des prix de gros a été la suivante:
Prix de gros (1914 = 100 Francs-or Francs-or
Janvier 1935 472 68 Sept. 1935 560 58 Février 1935 466 67 Oct. 1935 574 60
Mars 1935 464 67 Nov. 1935 582 60 Avril 1935 531 55 Déc. 1935 579 60 Mai 1935 552 57 Janvier 1936 581 60 Juin 1935 555 58 Février 1936 580 60
Juillet 1935 553 57 Mars 1936 578 60 Août 1935 552 57
La hausse souhaitée par le gouvernement a donc été de l'ordre de 25 % depuis la dévaluation. Dans ces 25 % il y a lieu cependant de faire rentrer une hausse de 4 % qui a été accusée en même temps par les prix de gros mondiaux de sorte que la part de la dévaluation ressort à 21 environ.
Le gros avantage de la dévaluation, nous reviendrons sur ce point, a été de rabaisser de 68 à 60 les prix de gros-or et de placer ainsi la Belgique en situation exportatrice. Si l’on remarque qu'en 1935 les prix de gros anglais ont haussé de 8 % on comprendra que la hausse due à la dévaluation n’est pas très dangereuse puisque les prix belges sont encore légèrement en dessous du niveau mondial. Sans la politique actuelle des tarifs douaniers et le rétrécissement des échanges internationaux la position de la Belgique serait donc très intéressante.
L'indice des prix de gros dont nous venons de signaler l’évolution est certainement bien mieux composé que celui des prix de détail. Il comprend en effet 128 articles, divisés en 17 groupes. L'indice général s'obtient en tenant compte des indices pondérés de ces groupes et se trouve donc assez proche de la réalité.
Il est intéressant de ne pas s’en tenir uniquement au résultat brutal de la hausse de 25 % et d'examiner les hausses respectives
des éléments le constitutant. Le tableau suivant est instructif à cet égard.
Prix de gros agricoles Hausse Janv. Avril Janv. 1935 1935 1935 Janv. 1936 Matières premières:
4% 4 98) Demis-produits:
34% 88 102 (73) Produits finis:
207% 91 95 (68) Prix de gros industriels:
Hausse Janv. Avril Janv. 1935 1935 1935 Janv. 1936 Matières premières:
54% 94 121 (87) Demis-produits:
23/% 94 107 (77) Produits finis:
Juillet
Juillet
Octobre Janvier 1935 1936 111 (80) 113 (81) 119 (86) 116 (83) 111 (80) 110 (79) Octobre Janvier 1935 1936 140 (101) 145 (104) 118 (85) 116 (83) 106 (76) 105 (76)
Les indices en valeur-or figurent entre parenthèses.
Une première remarque s'impose: la hausse considérable dans
les deux catégories des matières premières, et cela s'explique aisé-
ment en Belgique car le pays excepté la houille n’a pour ainsi
dire pas de matières premières. Or les importations qui ont dû
être faites pour alimenter les industries de transformation ont été
automatiquement, du fait de la dévaluation haussées de 39 %, d'où hausse des produits industriels de 54 %, et hausse moindre des produits agricoles de 34% par suite d’une utilisation plus grande des produits indigènes. Au contraire les produits finis ou les demis-produits n’ont pas enregistré une plus-value aussi considérable excepté pour les demis-produits agricoles que la Belgique importe aussi en grande quantité.
Une deuxième remarque s'impose aussi: les produits agricoles en général ont haussé davantage que les produits industriels. Là encore la situation économique du pays en est la cause, la Belgique important beaucoup plus de ceux-là que de ceux-ci. On aura du reste une idée plus juste de la hausse des produits agricoles en examinant le tableau ci-dessous qui donne les cours moyens pratiqués sur les marchés régulateurs belges.
Produits Déc. 1934 Déc. 1935 Hausse
En Francs par 100 k.
Blé 60.75 95.58 57 Avoine 64.77 88.72 37% Pommes de terre 30.60 39.61 30% Lin brut 81.81 98.35 20% En Francs par 1 k.
Beurre 19.45 20.58 5,5 / Laine 13.00 18.06 38% En Franc par pièce
Oeufs 0.52 0.79 52%
Il faut tenir compte évidemment des circonstances atmosphér:iques (pour les récoltes) ou humaines (suppression ou rétablissement de taxes à l'importation, main-d'œuvre agricole payée davantage par suite du salaire en nature), qui peuvent modifier
ces résultats. Mais d’une façon générale on peut dire qu’alors la moyenne pondérée des prix de gros industriels est en hausse d'environ 18 à 20 %, celle des prix de gros agricoles atteint un pourcentage de 28 à 30 %. Encore une fois, il ne faudrait pas attendre de toutes les dévaluations un résultat identique car cette évolution tient dans ce cas uniquement à la structure économique du pays.
$ 3. Pouvoir d'achat interne et externe de la monnaie belge.
En fait toute l’évolution des prix de gros ou de détail souhaitée par le gouvernement belge se ramène à une notion plus générale qui va nous permettre d’ailleurs d’aborder les échanges extérieurs: celle des pouvoirs d'achat externe et interne du franc belge.
Ces pouvoirs se déterminent par l’inverse des indices-or de prix de gros et du coût de la vie, car en effet, dans le premier cas (indice des prix de gros) nous nous trouvons en présence d’un mouvement vu du pays sur le plan international, les prix de gros étant forcément influencés par les prix mondiaux, tandis que dans le deuxième cas (coût de la vie) le mouvement est propre au pays envisagé avec les incidences des salaires et des taxes par exemple. Ces deux indices sont donc tout à fait aptes à déterminer les potentiels d’achat de la monnaie sur le plan international. Evidemment le calcul de ce potentiel ne saurait être d’une rigueur parfaite, car il faut envisager la différence capitale qui existe entre les indices des prix de gros et des prix de détail (bases du coût de la vie). Dans les premiers n’entrent que des produits ayant un marché mondial tandis que dans les autres entrent souvent des produits locaux surtout alimentaires. Cette différence peut entraîner des allures discordantes entre les deux indices, que le décalage bien connu du temps n'arrive pas à expliquer à lui seul. Cefte réserve faite, on peut cependant admettre les
prix de gros et le coût de la vie comme bases des calculs des pouvoirs d'achat externe et interne de la monnaie d'un pays.
Cette notion de pouvoir d'achat mérite cependant un plus long développement car à notre avis il n’en n’est pas fait assez souvent état lorsqu'on examine ou qu’on veut prévoir la courbe des échanges extérieurs d’un pays. « Si d’après la statistique belge, « dit M. Morimont, secrétaire général de la Chambre de com- « merce belge de Paris, ‘ l’indice des prix de gros est au niveau « Or 125 en 1929 c’est qu’en cette année l’on pouvait acheter sur « le plan extérieur une unité de commodité quelconque moyen- « nant 125 francs belges. Par rapport à 100 le pouvoir d’achat « extérieur du franc belge en 1929 était donc défini par l'inverse « de cet indice soit 100/125 — 0,80 et l’on a convenu de dire plus « simplement qu'à l’époque il était à l'indice 8o sur le plan exté- « rieur. » |
En procédant de même avec l'indice du coût de la vie on arrive à déterminer le pouvoir d’achat intérieur du franc belge, la commodité dont il est question demeurant une quantité fixe.
Dans le graphique ci-contre où sont déterminés les pouvoirs d'achat du franc belge, nous avons procédé comme il a été indiqué plus haut. Mais à partir d’avril 1935 il a fallu tenir compte d'une part du pouvoir d'achat résultant de la nouvelle parité (franc belge 1914 — o gr. 290, franc belge 1935 — o gr. 030, rapport — 9.64) et d'autre part du pouvoir d'achat or (franc belge 1914 — O gr. 290, franc belge 1926 — o gr. 0418. Rapport — 6.94).
Nous expliquerons pourquoi plus loin.
Pour la détermination du pouvoir d'achat interne (I) une difficulté se posait ; c'est qu’en effet l’indice du coût de la vie est établi sur la base de l’année 1921 — 100 et qu’il n'existait pas de base or 1914. Nous avons donc procédé ainsi. En 1921 pour un
1 Rapport du 16 mai 1935.
coût de la vie — 100 l'indice des prix de détail était de 399, d’où un rapport d'environ 1/4. De 1922 à 1929 ce rapport varie de 1/4 à 1/38.5 soit en moyenne 3.92 (3.93 en 1927, première année de notre graphique). Comme l'indice du coût de la vie est surtout influencé par les prix de détail il est donc logique pour obtenir une valeur théorique du coût de la vie par rapport à 1914 de 3.02 prendre les —— (voir plus haut) de cet indice du coût de la vie 6.94 3.02 jusqu’en mars 1935 et les — (voir plus haut) depuis la déva- 9-64 luation. Là encore à partir de cette date nous aurons deux courbes I et l dont nous expliquerons les différences plus loin.
Ces explications étant données, examinons maintenant le graphique suivant. Jusqu'en 1929 nous voyons le pouvoir d’achat extérieur (E) plus faible que le pouvoir d’achat intérieur (1). Cette constatation amène les déductions suivantes: utilisation par les étrangers de ce potentiel supérieur d’achat de leurs monnaies d’où exportations belges qui se traduisent par des rentrées d’or ou des placements qui amélioreront la balance des revenus. La Belgique est en situation exportatrice en 1929. Et depuis que voyons-nous ? Un renversement complet des indices. (E) est plus grand qu’([). D'où les conséquences suivantes : Ce sont les Belges qui profitent de leur potentiel d’achat pour accroître leurs importations. D'où pertes d’or et comme les importations, en Belgique plus qu'ailleurs sont commandées par les exportations (loi des débouchés) et que le pays n’exporte plus (E) étant trop élevé, il se produit un rétrécissement progressif des échanges extérieurs avec disparition du profit des entreprises exportatrices. L'étude de la variation des chiffres du commerce extérieur belge faite précédemment confirme en tous points ces
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