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déductions. Si l’on joint à cela l’affaisement général des échanges internationaux et l'établissement de contingents restreints ou de tarifs douaniers prohibitifs, on comprendra aisément la situation critique du pays au début de 1935.
Survient la dévaluation dont voici les résultats. Il y a renversement de l’allure ascendante de (E). Le franc belge perd théoriquement 28 % de son pouvoir d'achat dans ses échanges avec les pays du bloc-or. Il perd de même cette prime qu’il possédait dans ces échanges avec les bloc-sterling et bloc-dollar. Pratiquement le résultat n’est pas aussi prononcé. Les prix de gros ne s'adaptent pas aussi rapidement que la monnaie se déprécie et d’autre part la charge aurait été trop lourde pour les importateurs aussi, par suite des dégrèvements la courbe de (E) ne descend-elle que lentement durant l’année. (E”) (aucune parité-monnaie or en Belgique) n’a plus qu’un intérêt secondaire : montrer la variation du pouvoir extérieur d'achat par rapport à 1914 et caractériser le pouvoir d’achat des monnaies du bloc-or et des autres blocs en Belgique.
L'autre résultat de la dévaluation devait être dans l'esprit du gouvernement de maintenir le pouvoir d’achat intérieur de la monnaie à son niveau de 150 environ. En fait par suite de la hausse du coût de la vie d’environ 14 % le pouvoir d’achat intérieur du franc belge (l°) a tendance à baisser. Quant à (1) son intérêt n’est plus que secondaire. Il représente seulement le pouvoir d’achat du franc bege suivant la nouvelle parité par rapport à 1914.
En définitive la dévaluation a eu pour résultat de donner au nouveau franc belge un pouvoir d'achat intérieur plus fort que son pouvoir d'achat extérieur replaçant ainsi le pays dans sa situation exportatrice de 1929. Et l’on comprend maintenant l'intérêt avec lequel le gouvernement et les économistes belges suivent l’évolution des prix et du coût de la vie. C’est qu’en
effet si les prix de gros montent, le pouvoir d’achat externe baissera, accentuant encore la marge exportatrice du pays. Au contraire, si les prix de détail et partant le coût de la vie montent le pouvoir d’achat intérieur du franc belge baissera, réduisant cette marge exportatrice et risquant même de retourner de nouveau cette situation exportatrice que la Belgique a si chèrement acquise.
La question des prix en Belgique est donc capitale. Son évolution, un instant critique en août-septembre 1935 s’est depuis améliorée. Pour le premier trimestre 1936 (qui ne figure pas sur notre graphique) la marge entre les deux courbes s'est encore agrandie et sauf accidents toujours possibles, il ne nous semble pas que la situation exportatrice soit menacée dans un avenir très proche.
SECTION III