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LE ROI DANS LA FLANDRE OCCIDENTALE

t et en Faisant des vœux pour que cette prospérité devienne de jour en jour l»ltis brillante et plus complète. •

Le lendemain, le Roi se dirigea vers Vpres. La population des riches campagnes de la \\ est-Flandre était échelonnée le long de la voie ferrée, et partout flottait le drapeau belge. Mais laissons parler un témoin oculaire : « Chaque chaumière, si petite, si cliétive qu'elle soit, a arboré le pavillon national; partout où quelque chemin vicinal traverse à niveau le chemin de fer, les braves campagnards flamands >e pressent eu rangs serrés pour saluer au passage le Roi qu'ils oui

auuris à aimer. \ midi et demi, le convoi roval s'arrêtait à la gare

d'Ypres, décorée avec un goùi exquis. Le conseil communal et les autorités locales s'y trouvaient réunis avec le général Maissiat, commandant la division militaire de Lille, cl M. Vallon, préfet du département du Nord, chargés par l'empereur des Français de complimenter le roi Léopokl. Apiès les compliments d'usage, présentés tour à tour par le général Maissiat et par M. Alphonse Yandenpeereboom. bourgmestre de la ville d'Ypres, le cortège s'est formé et le Roi a fait son entrée en \ille, au bruit des acclamations de la foule et des détonations de l'artillerie, pendant que les cloches sonnaient à toute volée. Les rues sont pompeusement décorées. On marche entre deux gigantesques haies de sapins verts, alternant avec des mais vénitiens surchargés de flammes tricolores, et reliés entre eux par des guirlandes de fleurs et de feuillage. Quant aux maisons des particuliers, elles rivalisent d'originalité et de somptuosité. Toutes, depuis la plus riche jusqu'à la plus humble, se sont mises en Irais pour recevoir le Roi. Le cortège roval se dirige vers la Grand'Place, au milieu d'un immense concours de population. Ici le tableau devient indescriptible : Kgurez-vous, rangés des deux côtés des rues sur le passage du Roi, la garnison, la garde civique, les pompiers, les gildes, le> sociétés, les institutions, le> établissements d'instruction et de bienfaisance de la ville; tous les bourgmestres et ions le> conseils communaux de l'arrondissement, toutes les sociétés de musique, de tir à l'arc, de tir à l'arbalète de villages flamands à sept ou huit lieues à la ronde, aqçourus à ^ |)ie> pour acclamer le Roi : toutes ces sociétés, avec leurs ban-

si LA BELGIQUE EN 1860.

nîères, musique el tambours en léle, el escorianl fièrement lé drapeau national belge. Chacun porte sur s;i poitrine la cocarde tricolore; tous les ateliers sont également là, portant des trophées formés îles principaux produits de leur industrie. »

l ne estrade royale avait été élevée e'ii face de la Halle, le plus \asle monument tTaVcniteciure civile de la Belgique. Sociétés, serments, gilHes, corporations, délégués des manufactures et des ateliers, prennent successivement les positions qui leur oui été assignées. I.e Roi parait sur l'estrade, qui domine .l'immense place, et plus de trente mille spectateurs acclament le souverain qui représente l'indépendance de la Belgique.

L'administration communale allait procéder à l'inauguration iks dix-huit statues représentant les anciens comtes de Flandre, jusqu'à Philippe II exclusivement. Ces statues décorent la façade de la halle

el complètent la restauration de cet admirable monument. Les voiles qui recouvrent les statues tombent, une fanfare joyeuse éclate au sommet du Beffroi, la foule répond par ses acclamations; puis, lorsque le silence s'est à peu près rétabli, M. Alph. Vandenpeereboom, bourgmestre d'Vpres, debout sur l'estrade royale, retrace, avec une concision éloquente', les destinées de la halle et de l'ancienne capitale de la >\ est-Flandre.

i Sire,

« S'il est vrai de dire 411e l'histoire des connu unes de Flandre soit inscrite mm-seuleinent dans les chroniques et les documents de nos archives, mais aussi qu'elle soit gravée sur les monuments que nous mil lègues nos pères, on ne peut nier, en contemplant le majestueux édifice qui se trouve devant Votre Majesté, que la commune d'Vpres ait élé, au moyen âgé, une grande et puissante commune.

« Aux douzième et treizième siècles la commune d'Vpres, régie par ses coutumes propres, dotée par les comtes de nombreux privilèges et d'importantes franchises, exerçait, avec Garni et Bruges, une influence prépondérante suites destinées de la Flandre.

( L'industrie avait acquis un développement immense ; les draps d'Vpres étaient'conn'us dans le monde entier; et pour assurer à ses bourgeois et drapiers une sécurité que le' côhhrie'irce réclaniè, surtout en pays étranger, la

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