LE KOI DANS LA FLANDRE OCCIDENTALE
commune d'Vpres, traitant pour ainsi drre'de puissance à puissance;, concluait
■ 1rs traités de commerce et d'amitié avec les pays voisins, et même avec tes rois d'Angleterre et de France.
( C'est à cette époque, Sire, que la commune d'YpréS, ses corporations, ses métiers et ses gildes élevèrent ce superbe monument destiné avant tout à satisfaire aux besoins, sans cesse croissants, de leur puissante industrie.
Au centre de l'édifice, ils placèrent le Beffroi, symbole des libertés communales et gardien des ebartes d'alfraucbissement octroyées par les comtes.
« Sous les ailes protectrices du dragon symbolique, nos industrieux ancêtres abritèrent les immenses salles où des hommes consciencieux et sages, choisis parmi eux, contrôlaient avec une loyauté proverbiale les riches produits de l'industrie yproise. Là aussi se tenaient deux fois par an ces marchés lameux, ces foires célèbres et privilégiées qui attiraient en notre ville les maichands de l'univers entier.
« Les guerres civiles et relgieuses, les troubles et surtout la domination l'trangère, que nos ancêtres détestaient comme nous, portèrent un coup mortel à notre industrie, qui émigra vers des pays déjà libres alors et où elle trouva la paix et la sécurité.
Notre balle, vide de marchandises, subit elle-même les conséquences de ces événements et de notre décadence industrielle. Le temps ravagea ses lleurons et ses ogives, ses élégantes tourelles tombèrent, et la commune, déchue de son antique splendeur, privée de ses franchises, fut impuissante pour maintenir même le monumentque la commune libre, riche et puissante, avait élevé jadis à ses frais.
Au commencement de ce siècle, la balle d'Vpres n'était pour ainsi dire qu'une vaste ruine !
i .Mais bientôt la Belgique conquit son indépendance, une ère de prospérité et de paix, que la patrie belge doit à la sagesse de Votre Majesté, permit de tenter de grandes entreprises.
La ville d'Vpres pensa que le moment était venu d'entreprendre la réhabilitation artistique du glorieux monument dont elle avait le droit d'être fière ; libéralement secondée, Sire, par votre gouvernement et par l'autorité provinciale, elle se mit courageusement à l'œuvre et elle a le bonheur de pouvoir montrer aujourd'hui à Votre Majesté; et à son auguste famille un des plus beaux et des plus imposants édifices du pays, complètement restauré dans son style primitif.
' Sire, si le peuple de Flandre, calme et réfléchi, n'a jue> ces élans spontanés d'enthousiasme que l'on trouva; chez d autres nations, il a une qualité incontestable, la mémoire du cœur, et jamais il n'oublia les bienfaits qu'il
■ levait à ses bons princes. Sans faillir à un devoir de reconnaissance, la ville,
d'Ypres, en restaurant le monument témoin de la prospérité de notre antique cité, ne pouvait oublier les souverains (jui avaient contribué, à créer ou à maintenir la commune puissante et heureuse, et les statues de nos comtes, exécutées par un artiste habile, occupent aujourd'hui les piédestaux que la reconnaissance publique leur a élevés.
« Bientôt des biographies populaires de nos comtes de Flandre, écrites surtout au point de vue de l'histoire d'Vprcs, rappelleront à nos populations le* bienfaits dont ces princes ont doté nos ancêtres, et les luttes que nos pères ont soutenues pour conquérir et maintenir leurs libertés et leur indépendance.
' Sire, eu vulgarisant nos traditions et notre histoire nationales au sein des classes de la société qui ne les connaissent pas assez peut-être, nous fortifierons encore l'amour de l'indépendance et le sentiment de la nationalité, qui sont déjà si profondément gravés dans tous les cœurs flamands.
ii Qu'il nous soit permis de le rappeler à Votre Majesté, tous les grands faits historiques sont nés de grandes causes. La foi de nos pères a élevé ces majestueuses cathédrales que notre siècle admire, mais qu'il est impuissant à construire.
« L'amour de la liberté porté jusqu'au fanatisme a fait, dans notre Flandre >ui tout, surgir ces nobles beffrois, ces halles imposantes qui fout notre gloire et notre orgueil.
La halle d'Ypres a été bâtie à une époque où la commune était libre, elle n'a pu être restaurée que lorsque la Belgique jouissait d'une sage liberté sous le règne de Votre Majesté, et un jour l'histoire redira à nos neveux qu'un bon Roi, entouré de son auguste famille, a daigné quitter son trône pour venir, au sein d'une population dont il est le père, présider à l'inauguration dés statues que le peuple flamand, dans sa reconnaissance, élève pour perpétuer la mémoire de ses anciens souverains, n
Après que le Roi eut vivement félicité M. Vaiidèiipeérëbôom de ce remarquable discours, commença le défilé de toutes les corporations et sociétés rangées sur la place.
« Certes, à Courtrai, l'enthousiasme était grand et sincère, dit un témoin oculaire, niais il a pris ici des pioporlions grandioses. Il y a eu dans le tlélilé de toutes ces soeiélés, de lotîtes ces gildes, de tous ces conseils communaux, de lotis ces ateliers, de tous ces corps enfin, des délails qui arracliaienl tour à tour des sourires et des larmes aux .spectateurs de celle manifestation louchante et imposante à un égal degré. Et quand eut entièrement défilé l'interminable cortège aux mille