S. M. LEOPOLD T
M Ils ET CEREMONIES PUBLIQUES : ADRESSES, DISCOURS AU ROI; RÉPONSES DE SA MAJESTÉ, ETC.
Le Roi à *.ain».
Gand allait célébrer sa l'été communale et, à celle occasion, le Koi avait promis de visiter la capitale des Flandres. C'était au moment où des publicistes pleins de jactance mettaient en doute le patriotisme des Belges, redoublaient leurs attaques ou multipliaient leurs insinuations perfides contre l'indépendance du pays, et prêchaient l'annexion de nos provinces à la France. I n cri d'indignation répondit à ces suggestions déloyales et fallacieuses, mais il fallait une démonstration plus solennelle ci plus frappante.
LA BELGIQUE EN I8(i0.
Le 8 juillet, le Roi cl la famille loyale entrèrent dans la célèbre capitale des Flandres, salués par des acclamations qui retentirent dans la Belgique entière. Jamais, à l'époque même la plus prospère des communes, accueil aussi sympathique ne fui fail aux anciens princes du pays. Toutes les maisons, jusqu'aux plus humbles, étaient pavoisées de drapeaux aux couleurs nationales; et un seul cri : Vive le Roi! riait poussé par la foule innombrable qui se pressai! autour du souverain en qui se personnifie l'indépendance de la patrie.
Gaud présentait un admirable spectacle. Celle antique cité, loule pleine de grands cl héroïques souvenirs, les descendants de ces \;iillanies corporations, qui savaient combattre avec tant de courage pour la défense de leurs libertés, ces Flamands, célèbres dans le monde entier depuis le moyen-âge, donnaient un nouveau témoignage de leur inébranlable attachement à la nationalité belge. Les acclamai ions enthousiastes qui saluaient le roi Léopold étaient à la fois une énergique protestation contre les imputations calomnieuses du dehors ci un engagement solennel de défendre envers et contre tous la Belgique indépendante el constitutionnelle.
I n trône avait été dressé sur la place de Van Arlevelde, couverte de milliers de spectateurs. A la face du ciel, et devant les citoyens de toutes les classes qui l'entouraient, le bourgmestre de Gaud, M. de Kerckhove, exprima au Roi les sentiments de profonde gratitude et de chaleureux dévouement des populations flamandes :
o Sire,
. La ville de Gaud, honorée aujourd'hui de votre auguste présence, esl heureuse de pouvoir témoigner de nouveau à Votre Majesté son profond dévouement et la reconnaissance qui l'anime pour les bienfaits qui ont marqué votre
règne.
• Le premier de ces bienfaits, Sire, celui qui, plus qu'aucun an lie, parle, en ce moment, à l'àine de tous les Belges, c'est d'avoir dévoué vos destinées à celles de la Belgique indépendante, et d'avoir consacré votre haute sagesse à lui assurer le rang qu'elle occupe dans la grande famille des nations.
« Rendue à elle-même et confiante dans son avenir, ("est sous l'autorité tutélaire de Votre Majesté que la Belgique a vu se développer les libres instilu-