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RÉUNION A LA FRANCE

La Belgique fut divisée en neuf départements : Lys, chef-lieu, Bruges ; Escaut , chef-lieu, Gand ; Deux Nèthes, chef-lieu, Anvers ; Dyle, chef-lieu, Bruxelles ; Meuse- Inférieure, chef-lieu, Maestricht ; Ourthe , chef-lieu, Liège; Jemmapes , chef-lieu, Mous ; Sambre-et-Meuse, chef-lieu, Namur ; Forêts, chef-lieu, Luxembourg.

Ces dénominations froissaient, il est vrai, les souvenirs de nationalité et de localité ; mais les villes et les campagnes recouvrant peu à peu l’ordre et la sécurité, les Belges, sans cesser de regretter leur indépendance, songèrent à profiter du mouvement industriel que secondaient puissamment la législation et les institutions nouvelles. Aux expositions nationales, ouvertes à Paris en l’an IX et en l’an X, leur industrie figura avec éclat. De grandes fortunes prirent naissance presque partout : à Verviers, par la fabrication des draps ; à Gand, par la filature, le tissage et les

DE L HISTOIRE DES BELGES

impressions des étoffes de coton ; à Tournai, par les tapis , les porcelaines et la bonneterie ; à Stavelot, Bruges et Namur, par les tanneries ; à Liège, à Charleroi et dans le Luxembourg, par la métallurgie, qui trouva des débouchés dans les arsenaux d’Anvers et les fabriques d’armes de Charleville. Anvers -subit une transformation qui en fit le premier chantier de constructions navales et un ‘pistolet chargé menaçant le cœur de T Angleterre.

Sans doute, au milieu de cette prospérité naissante, il y eut quelques exceptions. Bruxelles, par exemple, déchue de son rang de capitale, ne trouva, dans la fabrication des dentelles et la construction des voitures, qu’une compensation bien médiocre aux ressources que lui procurait autrefois la présence d’un gouvernement central. La marine marchande et la grande pèche trouvèrent aussi, dans les événements, un arrêt insurmontable ; et la liberté de l’Escaut, qui, un moment, était devenue réelle, fut presque aussitôt annihilée par la domination maritime que la victoire de Trafalgar acquit à la Grande-Bretagne.

Mais, si le système continental ferma le marché du nouveau monde à l’industrie des Belges, il lui ouvrit celui de la France et de l'Europe assez largement pour écouler tous scs produits en abondance. Napoléon voulut lui rendre les transports plus faciles par l’ouverture de nouvelles voies de navigation intérieure, et décréta coup sur coup la

;u APERÇU GÉNÉRAL

création des canaux du Nord, de Saint-Quentin, de Bruxelles à Charleroi, qui devaient unir l’Escaut au Rhin, àla Seine etàl’Oise II intervint de toutes les manières pour la protéger. Il la stimula même parles plus riches récompenses ; ce fut, on se le rappelle, sur le sol même de la Belgique qu’il rendit le décret du 7 mai 1810, par lequel il assura un million à l'inventeur de la meilleure machine à filer le lin.

Tous ces efforts pourtant ne réussirent pas à faire oublier aux populations leur nationalité. L'empire, d’ailleurs, avec ses guerres continuelles, les exigences de plus en plus tracassières de la conscription, et l’établissement des droits réunis, leur avait fait sentir parfois bien durement le poids de la domination étrangère. Aussi, quoiqu’elles eussent fourni aux armées de la France des corps comme le 112° de ligne, des généraux comme les Dumonceau, les Evers, les La Hure, les Jardon, le jour où les alliés reparurent en vainqueurs, elles restèrent dans l’inaction, et sauf Anvers, où se maintint l’illustre Carnot, tout le pays belge fut occupé sans combat.

Ce fut la diplomatie qui en disposa. Peu après la première abdication de Napoléon, le congrès de Vienne érigea en royaume la Belgique et la Hollande, réunies sous la souveraineté du prince d’Orange-Nassau. Celui-ci fut reconnu à Bruxelles, le 30 mars 1815 et, lorsque l’empereur revint de l’ile d’Elbe pour tenter une dernière fois les chances

DE l’histoire des belges.

de la fortune, il vit, à Waterloo, les Belges se distinguer au milieu de ses ennemis, sous la conduite du fils ainé de leur nouveau roi (18 juin 1815).

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