‹ La Belgique et l'Exposition de 1878Chapitre 3 sur 107 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

n’est-il pas probable que l’avenir réservera le premier rang, avec la plus grande prospérité, à celui des peuples de la terre qui en sera le plus savant, à celui qui aura le mieux étudié et compris tous les autres?

Aussi avec quel soin scrupuleux, dans ces dernières années, n’a-t-on pas dirigé la jeunesse française vers l’étude des pays étrangers ! Des ministres de “l’instruction publique,' aux idées les plus larges, M. Duruy, M. J. Simon, M. Waddinglon, M. Bardoux n’ont rien négligé pour inspirer aux jeunes gens de nos écoles le goût des langues vivantes et de la géographie, qui doit amener celui des voyages et qui précède nécessairement l’étude approfondie des caractères et des institutions des peuples. A tous ces chefs de l’enseignement de l’État se sont vivement unis les directeurs les plus éminents de l’enseignement libre. En ce moment même, l’heureuse innovation introduite par M. Dubief dans le plus grand et le plus florissant des établissements libres et laïques, permet à des divisions entières d’élèves barbistes d’aller passer, chaque année, plusieurs mois consécutifs dans certaines villes d’Allemagne et d’Angleterre ; en même temps qu’ils y apprennent par la pratique les idiomes dont ils ont vu la grammaire, ils acquièrent, dans la familiarité de la vie quotidienne, certaines notions exactes sur les peuples au milieu desquels ils vivent momentanément ; des horizons nouveaux s’ouvrent à leurs esprits ; ils sont étonnés d’apprendre beaucoup hors du pays natal, et ils comprennent déjïi que la satisfaction intime qu’éprouve tout homme qui s’instruit, leur deviendra dans la suite d’autant plus sensible qu’ils la rechercheront plus souvent.

L’œuvre à laquelle travaillent ainsi les maîtres les plus autorisés de l’instruction publique, est une œuvre essentiellement nationale. La France vient de montrer, durant plusieurs années, dans la gestion de ses affaires intérieures, un sang-froid, une prudence, un esprit de conduite qu’on ne lui connaissait pas -, la jeunesse, que

S are son enseignement progressif, peut encore être e de qualités nouvelles pour la vie extérieure, afin de se tenir prête à profiter des grandes relations internationales que réserve aux peuples qui travaillent un temps tout à fait prochain.

Le caractère patriotique d’une telle œuvre nous a profondément ému, et dans la mesure modeste de nos

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