‹ La Belgique et l'Exposition de 1878Chapitre 45 sur 107 · A L’EXPOSITION PE · texte numérisé non relu

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donné de se modifier et de se montrer sous de nouveaux aspects, mais non de dépasser cette hauteur.

Ce n’est pas que le xve siècle manquât de sculpteurs. Leur activité au contraire devintsurprenante, et l’on compta leurs travaux par centaines. Il nous reste de ce temps de forts beaux jubés, ornés d’une quantité de statuettes et de bas-reliefs, notamment ceux de Louvain, de Lierre, de Walcourt, d’Aerschot, de Tessenderloo et de Dixmude. Les stalles du chœur des églises, les tabernacles étaient surchargés de figures et d’ornements sculpturaux. Gand, Bruges, Mons, Tournai, Anvers, Bruxelles, Louvain et la petite ville de Diest eurent leurs maîtres. Il nous serait impossible de les citer tous, car il y eut alors une véritable pléthore d’artistes dans les pays belges, et il ne leur suffit pas d’orner les monuments de leur patrie, ils allèrent dans le nord de la France, en Italie, en Espagne, en Portugal, chez toutes les nations en un mot qui firent appel à leurs talents.

Le xvie siècle vit les effets de la Renaissance. On abandonna la recherche du réel et l’on prit pour idéal une beauté plus correcte, mais conventionnelle, qui ne possédait plus le charme naïf et saisissant des types des anciens maîtres flamands. I ne des premières œuvres conçues selon les idées nouvelles est la célèbre cheminée de l’hôtel du Franc à Bruges, qui, gothique encore dans l’agencement architectonique, est néo-romaine dans ses détails, f’n autre chef-d’œuvre du meme temps est

lé riche et gracieux portail en bois de chêne de l’iiotel de ville d’Audenarde, exécuté de 1528 à 1533 par Paul Vander Schelden. Il faut encore citer les stalles de l’église Sainte-Gertrude à Louvain et de l’abbaye de Tongerloo par Mathieu de Waeyer et Chrétien Sweluwen (1529) ; le tabernacle de l’église de Léau et le jubé de la cathédrale de Tournai par Corneille de Vriendt; le mausolée de Charles le Téméraire par Jacob Jongelinckx (1558- 1562); le jubé de l’église de Saint-Wandru par Jacques de Brœuck (1561) ; les statues en marbre blanc faites pour la chapelle du conseil de Flandre, à Gand, par Henri Ballaert (1573) ; le mausolée de Jean de Schietere et de ses deux épouses, à la cathédrale de Bruges, par Gilles de Witte (1 576) ; le tabernacle de l’église Saint-Martin, à Courtrai, par Henri Mauris (1585).

Le commencement du xviic siècle produisit un des sculpteurs les plus distingués de la Belgique, François Duquesnoy qui, tout en se faisant remarquer par la grâce et la perfection du modelé dans ses jeux d' enfants et ses bacchanales , montra par sa sainte Suzanne , placée à Lorette, et son saint André , placé dans la basilique de Saint-Pierre à Rome, qu’il réussissait également dans le style noble et sévère. Son frèi’e Jérôme lui fut inférieur ; néanmoins le monument qu’il érigea à la mémoire do l’évêque Triest, dans la cathédrale de Gand, est ♦une œuvre incontestablement belle.

Nous ne reviendrons pas ici sur l’école de Rubens

a l’exposition de 1878. 187

dont nous avons parlé dans le premier chapitre. Citons seulement, dans le XVIIe siècle, les deux Arnold Quellyn, dont on voit les sculptures dans les églises d’Anvers ; les trois Verbruggen, qui ont exécuté, entre autres œuvres, la chaire do Sainte- Walburge à Bruges, le maître-autel de Saint-Paul à Anvers, et la chaire de Sainte-Gudule à Bruxelles ; Grupello et Willemsens, tous deux élèves de Quellyn le Vieux ; Ignace Herricx, auteur de la chaire de Notre-Dame au delà de la Dyle à Matines ; les quatre Fayd’herbe dé Malines, et surtout Luc Fayd’herbe dont l’église Notre-Dame de Hansxvyck possède les grands bas-reliefs, le chemin du Calvaire et V adoration des rois Mages ; Laurent Van der Meulen, sculpteur d’un talent hors ligne pour les rinceaux et les fruits; Marc de Vos, de Bruxelles, Jean Delcour et Arnoldle Chartreux, de Liège.

Mais vers la fin du xvne siècle la sculpture déclina dans les pays belges ; les bons artistes se rendirent à Paris ; il y eut encore quelques sculpteurs d’un certain mérite, tels que Michel Vander Voott, et Gilles Van Papenhove , Boekstuyns, Verhaogen, Jacques Bergé, l’auteur du monument de la place du Grand-Sablon à Bruxelles, Laurent Delvaux de Gand, Pierre Valckx de Malines et Paul Cyfflé de Bruges. Mais tous ceux qu’animait le feu sacré, se sentaient entraînés au dehors, et lorsque Marie-Thérèse monta sur le trône, en 1740, il restait bien peu d’éléments de succès

artistiques clans les Pays-Bas méridionaux. lies encouragements qu’elle fit donner aux jeunes gens, ne produisirent pas grand effet, et le milieu du xviii6 siècle serait d’une grande pénurie sans les œuvres de Godecharle.

Les événements politiques qui se succédèrent jusqu’en 1830, ne furent pas de nature à relever les esprits. Il y eut comme un long temps d’arrêt dans la vie artistique de la Belgique. Cette vie n’était pas éteinte : Evrard, Franck , Latour , Ruxthiel, de Liège; Van Geel et J. B. de Bay, de Malines ; Calloigne, de Bruges ; Camberlin, d’Anvers, et Mathieu Ivessels témoignaient par leurs œuvres que le réveil pourrait se produire au premier signal. Et , en effet, dès que la révolution de -1830 eut fait battre dans tous les cœurs, le sentiment de la patrie, les souvenirs des gloires passées revinrent en foule, un mouvement général se produisit, et la sculpture, non moins que la peinture, affirma les idées généreuses qui animaient la nation. Guillaume Geefs (mort en 1800) fit la statue de Rubens , celle du général Belliard et le monument de la 'place des Martyrs ; son frère Joseph, la statue de Vèsale, à Bruxelles, celle de Baudouin de Constantinople pour le palais des Chambres et celle de Léopold -f01'; Simonis, la statue équestre de Gode froid de Bouillon , sur la place royale de Bruxelles, et la statue de Pépin d’Hèr.istal au palais des Chambres ; Fraikin, deux allégories pour l’hôtel de ville de Bruxelles et le tombeau de la reine ; Pierre de

A l’exposition DE 1878.

Vigne, la collection des statues qui décorent la salle des Pas-Perdus au palais de justice de Grand ; Louis Jéhotte, le monument cleM. de Méan, groupe de marbre blanc dans le goût de la Renaissance, placé dans l’église métropolitaine de Saint-Rombaut; Joseph Tuerlinckx, une statue colossale de Marguerite d'Autriche, érigée sur la grande place de Malines. Des monuments furent encore élevés en l’honneur du comte d’Artevelde, du comte d’Egmont, d’Ambiorix , de Boduognat , de Van Maerlant, des frères Van Eyck, de Grétry, etc., et nous devons citer les artistes Wiener , de Cuyper , Jacquet, Berton, Picquery, Dutrieux, Verstappen, Ducaju, Geerts, Puyenbroeck, Goyers, Van Arendonck, de Vriendt, de Prêter, Van Hove, Bouré, Van den Iverckhove, Sopers, Fassin, Cormann et Lecherf, interprètes fidèles et traducteurs des maîtres; Louis Mélot, qui a si bien travaillé à l’ornementation de la colonne du Congrès, etc., etc.

gravure sur médaillés. — La gravure sur médailles n’est qu’une des formes de la sculpture. Primitivement les médailles étaient coulées, et l’artiste les retouchait au ciselet ; mais la reproduction par la ciselure et par la fonte des portraitsmédaillons ne remonte pas, en Belgique , au delà du dernier tiers du xve siècle. Ces premiers monuments numismatiques n’ont pas fait connaître les noms do leurs auteurs ; nous savons seulement qu’une des productions de ce siècle, représentant

le grand peintre Quentin Metsjs ou Massys, a été très-probablement ciselée par lui-même.

De 1500 à 1550, parurent comme graveurs Michel Mercator, qui fut créé chevalier par le roi d’Angleterre Henri VIII, le célèbre poëte latin Jean Second, et Étienne Van Hollant qui signait ses médailles du monogramme ste. h. (Stephanus Holland i eus).

Après eux vinrent Jacques Jonghelinck, d’Anvers, qui s’inspira beaucoup des Italiens ; un artiste dont le nom est resté malheureusement inconnu et qui produisit, vers 1505, de magnifiques médailles représentant le duc de Juliers, le comte d’Egmont, Marguerite de Parme, etc.; un autre, du nom d’Alexandre, de 1571 à 1578 ; et le plus fécond do tous, Conrad Bloc, dont l’œuvre principale, en 1599, réunit les portraits en buste de l’archiduc Albert et d’Isabelle.

Dans le xvne siècle, nous devons citer Jean de Montfort , dont les médailles sont ciselées avec plus d’art que celles de Bloc ; V. Petit, dont il ne nous reste qu’une seule œuvre; le fameux statuaire bruxellois, Jérôme du Quesnoy ; Adrien Waterloos, de Bruxelles, qui, dans les nombreuses gravures qu’il produisit de 1022 à 1008, maintint constamment l’art dans la bonne voie ; son neveu, Denis Waterloos, dont les œuvres, sans être aussi remarquables que celles du précédent, conservèrent intact le caractère de l’école flamande ; Jean Waries, né à Liège , mais qui travailla en France et

A l’exposition de 187$.

contribua puissamment à soutenir l’art de la gravure sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV; Henri Flémalle, né aussi à Liège ; les trois frères Jean, Joseph et Philippe Roettiers, d’Anvers ;'Jean Van Hatten, Jean Harrewyn, de Bruxelles, Gilles de Backer et Jean Duvivier.

Philippe Roettiers avait été nommé graveur général des monnaies. Il eut pour successeur dans ses fonctions et dans son art un fils qui portait le même prénom que lui, et, à la mort de ce dernier en 1732, un de ses cousins, nommé Jacques, obtint sa succession. L’art delà gravure déclina beaucoup en Belgique à cette époque, et il était temps qu’un grand maître vînt le relever, lorsque parut en effet Théodore-Victor Van Berckel de Bois-le-Duc, dont les diverses productions (1776-1808) furent do véritables chefs-d’œuvre.

Les commencements de notre siècle ne restèrent pas infructueux : Jean Simon et Léonard Jéhotte, Braemt et Julien Leclercq ne sauraient être laissés dans l’oubli. Mais ce fut surtout à partir de 1830 et des premières années- du règne de Léopold Ier que les graveurs de médailles se multiplièrent. Il faut nommer Barbier, Borrel, Veyrat, de Hondt, Ad. Jouvenel, L. J. Hart, E. Dubois, les trois frères Jacques, Léopold et Charles Wiener , Wurden , IL Distexhe, Lambert, Nicolas Dargent, G. Wildiers, Viette, Van Acker, Constant Jéhotte, Fraikin, Al. Geefs, A. Fiesch, Stordeur, E. Baetes, etc. « Dans cette liste, dit M. Alexandre Pincliart, au-

teur d’une excellente étude sur l’art de la gravure, on reconnaîtra quelques noms de statuaires : la sculpture aujourd'hui est plus que jadis encore la mère de la gravure»des médailles. L’art de graver des coins a fait des progrès considérables, et, depuis assez longtemps déjà, une machine ingénieuse vient en aide à l’artiste, qui n’a plus à entailler patiemment le métal comme le faisaient ses devanciers. Il modèle son bas-relief en grand, et le tour le creuse. Cette manifestation de l’art est donc aujourd’hui plus accessible qu’elle ne l’était dans les siècles qui ont précédé le nôtre. Les médailles de nos artistes modernes sont plus belles d’aspect et, sans contredit, il y en a de fort remarquables. »

L’exposition belge de la IIIe classe (sculpture et, gravure sur médailles) se compose de soixantetrois oeuvres provenant de trente et un artistes. Nous regrettons de ne pouvoir en donner ici l’énumération complète que le lecteur trouvera au catalogue officiel ; nous devons nous contenter d’appeler son attention sur les noms les plus connus et les travaux les plus remarquables..

M. Antoine-Félix Bouré, qui a obtenu des médailles à Paris, à Bruxelles, à Philadelphie, et qui est chevalier de l’ordre de Léopold, a exposé une statue en marbre, le lézard (n° 370) ; une statuette en marbre, qui est très-admirée, représentant un lion (n° 371) ; et deux statuettes en bronze, un lion (n° 372) et le buste du Dr L. (n° 373).

a l’exposition de 1873.

M. Guillaume de Groot, médaillé à Bruxelles et à Berlin en 1872 et 1877, nous montre une statue intitulée la source (n° 385) , un buste en marbre représentant un enfant (n° 390) ; deux bustes et un médaillon en bronze, portraits de l’architecte Jamaer (n° 386), du peintre Alfred Cluysenaar (n° 387), de M. et Mmc Janlet (n° 388) ; et un buste en plâtre, portrait du docteur Crocq (n° 389).

M. Paul de Vigne, médaillé à Paris etàBruxelles en 1875, a des œuvres nombreuses : une statue en marbre, héliotrope (n° 394), qui appartient au musée de la ville de Gand; une statue en bronze, Dominica (n° 395) ; deux bustes, terre cuite (nos 396 et 402) ; un buste en marbre, portrait de MUe d. 1. H. (n° 400) ; et quatre bustes en bronze, une femme romaine (n° 397), Psyché (n° 398), Narcisse (n° 399), le portrait de M. E. A. (n°. 401).

Nous avons de M. C. A. Fraikin une statue en marbre, V artiste (n° 410), avec un buste en marbre, portrait de M. S. ( n° 411) ; et de M. Jules Peclier, deux bustes portraits (nos 423, 424), avec le buste monumental de Rubens (n° 422), commandé par la ville d’Anvers en souvenir des fêtes du centenaire de Rubens.

M. Charles Wiener sculpteur et médailleur du roi des Pays-Bas, membre de l’Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, a exposé

l M. Wiener, médaillé à Stultgard, à Oporto, à Vienne et à Londres, est chevalier de la couronne de chêne (1800), de

l’ordre de Wasa, (1861), du Christ de Portugal (180G).

dans un cadre vingt-trois médailles (n° 431) et une statue en plâtre, Lesbie (n° 434), qui rappelle la charmante élégie de Catulle.

Nous devons signaler aussi les travaux de M. Jean-Joseph Danse 1 : le combat des amazones (n° 382), plateau en fer ciselé au repoussé et incrusté ; et la civilisation de l'Afrique centrale (n° 383), plateau en cuivre argenté, ciselé au repoussé.

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