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GRAVURES ET LITHOGRAPHIES

Il faut ne s’avancer qu’avec beaucoup de réserve dans le dédale des opinions qui concernent les origines de la gravure ; tout ce qu’on peut dire, c’est que la gravure sur bois se manifesta pour la première fois dans les premières années du xv° siècle, précédant d’un demi-siècle environ la gravure sur métal, et que les pays belges ne se sont laissé devancer par aucune nation dans cet art nouveau. Les premières planches de cuivre connues datent, en effet-, de 1446 et de 1452 ; or, la bibliothèque royale de Bruxelles possède un manuscrit donnant sur une planche, qui est certainement antérieure à 1468, les armoiries de Charles le Téméraire, entourées des écus de toutes les provinces de son duché.

Toutefois, les graveurs flamands qui vécurent dans la première partie du xvT siècle, Jérôme Van

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Aken et celui que l’on désigne sous le nom de maître à l’S, malgré tout leur mérite et leurs travaux nombreux, restèrent de beaucoup inférieurs au fameux Albert Diirer.

Peu après, parurent Suavius, qui nous a laissé un admirable portrait de (franvelle ; Pierre Coeck qui, dans une suite de planches publiées en 1533, retraça magistralement les mœurs des Turcs ; Vermeyen, qui travaillait à Bruxelles et qui, entre autres estampes intéressantes , a produit un portrait équestre du prince Philippe à son entrée dans cette ville ; Floris et ses interprètes, dont le principal, Jérome Cock, fut un éditeur célèbre et vulgarisa une foule d’œuvres telles que les sujets humoristiques de Breughel, gravés par Vander Heyden (Myricinis), les marines gravées par Huys, la pompe funèbre de Charles-Quint, gravée par les frères De Deutecum, et toute une collection de portraits d’artistes gravés par Wiericx et d’autres maîtres.

La fin du xvie siècle fut féconde. Tandis que les deux de Jode, les quatre Collaert, les quatre Galle, les trois Wiericx et les deux Mallery se transmettaient le. talent les uns aux autres comme un bien de famille et publiaient leurs travaux dans leur patrie même, d’autres maîtres belges se faisaient connaître en Allemagne : les deux Liégeois Théodore et Jean-Théodore de Bry travaillaient à Francfort; les trois Bruxellois Jean, Raphaël et Gilles Sadeler, comblés d’honneurs à la cour de

J(Jl LA BELGIQUE

Munich, portaient la gravure à son extrême développement mécanique.

Avec Rubens naquit une puissante école. Le maître tenait essentiellement à être bien gravé, et ses interprètes savaient faire un mélange heureux de l’eau-forte et du burin pour arriver à l’effet qu’il désirait. Schelte, à Bolswert, n’a pas exécuté, d’après lui, moins de 65 planches; Paul du Pont (Pontius) en a exécuté 39, Lucus Vorsterman 46, Witdouck 15, A. Voet 26, P. Soutman 14, Guillaume Panneels 36, Lommelin 27, Corneille Galle 115. Rubens s’essaya même à l’eau-forte et il voulut aussi faire tailler dans le bois des dessins exécutés directement par lui sur la planche.

Son école ne s’attacha pas seulement à ses œuvres ; celles de Van Dyck, de Jordaens, de Van Thulden, de Van Diepenbeke, de Snyders, de C. Schut, d’Erasme Quellvn, etc. en profitèrent. Les eaux-fortes de Van Dyck et de Jordaens ne furent pas moins remarquables que leurs toiles.

Une décadence rapide suivit, en Belgique, la disparition de Rubens. Les graveurs ne firent pas défaut, mais ils allèrent dans les pays étrangers et surtout en France, où il y eut alors des amateurs passionnés de gravures, et où Louis XIV, entraîné par son goût prononcé pour les estampes, finit par fonder une calcographie nationale (1670). Les noms de Pitau, Vermeulen, son élève Jacques Coelemans, P. Van Schuppen et Gérard Edelinck, d’Anvers ; A. -F. Baudouins, Jean Vander Bruggen,

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Valentin Lefebre,de Bruxelles et Gérard Lairesse, de Liège, se rattachèrent aux œuvres les plus considérables de la gravure, à la fin du xvn° siècle ; mais ce ne fut point au profit de la Belgique qu’ils s’illustrèrent.

Pendant tout le xviii0 siècle et jusqu’en 1830, quelques noms seulement sont à citer: Robert Van Audenarde, de Gand, et son élève Pilsen ; Augustin Coppens, de Bruxelles ; Richard Van Orley, connu surtout par sa gravure de la Chute des réprouvés ; l’Anversois Pierre Marsonasie ; les deux Liégeois, Gilles et Gilles-Antoine de Marteau, à qui est due l’invention de la manière de graver dans le goût du crayon ; Antoine-Alexandre Cardon, auteur des belles planches de Tippo-Saïb , du Combat de Maïda et de la Femme adultère de Rembrandt.

En 1832, Erin Corr succéda à de Meulemeesser dans la direction de l’Académie d’Anvers. Presque en même temps, Calamatta fut mis à la tête d’une école de gravure qui fut fondée à Bruxelles et dont l'influence subsiste encore aujourd’hui, bien qu’elle ait été supprimée en 1861. Ces deux maîtres, par leurs belles productions et leur fécond enseignement, formèrent aussitôt un grand nombre d’élèves qui devinrent maîtres à leur tour, tels que Verzwyvel, Bail, Michiêls, Wildiers, à Anvers ; Franck, Desvachez, J. -B. Meunier, L. Flameng, Demannez, Biot, Falmagne etDanse, à Bruxelles. Les peintres les plus connus de la Belgique contemporaine

s’essayèrent avec succès au travail de l’eau-forte : les planches de Gallait, de Leys, de Wappers, etc., sont très-recherchées des amateurs.

La classe V de l’exposition comprend dix-neuf cadres de gravures et de lithographies envoyées par onze artistes belges, MM. Biot, Danse, de Biseau, de Mannez, Lenain, Michiels, Numans, Pannemaker, Steynen, Tuerlinclx et Vermeiren. Ce sont les œuvres de MM. Biot, Danse et Pannemaker qui nous ont paru les plus remarquables.

M. Gustave Biot 1 a exposé trois gravures : le Triomphe de Galathée (n° 446), d’après la fresque de Raphaël, gravure éditée par M. Kaeser, à Vienne; — portrait de M. Sanford, (447), d’après de Winne ; — portrait de S. M. t Empereur d'Autriche (448), d’après d’Angeli, gravure éditée par M. Kaeser.

M. Auguste-Michel Danse a réuni dans un seul cadre (n° 450) huit portraits, eaux-fortes d’après ses dessins, et a donné une gravure au burin (n° 449), le Martyr de saint Pierre , d’après le Titien.

M. Stéphane Pannemaker, qui a obtenu des médailles à Paris en 1874 et 1876, a fait un envoi de gravures sur bois composant deux cadres. Dans

1 M. Biot, après avoir remporté le grand prix de Rome, a obtenu des médailles à Bruxelles, à Vienne, à Paris, à Philadelphie ; il est chevalier de l’ordre de Léopold.

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1 un (n° 4G0), nous voyons la Baigneuse, d’après M. Perrault, et Fait-il froid ? d’après M. Nittis ; dans l’autre (n° 4G1), les Violettes, d’après M. Dubufe, et la Jeune Florentine, d’après une peinture sur bois de Francesco Granacci, un tableau du musée de Berlin.

IIe GROUPE

Éducation et enseignement. — Matériel et procédés des arts libéraux.

CLASSE YI

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