‹ La Belgique et l'Exposition de 1878Chapitre 48 sur 107 · MAIRE. — ENSEIGNEMENT DES ADULTES · texte numérisé non relu

MAIRE. — ENSEIGNEMENT DES ADULTES

La Belgique, de même que la France, possède, comme nous l’avons dit dans l’introduction, trois degrés de l’enseignement : l’enseignement primaire pour les enfants et pour les adultes, l’enseignement moyen ou secondaire , et l’enseignement supérieur. Chacune des classes vi, vii, vm, comprend l’exposition de l’un de ces trois enseignements, exposition assez considérable pour remplir toute la moitié d’une grande construction annexe qu’il a fallu bâtir près du palais central.

L’instruction primaire qui correspond à la classe vi, est très-répandue dans le pays; elle comprend la religion et la morale, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française, du flamand ou de

l'allemand (suivant les localités), les éléments de calcul et le système légal des poids et mesures.

La gratuité est accordée à tous les entants pauvres dont les parents en font la demande. Si ce n’est dans des cas rares où plusieurs communes sont autorisées à entretenir ensemble une même école, chaque commune doit avoir la sienne établie dans un local convenable.

L’instituteur est nommé par le conseil communal qui fixe son traitement. Celui-ci peut atteindre, selon la catégorie de l’école, le maximum de 600, de 700 ou de 800 francs, outre l’indemnité de logement.

Il y a un inspecteur cantonal pour un ou plusieurs cantons de justice de paix, et un inspecteur provincial pour chaque province. Ces inspecteurs sont nommés par le gouvernement. Les ministres des cultes ont en outre le droit d’inspecter les écoles primaires. Les inspecteurs provinciaux se réunissent tous les ans en commission centrale sous la présidence du ministre de l’intérieur.

Bien qu’aucune loi organique n’ait réglé l’enseignement des filles, la Belgique possède des écoles primaires de filles, purement communales, et chaque inspecteur provincial peut, sous l’approbation du ministre de l’intérieur, déléguer des dames pour les visiter.

Les lois ont d’ailleurs pourvu à la nécessité de former des maîtres capables : l’État possède quatre écoles normales d’instituteurs et deux écoles nor-

males d’institutrices. Les conseils communaux qui ont, comme nous l’avons dit, le droit de nommer les instituteurs, ne peuvent les choisir que parmi les candidats qui ont suivi deux ans au moins les cours d’une école normale. A la sortie de ces écoles, des diplômes sont accordés par un jury composé de six membres. Enfin, il existe, sous la direction des inspecteurs cantonaux, des conférences auxquelles doivent assister tous les instituteurs du ressort.

Le chiffre du crédit annuel porté au budget pour le service de l’instruction primaire prouve toute l’importance que la Belgique attache à cet enseignement. Il s’élève à près de sept millions de francs.

Mais le subside voté annuellement ne s’applique pas seulement aux écoles primaires proprement dites ; il doit, dit l’article 25 de la loi, propager les écoles connues sous le nom d'aieliers de charité et d'apprentissage, favoriser les écoles du soir et du dimanche pour les adultes, et surtout encourager l’établissement de • salles d’asile ou écoles gardiennes.

Ces écoles gardiennes sont instituées en vue de donner aux petits enfants pauvres, qui n’ont pas encore atteint l’âge requis pour être reçus dans les écoles primaires, les premières notions de l’instruction et de l’éducation. Une circulaire ministérielle du 9 avril 1843, toujours en vigueur, engage les gouverneurs de provinces à user de

A l’exposition de 1878. 211

leur influence, tant auprès des institutions communales et provinciales que des associations religieuses et philantropiques, à l’effet d’obtenir que des écoles de ce genre soient fondées partout où se trouvent réunies en grand nombre des familles vouées aux travaux de l’industrie. « Les écoles gardiennes, dit cette circulaire, sont en quelque sorte la base de l’éducation populaire ; elles suppléent les soins maternels auprès des enfants do 18 mois à 6 ans.... Vous ne sauriez donc attacher trop d’importance à la création et à la bonne tenue de ce berceau public, si l’on peut parler ainsi, où l’enfant du pauvre et de l’artisan, recueilli par la Société, vient contracter des sentiments de reconnaissance et d’affection pour la mère commune, la Patrie. ■» — Le nombre des écoles gardiennes était, au 31 décembre 1845, de 394, dont 17 écoles communales ; à la date du 31 décembre 1875, il s’était élevé à 929, dont 208 écoles communales.

Un accroissement si rapide des établissements consacrés à l’enfance montre de la manière la plus sensible l’intérêt que le gouvernement et la société belges savent, d’un commun accord, témoigner à l’instruction primaire, et nous ne devons plus nous étonner du nombre considérable des documents exposés dans la classe VI par les particuliers, par les institutions, par les villes et par l’État.

Parmi les plans d'écoles, nous avons remarqué le

magnifique plan en relief de l’école normale primaire à Mous ; les plans des écoles d’Anvers et de Louvain ; ceux de MM. Demarry, Hubert Dewit etDutrieux; ceux de l’Institut royal des sourdsmuets et des aveugles, en construction à Woluwe- Saint-Lambert, par M. Jaumot, et ceux de l’école construite pour la ville de Bruxelles par M. J. Segers.

Comme objets du matériel des écoles, nous pouvons citer les pupitres, les chaises, les tableaux de MM. Belot, Licot, Nagel et Van Havermaet ; les appareils pour l’enseignement intuitif de MM. Lemaire et Tecqmenne ; le planisphère céleste de M. Michiels ; le tonoscope harmonium de M. Christiacns ; le spécimen de collection de M. Dardenne ; les engins de gymnastique de M. Happel ; et surtout le matériel d’ensemble de l’école modèle instituée par la Ligue de l’Enseignement.

Nous avons examiné avec intérêt les règlements scolaires de l’école de la commune de Saint-Josseten-Noode, des écoles primaires des villes d’Anvers, de Liège, de Louvain, et de la Société Franklin à Liège.

Mais les livres et méthodes pédagogiques sont en trop grand nombre pour que nous en donnions une liste détaillée ; contentons-nous d’en citer les auteurs : MM. Astruc, Berrens, Braun, Callewaert frères, Defays, Destexhe, Dierchx, Flesch, Ilutoy, Lebon, Lefebvre, Lory-Delaet, Marique, Martinot, Monthaye, Pétry, Robyns, Seghers,

A l’exposition de 1878.

Seresia, Sevens, Stebert, Thirion,Torfs, Toussaint, Van Hauwaert, VanMarcke, Vercamer, Verhille et Watelle. Les livres qui attirent le plus la curiosité du public sont ceux de l’Institut des sourdsmuets à Anvers, et ceux de l’Institut des sourdsmuets et aveugles de Schaerbeek-lez-Bruxelles.

Les travaux des élèves de ces deux Instituts, ainsi que ceux de l’Institut des sourds-muets et aveugles de Bruges, des sourdes-muettes de Gand, des sourdes-muettes et aveugles de Bruxelles, méritent l’attention des visiteurs. L’intérêt qui s’attache naturellement à la situation de ces malheureux enfants, nous fait admirer facilement leurs moindres productions. Cette partie, d’ailleurs, où les écoles primaires de la Belgique ont exposé les travaux de leurs élèves, n’est pas la moins remarquable. Il faut voir les œuvres des orphelins de Liège, des jeunes touristes disonais, des petites filles d’Acrschot, des écoles tenues par les Frères de la doctrine chrétienne, des écoles communales d’Anvers et de Louvain, des écoles de Marcinelle et Couillet, et des écoles ménagères fondées par le prince de Caraman-Chimay, gouverneur de la province de Hainaut (à Boussu, Carnières, Châtelet, Cuesmes, Frameries, Gilly, Hertain, Jemmapes, Mont-s ur-Marchienne , Pâturages, Wi ers , Wasmes) . Il ne faut pas oublier les cahiers, les dessins, les travaux à l’aiguille faits par les élèves des écoles normales agréées d’institutrices de Saint-Nicolas, Arlon, Champion, Hérenthals, Nivelle, Pesches et Ton grès.

Au milieu de ce concours empressé des particuliers et des villes, l’État tient dignement sa place. Les objets et les documents qu'il expose dans la classe de l’instruction primaire, sont nombreux et forment six sections. La première, celle des écoles gardiennes ou jardins d'enfants , comprend le texte des dispositions organiques de ces écoles, l’indication de leur nombre qui progresse constamment, les plans, les dessins ou photographies, les programmes ou règlements d’études, l’exposé du mode d’enseignement et des travaux d’élèves, tels que tressages, pliages, tissages, etc. La seconde, celle des écoles 'primaires proprement dites , comprend, outre la collection des lois et des règlements qui régissent la construction et' l’organisation intérieure des maisons d’école, les principaux types de ces maisons et les plans détaillés do leurs dépendances; les spécimens de leur mobilier, de leurs divers systèmes de chauffage, d’aérage et de ventilation ; l’indication des publications pédagogiques et des matières enseignées avec les tableaux de distribution du travail ; les catalogues des livres classiques, les inventaires des collections et les spécimens des méthodes et des moyens d’intuition, les travaux des élèves, tels que cahiers, cartes, dessins, ouvrages à l’aiguille , etc., les moyens d’émulation, les excursions scolaires, les caisses d’épargne, les concours annuels et leurs résultats. La troisième section « écoles d'adultes, » la quatrième « écoles normales pour la formation d' instituteurs et d'insti-

A l’exposition de 1878.

tutrices d'écoles 'primaires communales , » la cinquième a conférences d'instituteurs et d'institutrices, » la sixième « cours temporaires de gymnastique , » renferment les documents officiels relatifs à chacune d’elles, les exposés des méthodes, les spécimens des mobiliers et des collections, les travaux, l’indication des diplômes, des certificats et des divers examens de sortie.

Page 1