ORGANISATION ET MATERIEL DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
L’État a deux sortes d’établissements d’enseignement secondaire : les écoles moyennes supérieures ou Athénées royaux, et les écoles moyennes inférieures ou écoles moyennes de l'Etat. De leur côté, les communes et les provinces ont le droit de créer des établissements d’enseignement secondaire ; mais tous les professeurs, qu’ils appartiennent aux établissements de l’Etat ou aux autres, doivent être munis du diplôme de professeur agrégé de l’enseignement moyen du premier ou du second degré. Tous ces collèges sont soumis aux mêmes inspections et participent à un même concours général annuel dont ne sont pas exclues les maisons privées.
Les athénées royaux comprennent deux sections : les humanités et l’enseignement professionnel.
Dans chacune de ces deuxsections, le cours d’études est de six années, non compris une classe préparatoire ou septième. Dans la section des humanités, on enseigne le français, le flamand, le latin, le grec, l'allemand ou l’anglais, l'histoire et la géographie, les premiers éléments d’astronomie, les mathémathiques et, au moyen de causeries scientifiques, les sciences naturelles. Dans la section professionnelle, on enseigne le français, le flamand, l’allemand, l'anglais, l’histoire et la géographie, les mathématiques, l’histoire naturelle, la physique, la chimie et les manipulations. Enfin, les sciences commerciales et l’économie politique sont enseignées dans une classe spécialement préparatoire aux écoles appliquées. Le dessin, la musique vocale et la gymnastique sont obligatoires dans les humanités comme dans les sections professionnelles.
Les écoles moyennes ont un cours d’études de trois années. Ce cours comprend le français, le flamand ou l’allemand (suivant la localité), l’histoire et la géographie, des notions d’histoire naturelle applicables aux usages de la vie, l'arithmétique, les éléments d’algèbre et de géométrie, l’arpentage et les autres applications de la géométrie pratique, l’écriture, le dessin, la musique et la gymnastique.
On compte dix athénées royaux, dix-scpt collèges royaux et onze collèges privés.
La Belgique possède cinquante écoles moyennes, dont cinq dans la province d’Anvers, six dans le Brabant, quatre dans la Flandre occidentale, trois
A L’EXÎ'OSITION DE 1878.
dans la Flandre orientale, douze dans le Hainaut, six dans la province de Liège, trois dans le Limbourg, quatre dans le Luxembourg, et sept dans la province de Namur. Il existe en outre quatorze écoles moyennes communales, subventionnées par le trésor, trois écoles moyennes communales non subventionnées, et huit écoles moyennes, patronnées par les communes.
La classe YII n’est pas inférieure à la classe précédente pour le nombre des documents et des objets exposés par l’État. Ils sont partagés en cinq sections. La première comprend les documents relatifs à l’enseignement secondaire en général, l’ensemble des lois et des ai’rètés qui le régissent, la statistique des écoles moyennes de toutes catégories, les livres classiques approuvés ou recommandés, et les travaux du Conseil de perfectionnement de l’instruction moyenne. La seconde section, « Athénées royaux, » et la troisième, «Écoles moyennes de l'État , i> comprennent, avec les plans, dessins ou photographies de quelques bâtiments, avec certains spécimens d’objets mobiliers, tels qu’une chaise de professeur et un tableau noir ardoisé, mobile, en usage à l’athénée royal de Bruxelles, les programmes des études, les catalogues des bibliothèques, les inventaires des collections, les travaux des élèves (compositions, cahiers, dessins, cartes, produits obtenus dans les cours de manipulations chimiques, etc.), les résultats des concours généraux dans les dix dernières années, les publications
émanant des membres du personnel enseignant, et l’indication des diverses situations dont jouit aujourd’hui ce personnel, comparées à celles qu’il avait en 1863 et 1852. La quatrième section, « Enseignement normal pour la formation des professeurs de l' enseignement moyen ,» et la cinquième, « Formation des professeurs de gymnastique dans les èlablisemenls d’ enseignement moyen, » font connaître les principes d’organisation des écoles normales, les modes de formation des professeurs, les devoirs faits tant à l’école normale des humanités que dans les sections d’enseignement moyen du degré inférieur à Bruges et à Nivelle, la nature des examens établis pour l’obtention des diplômes et les divers spécimens de diplômes.
A côté de cette exposition de L’État, il y a beaucoup de choses encore à signaler dans la classe VII.
Au nombre des ouvrages pédagogiques, nous avons remarqué les livres de grammaire et d’histoire de MM. Collard, Debras, Genonceaux, Mouzon et Van Hollebeke ; le traité de géographie de M. du Fief et les cartes en relief de MM. Sarazin et Tack ; les'cours de dessin, de proportion et de perspective de MM. Bossuet, Dallemagne, Dujardin et Hendrickx; les figures en fil de fer pour l’enseignement de la géométrie et du dessin par M. Stroesser ; les traités d’architecture de M. Serrurrc et d’architecture rurale de M. Delforge ; les leçons du musée royal de l’industrie; le traité d’économie politique de M. Rosy; le traité de chimie de
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M. deWilde ; et quelques traités spéciaux sur le mode d’enseignement du tissage par M. Van Hecke, sur la coupe des pierres par M. Permanne, sur l’acoustique musicale par M. Mahillon, sur la gymnastique par M. Dries.
Les travaux pratiques des élèves peuvent être rapprochés des œuvres théoriques des professeurs. Outre leurs compositions et leurs nombreux cahiers, on regarde volontiers les dessins du cours industriel de Virton et de l’école normale de Saint- Josse-ten-Noode; les échantillons de tissus des ateliers d’apprentissage de la Flandre orientale ; les mouchoirs brodés et les échantillons divers de l'atelier d’apprentissage de Sweveghem dans la Flandre occidentale ; les panneaux, imitation de bois et de marbi’es, de l’institut des beaux-arts, société pour l’encouragement de l’art appliqué à l'industrie, à Malines; les travaux des écoles d’Anvers, de Bruxelles, de Charleroi, de Liège, de Monceau-sur-Sambre, de Molenbeek-Saint-Jeanlez-Bruxclles et de l’école de Gand. Dans cette dernière, on voit, avec une bonne étude d’après nature par l’élève Descourt, des tapis de table en reps avec liage à l’envers, et des tapis fabriqués sur le métier des rideaux sans changement de montage ou de cartons. Les jeunes filles aussi tiennent une place d’honneur dans ce beau concours : leurs écoles professionnelles de Bruxelles et de Liège occupent deux petites salles particulières, et ce ne sont pas seulement des ouvrages à
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l’aiguille, des travaux de lingerie, de fleurs artificielles, de robes confectionnées, de broderies en or, en argent, en soie, qu’elles y ont exposés, leurs cahiers, leurs registres de commerce et de comptabilité, leurs dessins, leurs peintures sur porcelaine méritent les plus grands éloges.